I. II s'appelait Bogucki
Je ne sais si les phi^ases que je t'écris sont bien correctes, j'écris de mon Jit et comme nous déjeunons, tout le monde piaille autour de moi.
Pour ce qui est du bal des Tuileries, je ne t'en avais pas parlé, parce que j'y suis allé n'y ayant guère droit, en ce sens que j'ai remplacé un de mes camarades qui n'y tenait pas. Je te raconterai toutes les merveilles que j'y ai vues quand je te verrai —
Saint-Cyr, le i4 mars 1867.
Il y a aujourd'hui quinze jours que j'ai reçu mon coup de pied, mais je ne suis monté à l'infirmerie que quelque temps après : j'étais resté au bataillon pour ne pas trop me mettre en retard, je me contentais de me faire exempter d'exercice. Ce matin, le docteur m'a dit que, dans huit ou dix jours, je serais à peu près remis et que je pourrais reprendre mon travail. Ainsi ne vous inquiétez pas : je ne souffre pas beaucoup et je suis bien soigné; seulement je me mets en retard pour mes dessins, ce qui m'empêchera de sortir pendant quelque temps
Il n'y a pas grand'chose de nouveau ici : alternatives de beau et de mauvais temps, etc. Pour nous distraire k l'infirmerie, nous faisons jouer de petites pièces par les melons, après le dîner
Saint-Cyr, le 28 mars 1867.
...Aujourd'hui je marche sans douleur: dans cinq ou six jours je compte quitter l'infirmerie. Néanmoins, cet accident arrive a un mauvais moment, car il fait que je ne serai pas au courant de mes dessins et que je ne pourrai pas sortir d'un certain temps.
Les chasseurs de la Garde arrivent aujourd'hui à Saint-Cyr : ils doivent nous montrer le maniement du fusil Chassepot dont ils sont armés depuis cinq mois; le général nous a recommandé une attitude exemplaire, digne du i*^"^ bataillon de France. Je n'y participerai pas, mais je suis sûr d'avance de la contenance de mes camarades.
On commence déjà à s'occuper des régiments que l'on demandera, les annuaires roulent dans les études. Quelqu'un de ces jours, je vais écrire à Gabriel' pour lui demander certains renseignements.
Si je pouvais aller dans un autre corps que l'infanterie de ligne, j'en serais bien heureux, mais il y a plusieurs corps dont vous ne serez pas contents peut-être, parce que vous ne les connaissez que par de faux ouï-dire, ainsi les turcos et l'infanterie de marine. Mais, cependant, dans cette dernière arme, l'avancement est très rapide si on ne meurt pas de maladie, car vous connaissez le climat de certaines colonies. Mais nous reparlerons de cela plus tard.