ACTE DEUXIÈME
JOSEPH, entrant, de droite.
Monsieur a sonné?
HENRI
Dites au cocher de dételer.
JOSEPH
Bien, monsieur.
HENRI
Et puis, envoyez-moi le jardinier; j'ai à lui parler. (Joseph sort. Un tout petit temps et Henri s'adresse à Marcelle.) Pourquoi ne ra'avez-vous pas dit que vous aviez reçu hier soir la visite de M. de Chasseny?
MARCELLE, légèrement troublée.
Mais... je ne sais pas... je n'y ai pas songé. Quand aurais-je eu l'occasion de vous le dire? Nous nous sommes quittés hier soir, aussitôt rentrés. Ce matin, je ne
VOUS avais pas encore VU. (Henri la regarde fixement ; elle
change de ton.) Et puis, il est tout naturel que j'oublie un peu de vous rendre compte de mes faits et gestes; je sais bien que vous avez les domestiques pour vous en instruire fidèlement.
HENRI
Je ne vous permets pas de croire que j'interroge les domestiques. C'est tout à fait par hasard que le cocher a fait allusion devant moi, à M. de Chasseny. Et je suis étonné que vous n'ayez pas cru devoir me signaler une visite, un peu inattendue, après les adieux que vous vous étiez adressés.
MARCELLE
Ah ça! supposez vous donc que c'était un rendezvous?
1 1 R XRI.
Pourquoi pas'
HARCELLE
Vous êtes fou. Mais, puisque vous pouvez avoir de tels
soupçons, continuez; dites rpie c'est à un nouveau rendez-voas que je courais toui à l'heure, en allant à Nevers. Dites-le donc !
Peut-être.
MARCELLE, haussant les «ipaules.
Sc.it!
On frappe.
Entrez.
Antoine entre, de droite.
M A R CELLE, à part.
Mon Dieu! s'il allait parler!