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LA CRISE CLIMATÉRIQUE

jjjp|?Es oscillations et les déplacements de température que nous subissons depuis plusieurs années et qui constituent une modification croissante du climat, m’ont semblé dignes de fixer l’attention du lecteur sur un problème terriblc : le refroidissement de la terre. Notre planète a-t-elle, oui ou non, un foyer central de calorique? L’astre lumineux d’où dépend la vie des êtres qui fourmillent à sa surface, nous envoie-t-il des rayons d’une égale intensité? Sommesnous, en un mot, menacés du double cataclysme d’une extinction totale du soleil et d’une solidification absolue des matières ignées que recouvre la croûte terrestre?

Telle est la question, que je vais examiner rapidement.

Dans l’état actuel des connaissances humaines, l’hypothèse généralement admise par les géologues donne à notre globe une origine de feu. J’ai résumé, à cette place, l’histoire probable de sa formation, de ses laborieux efforts et de son refroidissement superficiel. Inutile d’y revenir. Donc, si l’on accepte, avec la science moderne, la théorie du feu primordial, on arrive à cette conclusion, que la terre perd chaque jour, par le rayonnement, des quantités infinitésimales de sa chaleur centrale, et que les couches profondes du sol vont s’épaississant par degrés, jusqu’au moment où la masse entière sera solide et froide.

Il est évident qu’à ce moment-là toute manifestation de la vie sera impossible. Les mers congelées ne renfermeront aucun être, les terres seront désertes et désolées, comme ces régions polaires où, depuis .Franklin, tant d’explorateurs ont péri; tout sera mort; • les villes, les palais, les l'o-

rets et les ondes n’existeront plus. Un silence absolu régnera sur l’immensité morne...

De son côté le soleil, monde enfant qui s’agite aujourd’hui dans le chaos, aura passé par les mêmes phases, que notre terre. Comme elle, il condensera ses océans de vapeurs, refroidira ses continents, fixera ses massifs montagneux, verra s’épanouir les êtres à sa surface encore tiède. Un monde nouveau, plus riche, plus brillant et plus parfait que notre misérable atome, prendra sa place au milieu des cieux, et dans ce recommencement perpétuel de la vie, le souverain maître de toutes choses fera éclater sa puissance et son éternité.

Combien de temps faudra-t-il pour que la première partie de ce programme se réalise? Dans quel nombre déterminé de siècles notre race aura-t-elle cessé de vivre?...

Afin de n’alarmer personne, je m’empresse de dire que nos petits-fils et les arrières-neveux de notre troisième descendance ne verront pas cette horrible minute, où le glas de la mort universelle retentira sur le monde. Nous avons, Dieu merci ! le loisir de « humer le piot et de moult bancqueter » avant ce fatal coup de trompette. Mais il ne faut point se le dissimuler, mes amis, nous entrons tout doucettement dans l’âge caduc de la planète. Notre véhicule se détraque . La décrépitude commence. La terre se refroidit. C’est un fait. Je vais essayer de le prouver.

Les changements climatériques survenus pendant la période historique sont malheureusement peu connus, et les observations précises ne datent guère que d’une époque très rapprochée de nous. 11 est cependant facile de suivre, à travers les âges, l’altération croissante du régime atmosphérique.

Qui ne connaît, par exemple, l’existence des mammouths, des éléphants et des grands fauves dans les régions méridionales de la France, aux temps antéhistoriques? Leurs ossements se montrent pour ainsi dire à chaque pas. M. Lartet a trouvé des singes, des panthères et des jaguars; M. Filliol, des hyènes et des chats-tigres dans les cavernes

EN BALLON LIBRE

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