I.ES DADAS
calier, quidevail servir au passage des ennemis pour capturer le roi .
Le bailli Schmidt avait aussi trouvé moven de s’éloigner en temps utile, de sorte que le lieutenant Rabenau reçut du roi, lorsqu’il lui fit son rapport, cette réponse peu agréable qui inculpait sa légèreté et son manque de précaution : «Vous n’êtes qu’un âne ! »
— Comme ni le baron de Warkotsch ni son complice le bailli Schmidt ne se rendaient à la sommation qui leur fut faite publiquement par la cour de justice de Liegnitz, ils furent déclarés coupables du crime de lèse-majesté qu’on leur imputait, et, comme tels, condamnés par contumace.
Le baron Henri-Dieudonné de Warkotsch, héritier de Schœnbrunn, de haut et bas Roses avec la terre de Kacherei, fut déclaré déchu de sa noblesse, privé de ses biens, qui furent confisqués au profit de l’État, sauf ceux qui lui avaient été apportés en dot par sa femme.
LA COURSE NOCTURNE
Malgré toutes les recherches, ou ne put réussir à s’emparer du baron ni du bailli en personne, et leurs portraits furent écartelés par la main du bourreau et brûlés ensuite.
Frédéric le Grand n’aimait nullement ces sortes d’exécutions ; il confirma cependant le jugement du tribunal de Liegnitz, que le lecteur vient de lire, et dit en souriant : «Il est probable que les copies ne valaient pas mieux que les originaux. »
L’ex-veneur du baron, Matthias Cappel, fut nommé, dans le courant de la même année 1760, garde général de la couronne du district de Gnaden-Germendorf.
— Et que t’a-t-on donné? demanda amèrement au pasteur dame Bénigne en apprenant cette nouvelle.
— J'ai ma bonne conscience, qui vaut mieux que tous les trésors terrestres, répliqua Gerlach. Oh! ma chère sœur, je vais sans doute t’étonner ; mais qui sait si dans l’histoire du
grand Frédéric il ne sera pas une fois question du pauvre pasteur Gerlach, qui a contribué un peu, par hasard, et sans mérite aucun, il est vrai, à rétablir ou au moins à soutenir la monarchie prussienne? Je me flatte peut-être, je parle encore sottement; mais mes insectes diront mon nom à la postérité, quoique je ne me compare ni à un Linné ni à un Buffon.
Pour ma course nocturne, si elle ne m’a procuré que le bonheur de parler au roi, n’est-ce pas beaucoup déjà? Le baron a reçu le juste châtiment de sa trahison . — Lui, qui autrefois nous regardait si fièrement, il est marqué maintenant du sceau de l’infamie et erre sans feu ni lieu sur la terre ; lui, qui se vautrait dans les richesses et dans les voluptés, il n’a plus de quoi reposer sa tête. Il voulait avoir encore plus qu’il n’avait déjà, et il a succombé à la tentation. Quant à moi, je possède encore des cœurs qui me sont chers, toi et tes enfants, et j’ai de plus ma place, un nom honorable, ma demeure,
LA SUKPUISE.
une belle collection d’insectes et l’affection de mes paroissiens. N’est-ce pas une assez grande récompense? Oh ! chère Bénigne, sois reconnaissante envers Dieu de tout ce que nous avons!