PAR
PAUL FÉVAL et EMILE CHEVALET.
Voilà, certes, une des productions originales de ce temps-ci. Une pièce de cinq francs est la bienvenue partout, dans chacune des classes de la société; et si vous accordez à cette pièce la faculté de voir, d'entendre, de pénétrer au plus profond de la pensée de ses possesseurs, et de se souvenir, vous comprendrez combien une pareille donnée prête à l'observation, et tout le parti qu'en peuvent tirer des écrivains de talent. Paul Féval se montre ici sous un jour nouveau ; aux émotions du drame, que nul mieux que lui ne sait mettre en oeuvre, il a mêlé les aperçus les plus fins, les situations les plus ingénieuses, et l'épisode de M'"' Pistache restera comme le modèle du comique de bon goût, dont ne devraient jamais se départir les auteurs qui respectent le public. Roch Farelli, première partie de l'ouvrage, est un tableau reproduisant d'une manière énergique quelques-uns des aspects les moins étudiés et les plus saisissants de la vie parisienne à tous les degrés de l'échelle ; puis , par une transition habilement amenée, on arrive au troisième épisode Le Boi de la Barrière, chronique de la Restauration, œuvre d'une grande portée, où l'on voit, au milieu d'une fabulation pleine de péripéties d'un intérêt puissant, se manifester les germes des antagonismes qui devaient faire explosion près d'un demi-siècle plus tard. — En coopérant à cette œuvre remarquable, Emile Chevalet n'a pas perdu de vue qu'il aurait l'honneur de voir son nom réuni à celui de l'illustre auteur des Myttères de Londres, et de tant d'autres ouvrages qui ont placé Paul Féval au premier rang des romanciers de notre époque. Collaboration oblige.