M. de Pradel de Lamaze, d'AlIassac
dont il raisonne prévient beaucoup en sa faveur et je serais bien trompé s'il n'est pas un officier Je mérite. Tout comme toi il se rend à Paris pour y solliciter une place qui lui donne de quoi exister. Quoiqu'il voyage à pied et par le mauvais temps, il est très bien portant. En bon compatriote, je lui ai offert de l'argent, mais il n'a voulu rien accepter malgré mes instances; il m'a dit que depuis longtemps il avait appris à être malheureux, et que sans peine et sans répugnance il se faisait a tout. Nous avons étudié en même temps chez M^ Verlhac ' kBrive; notre connaissance comme tu vois date de loin. Si à Paris ses démarches sont sans succès, il se rendra sous peu à Brive. J'allais oublier de te dire qu'il assure comme très certain que les demandes faites à Napoléon, en faveur de ses aides de camp par votre général de division, quelques jours avant votre arrivée à Borizow, ont obtenu un entier succès et qu'il en a été tenu acte, "et qu'en conséquence dès son arrivée h Paris, il ira à la Chancellerie de la Légion d'honneur, pour y prendre une expédition du décret qui le nomme légionnaire. Il y a à parier qu'il a été induit en erreur, cependant il est bon de prendre connaissance de la chose, et t.u ne feras point mal de lui écrire à ce sujet.
Notre malheureux aide de camp n'avait pas réussi à se faire replacer. Villeneuve nous en informe en ces termes : « N'ayant pu obtenir de l'activité, écrit-il de Lunéville, 7 janvier 18 r5, Valette va jouir de la demi-solde dans la famille. Le général Partouneaux a promis de le reprendre pour aide de camp lorsque le roi lui donnera un commandement quelconque. »
Le retour de l'Empereur changea les choses : le 2 juin i8i5, Valette est nommé à l'état-major du 6^ corps à l'armée du Nord; deux mois après (i"aoiit) il est licencié et n'obtient sa retraite que le i^"" juillet 1818, retraite de 1,200 fr. bien modeste, si l'on considère que ce vaillant officier a combattu les ans 111 et IV aux Pyrénées-Occidentafes, V, VI, VII, VIII et IX en Italie; de 1806 à 181 1, à l'armée de Naples; en 181 2, en Russie; enfin, en i8i5, à l'armée du Nord.
Un coup de feu à l'avant-bras gauche reçu au combat de Smoliani, le i3 novembre 181 2, fut sa seule blessure. Gabriel d'Algay est mort célibataire le 12 novembre 1887 dans la propriété de famille du Chalard à Yssandon.