‹ Les dames du Plessis-Rouge; pièce en cinq actes et six tableauxChapitre 85 sur 139 · M A DAME R I C M A R I · texte numérisé non relu

M A DAME R I C M A R I

Et moi, je veux que vous restiez. Je le veux, c'est votre mari qui l'ordonne, et c'est au nom de son autorité qu'il m'a transmise que je parle.

MA RCBL LE.

Vous n'avez aucun droit sur moi, car votre fils n'en a plus. Pensez- vous donc qu'on me refuse le divorce?

Vous oseriez réclamer le divorce?

98 LE. s DAMES DU PLESSIS-RODGE

MA RGELLE.

Oui.

m ad a mi; aiGHARD.

Mais, malheureuse, vous savez bien que vous ne l'obtiendriez qu'en vous couvrant encore de honte, et en achevant de déshonorer votre mari.

MARGELLE

Je suis prête à tout pour n'être plus la femme de votre fils.

MADAME RICHARD

Ah! si vous osiez faire cela, prenez garde, prenez garde I

M A R CELLE

Lui aussi, m'a dit un jour; prenez garde, et le lendemain, il y avait un cadavre sur la route.

MADAME RICHARD

Misérable! vous accusez mon tils.

MARCELLE

Mais ne le sentez-vous pas, ne le voyez-vous pas qu'à toute heure, à toute minute, cette pensée m'assiège, m'affole, que cette conviction qui s'est emparée de moi tout d'abord ne m'a jamais quittée? Il n'y a que votre obstination aveugle de mère qui vous laisse encore à vous l'illusion d'une innocence, à laquelle personne ne peut croire.

Et qui vous dit que moi aussi, je n'en suis pas v^nue à douter.' Qui vous dit que je n'atlectais tant de calme et de confiance devant les étrangers que pour dissimuler à tous ce que j'avais l'horreur de penser?

MARGELLE

Ah ! vous aussi, vous le croyez, que votre fils est un assassin (...

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