Lettre de Villeneuve : Tarbcs, 27 nivôse an IV
lion présente : il lui tarde, lui aussi, de trouver un moven de reprendre momentanément sa liberté.
La situation d'ailleurs n'est pas engageante. Depuis la paix, conclue avec le roi d'Espagne ', l'armée présente un état de démoralisation lamentable.
« Les désertions étaient le fléau de l'armée. Se crovant dégagés de leurs serments depuis la délivrance du territoire, les réquisitionnaires de la levée en masse rentraient en foule dans l'intérieur où ces absences étaient en quelque sorte autorisées par l'imprudente habitude accordée aux blessés et aux malades d'aller se refaire dans leurs familles. En trois mois il y eut 1 3, ooo absences ^ »
Malade à son tour, Villeneuve entre à l'hôpital de Castelnaudary et se fait délivrer, à sa sortie, un congé de convalescence bien en règle.
« J'ignore encore, écrivait Valette ^ quand et comment Villeneuve est sorti de l'hôpital de Castelnaudary, s'il est revenu tranquille et gai au Chalard K »
Le cadet reste donc seul au corps, incorporé en l'an V dans la 7' demi-brigade de deuxième formation K
A la citadelle de Baronne, ce 17 thermidor an 3e. Mon cher Père,
Par deux lettres écrites l'une de Cahors et l'autre de Mirande, vous devez avoir appris que, malgré notre peu d'usage à courir, nous faisions assez heureusement notre route : nous avons continué avec le même succès jusques à Bayonne où nous sommes arrivés le 8 du courant. Notre intention était de vous écrire le lendemain pour vous tranqudliser sur notre compte et vous donner en même temps notre adresse afin que nous puissions recevoir de vos nouvelles, ce dont nous sommes fort impatients. Mais ainsi je cède la plume à Villeneuve qui va finir la lettre.
1. Signée à Bâle, le 22 juillet 1795, sur la proposition de Jean-Baptiste Treilhard, ne à Brive, membre du Comité du Salut public.