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beaux aux CFivirons. Le rui de Bornéo complail beaucoup sur cet épouvanlail pour éloigner les forbans cl les spéculateurs.
lianlam était un enfant du pays; il connaissait Banjermassing, comme le poul du Malaca, et souvent, dans son adolescence, lorsque son isolement et sa faiblesse le mettaient à l'abri de tout soupçon, il avait contemplé cette riche vallée, et visité les postes de ses gardiens, avec la vague pensée de mettre un jour à profit ses observations adolescentes, car les instincts de convoitise se révèlent de bonne heure dans les natures de l'équateur.
lo8 LES DAMNÉS
Une sentinelle veillait sur la limile de la mine, et elle n'entendit pas le reptile qui venait l'égorger; elle tomba sans pousser un cri. Bantam s'était levé à ses pieds, comme sorti des entrailles de la terre, et en la glaçant de terreur, il l'avait traversée de part en part, avec son long et solide poignard de Malaisie, l'arme la plus redoutable que la main de l'homme ait forgée pour la destruction.
Les gardiens, au nombre de cent vingt,
dormaient aux étoiles, croyant n'avoir
rien à craindre du côté de la terre, et de
la crique sans nom. Bantam et sa bande
passèrent sur ces soldats endormis,
comme une Irombe vivaiile; presque pour tous la morl continua le sommeil; avec les autres, il faillit se battre; mais, surpris a l'improviste et ayant eu à peine le temps de prendre leurs armes, ceux qui se réveillèrent en sursaut se défendirent faiblement. Tout le poste de la mine fut exterminé sans pouvoir être en- ^ tendu, dans son agonie, et secouru par le poste dé la mer, qui dormait sous la protection d'une sentinelle placée aux limites du cap.
Immédiatement le pillage commença.
Les mineurs avaient travaillé pour les forbans. Petits iinj^^ots, parcelles, poudre, tout le trésor dcjà disposé pour prendre
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le clienilu do la capilalc, loniba aux rnains de BanlcUii. Les démons du Malaca reprirent leur vol comme des corbeaux, munis de leur proie ol remportant en lieu sûr pour la dévorer. Jamais coup plus hardi ne fut tenté avec plus d'audace, accompli avec plus de succès. Aujourd'hui encore les Malais civilisés de Timor et de Sumbaya parlent de la superbe expédition de l'illustre Bantam à la mine de Banjermassing, et lorsqu'ils connaîtront (ce qui arrivera bientôt), l'histoire d'Alexandre le Grand, ils placeront le Malais bien au-dessus du roi de Macédoine, et ils n'auront peut-être pas tort.
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Par |p même cliomin, les forhafis repassèrent la colline, sous la conduite du chef. Le trésor fut déposé religieusement sur le pont du Malaca ; pas un grain d'or D*y manquait. On remit a la voile a cette parole de Bantam :
— Nous ferons le partage en mer.
Que de malheurs et de fausses spéculations ce succès unique a produits chez les aventuriers des îles de la Sonde ! .
Le moment du pnrtage fui solennel.
Bantam se traita en lion, et c'était justice; personne ne réclama. Cohra-Capel ol OEil-(lc-Ti^ro mmmiirèreul 1res has,
et COU) me involonlairement. L'oreille féline du chef recueillit ces notes sourdes d'opposition clandestine. Mais le succès rend tolérant : il n'arriva rien de fâcheux aux deux lieutenants du pirate malais.
La majorité reconnut que la justice avait présidé au partap^e. Ils étaient tous riches, dans les proportions relatives de leur ambition de mendiants. Bantam, lui, s'était donné une part qui est une fortune partout, et dès qu'il se vit nanti de son or,
il fut subitement saisi d'un profond dégoiit pour la vie de la mer et des pirates; il roufçil même d'une pareille profession,
et, au lever du soleil, il donna tous ses pouvoirs a Cobra-Capel, et se fit débarquer sur l'île de Joussy, dans le détroit deCarimala.