Lettre de Lunéville du 11 octobre iSiiJ
Valette arrive enfin en excellente santé le 5 novembre à Strasbourg : il ne reste que fort peu de temps auprès de Villeneuve, tant il lui tarde d'être à Paris pour s'y occuper de ses intérêts. « Je n'ai pu le retenir à Lunéville qu'une demi-journée », écrit Villeneuve '.
A Paris, Valette multiplie ses démarches, perd du temps sans aboutir ; finalement, il fait part de ce contretemps à sa famille en ces termes :
Paris, ce i3 décemljre i8i4-
J'avais cru d'abord ne faire à Paris qu'une station de courte
durée. Après m'étre occupé de mes petites affaires et les avoir à peu près terminées, j'ai reçu une lettre du lieutenant-général Partouneaux dans laquelle il me charge de quelques intérêts qu'il a ici. Aussitôt que j'y aurai vaqué, je me mettrai en route pour gagner le toit paternel. Le général Partouneaux n'a pas fait beaucoup de démarches pour se faire employer. Néanmoins plusieurs de ses collègues m'assurent qu'il ne tardera pas à l'être. Comme le service d'aide de camp me convient auprès de lui, je ne sollicite point de changement
Valette.
Le pauvre Valette n'obtient guère que de bonnes promesses : fort inquiet de l'avenir, il s'en ouvre à Villeneuve, lequel lui conseille de patienter durant l'hiver :
Lunéville, le 3i décembre i8i4- Mon cher Valette,
Je suis bien content de connaître les bonnes intentions du général Partouneaux à ton égard; son mérite militaire doit donner à espérer qu'il ne tardera pas à être mis en activité, si toutefois il le désire. En attendant, te voilà tranquille pour cet hiver. Je ne saurais te blâmer de n'avoir pas sollicité une place de capitaine à la suite; cependant, je crois que c'est par la qu'il faudra débuter dorénavant pour être mis en pied dans son grade.
Avant-hier j'ai vu à Nancy un de tes camarades revenant du fond de la Russie, où il était détenu comme prisonnier de guerre. Tu devines sans doute que je veux te parler de M. de Pradel ^, d'Alassac, comme toi aide de camp du général Partouneaux. Cet officier m'a paru l'être fort attaché par tout le bien qu'il m'a dit de toi. La manière