‹ Les d'AlgayChapitre 18 sur 25 · Lettre du 3 avril i8i · texte numérisé non relu

Lettre du 3 avril i8i

Deux mois auparavant, dans une dernière lettre au sujet d'un neveu engagé dans son régiment, Pierre d'Algay nous a dépeint le devoir militaire tel qu'il l'entendait :

Je De me permettrai pas de blâmer notre neveu de s'être décidé à embrasser la carrière militaire, écrivait-il de Carcassonne en date du 10 août 1822. On peut faire dans cet état son chemin tout comme ailleurs, lorsqu'on s'y conduit avec honneur et avec distinction, mais je ne lui cacherai pas que les commencements en sont toujours pénibles et souvent rebutants pour les jeunes soldats qui, comme lui, ont vécu dans l'aisance et presque sans travailler. Il faut donc qu'il se munisse de patience et de résignation et qu'il mette tous les regrets de côté. Je ne parlerai pas de l'obéissance purement passive exigée de tout militaire quel que soit son grade. Sans elle il n'y aurait pas d'armée. Je crois inutile de m'étendre davantage sur cette corde, parce que nos frères Chalard et Valette ne manqueront pas de lui dire ce qui en est et de l'encourager par leurs conseils. Notre bonne sœur peut être persuadée que je ferai tout ce qu'il dépendra de moi pour adoucir la position de son fils tant qu'il se fera remarquer par sa conduite, par sa bonne tenue et par son assiduité à remplir ses devoirs et, à te dire vrai, je n'en attends pas moins de lui.

Cette belle page, digne d'un soldat, sert pour ainsi dire d'épilogue à une carrière si noblement remplie.

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