CHAPITRE XII
Fidélité récompensée.
Lorsque le roi de Prusse eut battu les Autrichiens, le 20 juillet 1762, près de Buekersdorf, les monarques furent las de faire la guerre, comme leurs peuples l’étaient depuis longtemps , et la paix de Hubertsbourg fut conclue eulin. Quoique le traité ne fût signé qu’au mois de février de l’année suivante, les armées se reposaient déjà depuis longtemps. La Silésie, pomme de discorde qui avait suscité cette que-' relie, se tranquillisa de nouveau, et ses habitants eurent le temps et le loisir de réparer leurs désastres et de fermer les plaies que leur avait faites la guerre.
M. Gerlach habitait toujours la maison du maître d’école et celui-ci pouvait très-bien chanter :
FIDÉLITÉ RÉCOMPENSÉE. 195
Mil chaumière est petite et pauvre ,
Mais elle abrite un cœur content.
Quant à la sœur du pasteur, elle aurait préféré avoir son propre logement, car les deux familles étaient forcées de loger bien étroitement, et dame Bénigne aimait tant à ranger et à nettoyer. Elle murmurait souvent et trouvait que le roi tardait bien à faire rebâtir au moins la maison de son sauveur.
Un jour elle exprima son mécontentement à haute voix.
— Tu diras ce que tu voudras, Christian, c’est toujours injuste de la part du roi de ne rien faire du tout pour toi. Si tu étais resté tranquillement dans ton fauteuil au lieu d’accompagner Cappel à Woiselw itz , tu n’aurais pas eu le baron sur ton dos. Notre maison serait encore debout et nous l’habiterions tranquillement et à notre aise , comme par le passé. Le château là-haut reste inhabité et le roi pour-