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chair sans fourrures. Il s'agit d'une chasse aux forbans. Plus de peur ! à mou devoir !
On est bien forcé d'admettre que les chiens raisonnent, puisque l'action met tout de suite leur pensée en évidence.
En quelle langue formulent-ils leur logique intérieure? C'est ce que nous ignorons ; en les voyant aj-ir, on devine qu'ils ont parlé.
Aslhon s'échappa des mains d'Aurore, fit trois bonds sur le sable et se mit à ravant-garde,'a côté de Paul, au moment cil Strimm, autre chien bipède, flairait l'ennemi dans l'air.
Paul ordonna au chien de se taire,
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mais l'ordre parut sans doute absurde k l'animal, carun aboiement furieux éclata tout k coup et arrêta les quinze bandits derrière le roc saillant qui les masquait encore.
Le comte Raymond, qui croyait avec raison à l'infaillibilité du chien, ne perdit pas son temps k s'étonner ; il quitta la guérite précipitamment, afin déchanter son plan de bataille, comme fait un général lorsqu'il s'aperçoit qu'un incident imprévu délruit le lendemain les savantes combinaisons de la veille.
Des terreurs les plus vives, le noble Aslhon venait de passer au courage le plus indompté; il avait k cœur de faire
oublier une làchelé involoulairc, cl tous les ordres niuels de Slrimm el de Paul ne purenl arrêler sa résolution. Il s'élança donc dans la mer pour faire une reconnaissance prudenle et hardie à la fois, de l'autre côté du roc saillant.
Asthon,eu na^œant, ne montrait de sa tête que tout juste ce qu'il fallait pour aboyer au-dessus de l'eau, et, à mesure qu'il découvrait un ennemi, il lançait à l'air une note pleine et gutturale, comme pour donner distinctement le nombre des agresseurs encore invisibles pour ses maîtres les colons.
Les bandits, se voyant découverts, ne crurent pas devoir garder des ménage-
menls inutiles, et ils exécutèrent un feu de peloton sur le chien ; ce qui n'empêcha pas le noble animal de continuer son dénombrement, et quand il crut avoir fait son devuir d'éclaireur scrupuleux, il regagna le rivage en nageant entre deux eaux. *
Le conUe Raymond s'exagéra les forces de l'ennemi en entendant les aboiements d'Aslhon et le feu roulant de la fusillade. Une seule pensée absorbait son esprit : le salut de la femme confiée à sa garde par la Providence. Il arriva hors d'haleine sur le point du rivage oii veillait Paul, et ordonna au cinq hommes de se H'plier sur le petit corps de
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reserve. Ce mouvement opéré, le comte j)iil une voix sévère, et s'adressant à Aurore :
— Madame, lui dit-il en se découvrant, je vous ordonne de vous retirer.
Votre présence pourrait être fatale a ces braves gens,{iui à force de pensera vous ne penseraient pas à eux. Le péril est grand; les ennemis sont nombreux. Retirezvous, dans l'intérêt^ de tous et de vousmême. On se battra mieux quand on ne vous verra plus.
Et se tournant vers Paul qui tremblait, mais non de peur, il lui dit :
— Paul, avez-vous de boilncs armes?
— Oui, monsieur le comte; j'ai ma
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c'.rabine à deux coups; deux pislolels et Qion crick.
— Eh bien ! Dieu vous confie cette fename. Veillez sur elle pendant cette affreuse nuit, et allez là oîi les saints anges vous conduiront. Que Dieu veuille nous réunir demain à la lumière de son soleil.
Il y avait dans Torgane du comte Rayniond quelque chose de si grave et le moment était si solennel, que la belle amazone ne trouva aucune objection contre un ordre donné sur le ton de la prière. Elle s'inclina, serra les mains du comte, et suivit Paul, qui avait déjà fait deux pas dans la direction des bois.
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Le jeune colon avait fait un violent effort pour réprimer un cri de joie, et les ténèbres voilèrent à tous les yeux un visage illuminé de bonheur.
— Asthon, ici! dit Paul.
A cet ordre inattendu, le pauvre chien qui venait de rendre Un [grand service aux colons du côté des bandits, et ne croyait plus rien à démêler du côté des bêtes fauves, fit la sourde oreille, mais une voix plus douce ayant répété Tordre de Paul, Asthon obéit et suivitsa nouvelle maîtresse, non pas avec plaisir, mais avec une touchante résignation.
L'homme, la femme et Asthon, marchaient dans les ténèbres, ibant obscuri,
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comme dit le poêle , et, a peu de d istauce du rivage, ils entrèrent sous des voûtes impénétrables, dans lesquelles Paul ouvrait une brèche avec ce plaisir ardent qu'éprouve l'avare lorsqu'il cherche un recoin bien sombre pour enfouir un trésor. Bandits, bêles fauves, ténèbres, périls, solitudes, rien n'existait autour de Paul; jamais soleil plus beau n'avait illuminé au zénith les jardins enchantés de l'Inde; il entendait sur le velours des herbes et a côté de lui marcher la femme divine qui désormais était sa vie, sa joie, son âme, son univers.
Paul quitta les sentiers battus, et, trouant des masses touffues de lianes, il
ouvrit un chemin sur un domaine inconnu, un chemin sombre comme un corridor de l'enfer. Asihon ne donnait aucun signe d'inquiétude, et son calme était rassurant. Paul pensait avec raisoQ que le feu de mousqueterie des forbans avait eu au moins un effet salutaire, ea annonçant aux bêles fauves le voisinage d'autres monstres dont les mugissements retentissaient comme des tonnerres, et dont les yeux lançaient des éclairs aux ténèbres des bois.
Les trois intéressants fugitifs — le chien mérite Thonneur de compter pour le troisième — arrivèrent k une éclaircie de terrain, faite d'un granit solide qui
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avait repoussé toute véij^étalion. La s'élève encore, où pour mieux dire s'écroule uu de ces temples javanais, dont Ualfles nous a donné de si admirables dessins et qui sont l'œuvre d'une religion et d'une civilisation inconnues. Les étoiles éclairaient un portique tout empreint d'une grâce merveilleuse, et qui, dans l'éclat des constellations, gardait encore la teinte du soleil et montrait un travail exquis de ciselures et d'arabesques, œuvre du plus habile des sculpteurs.
C'était la seconde fois que la comtesse Aurore trouvait sur sa route une de ces émouvantes merveilles de l'art pur indien, mais l'heure n'était guère propice
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àradDiiration archéologique. Paul recula même, en découvrant ce monument superbe, car il savait que les animaux féroces choisissent de préférence les ruines pour leur retraite, parce qu'elles attestent l'abandon et leloi^nement de l'homme. Mais Aslhon paraissant fort tranquille, Paul se rassura. On n'entendait pour tout bruit que les murmures d'un ruisseau invisible tombant dans ua bassin ; c'est la voix éternelle qui parle ainsi à toutes les ruines des temples de Java.
Au moment où Paul cherchait un abri dans les ruines pour sa belle compagne, un autre bruit éclalu dans la solitude;
un bruit terrible,. et qui annonçait l'attaque des bandits et la défense des colons. Très peu éloignés du lieu du combat, Paul et Aurore entendaient la fusillade coiiirne si elle eût éclaté auprès d'eux.
Aurore joignit les mains et regaida le ciel.
— Ajez bonne confiance, madame, dit Paul du ton d'un homme découragé; nos amis sont braves et adroits.
— Oh! dit la jeufie femme en pleurant, lorsque je pense que tous ces braves gens se battent pour moi, j'irais me livrer h ce bandit, et il n'y aurait plus de sang versé.
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— Quel handil ? demamia Paul tout bouleversé.
— Oh ! vous ne le connaissez pas, reprit Aurore.
— Je le connais, madame... c'est Bantam.
La femme se tut.
— Ah ! c'est Bantam ! poursuivit Paul avec une expression de colère stridente. Mon coquin de Bantam : je lui garde une dent de nourrice, à celui-là !
Puis se ravisant tout à coup et regardant autour de lui, il dit comme en aparté.
— Et si...
Il n'acheva pas sa pensée, de peur
d'effrayer sa compagQe; mais Aurore l'acheva.
— Oui, dit-elle, Bentam est a la tête de nombreux bandits et aussi braves que vos colons, s'il réussissait dans son attaque de celte nuit...
La fusillade éclatait toujours, on entendait passer dans l'air des vols d oiseaux effrayés qui se heurtaient aux cimes des arbres en poussant des cris rauques.
— Madame la coinlesse, dit Paul qui venait de prendre un résolution.
— Oh ! je vous en prie, interrompit vivoinenl l;i jeune fonime, il n'y a plus de comlesse; appelez-moi par mon nom,
puisque vous le savez. Nous sommes frère et sœur devant la mort !
Paul éprouva une joie qu'il n'avait jamais ressentie au fond de son cœur.
— Aurore, reprit-il, je connais ce Banlam : il est fin comme un merle noir ; mais je suis plus fin que lui ; il est de Timor et je suis de La Ciolat. Suivez-moi, Aurore.
Paul marcha vers le temple, toujours avec précaution, le doigt à la détente de sa carabine et l'œil fixé sur les oreilles d'Aslhon ; il franchit le seuil de la porte, tout hérissé de hautes herbes, et entra dans une cour encombrée de débris majestueux, de piliers et de slatues. Le
chien, allait furetant partout, et, par
iûlervalles, il regardait Paul et semblait
lui dire :
— Avancez toujours, il n'y a pas de
danger.
Les trois fugitifs passèrent devant la fontaine dont ils avaient entendu le bruit ; le chien ne perdit pas une si belle occasion de se désaltérer, et son exemple fut suivi par ses compagnons. Ils arrivèrent ensuite dans une salle qui devait être le sanctuaire, et au milieu de laquelle s'élevait un cippe chargé de belles sculptures et orné d'un profil de femme ou do déesse, œuvre du ciseau le plus délicat. Un petit escalier en ruines, mais
praticable encore, se voilait de larges feuilles et de plantes au fond du sanctuaire. Âsthonen franchit lestement tout les degrés, visita l'étage supérieur et redescendit en un clin d'œil, ce qui voulait dire :
— Vous pouvez monter.
Paul, qui avait son projet en tête, présenta la main à la jeune femme, et l'aida de son mieux a escalader cette ruine.
L'étage supérieur se composait d'une pièce assez bien conservée, qui recevait le jour par le haut comme la rotonde d'Agrippa. Tous les peuples artistes et religieux ont au même degré le senlimenldubeau.
— Mainlenanf, dit Paul, vous voilà logée par le bon Dieu, en un lieu sûr, je crois.
— Paul, répondit la jeune femme, vous ne savez pas tout ce que mon cœur vous garde de reconnaissance... écoutez...
écoutez... on n'entend plus que des coups de fusils a de rares intervalles... C'est l'agonie des nôtres... Mon Dieu ! mon Dieu ! ils meurent pour moi !
— Ils font leur devoir, dit Paul tranquillement, et moi, mon devoir est de ▼ivre pour vous.
Au même instant, le chien, qui continuait son rôle d'éclaireur, découvrit une porte étroite, qui faisait communiquer
la salle haute avec une plaie-forme semée d'arbres et de plantes à toutes les fissures des dalles. Paul sonda le terrain pour s'assurer si le travail des racines n'avait pas nui k la solidité de ce jardin naturel suspendu, de cette terrasse autrefois splendide et devenue forêt sombre.
L'examen des localités ne faisait concevoir aucune crainte; cette maçonnerie de géants avait résisté non-seulement au travail des racines et des plantes pariétaires, mais encore aux pluies et aux ouragans de tant de siècles, et même aux convulsions qui ont agité le sol de Java, lorsque son terrible volcan Mara-Api, l'Etna indien, était en éruption perpé-
iuelle et envoyait son fleuve de laves jusqu'aux déserts de Samarang.
, — Pour bien veiller sur vous, dit Paul, je vais vous quitter, et mon absence ne sera pas longue. Je vous laisse Asthon... et mainleiianl, j'ai une demande à vous faire... et je ne sais comment vous...
Paul balbutia, s'interrompit, recommença, et ne put jamais achever la phrase.
Aurore regardait Paul avec une inquiétude étrange et n'osait pas l'encourager a s'expliquer.
Pourtant il y avait urgence, et Paul fit un efTort suprême et s'expliqua rapidemenl.
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— Donnez-moi voire fichu de crêpe de Cliine, dil-il ; ce fichu m'est nécessaire... nécessaire pour vous sauver.
La jeune femme hésita un moment, puis elle dénoua son fichu et le donna, en inlerro^a^ant Paul par un silence très'
significatif.
— Oh I dit Paul, je voudrais le garder toute ma vie, et il faut que je mette en lambeaux!
Le jeune colon descendit le petit escalier, cl, quand il fut seul, il couvrit de baiser, le fichu tiède, et, ce devoir rempli, il le déchira brutalement en menus morceaux, il en effila les franges et les
froissa pour leur donner une apparence naturelle de dévastation.
Il rentra ensuite dans le corridor étroit qu'il s'était ouvert pour arriver aux ruines du temple, et accrocha, par intervalles, des lambeaux de crêpe aux arêtes vives et saillantes des arbustes, il traversa le terrain rocailleux de l'éclaircie, en laissant tomber une charpie d'étoffe, et se creusa avec la tête et les mains un nouveau corridor, de l'autre côté de la forêt massive; il atteignit le sommet de la montagne, en distribuant à gauche et a droite ses lambeaux jusqu'au dernier.
A cette limite des bois, par un de ces conlra«5tes si communs dans les pays du
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soleil, la végclalion cesse el la monlag^nc descend du côlé de la mer, en étalant une rampe nue où croissent à peine des fleurs sauvages et des bouquets d'aromates. Paul descendit, appuyant lourdement ses pieds, dans une ligne droite, sur celte végétation souple, qui gardait les traces d'une fuite imprévoyante, et, pour mieux fixer les regards, il jeta sur le même sillon sa veste blanche toute ruisselante des sueurs de la nuit.
Cela fait, il reprit le chemin des ruines et parut tout haletant, mais la figure joyeuse, devant sa belle compagne.
La ne devaient pas se borner les précautions.
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Paul ayant raconté à Aurore le bon usage qu'il avait fait du crêpe de Chine, avec le détail circonstancié de ses autres ruses de guerre, descendit encore pour aller aux provisions sur le marché de la nature.
L'arbre à pain et te cocotier croissaient en abondance dans le voisinage et s'entremêlaient aux trente-doux espèces de chênes découverts parHurnbold, sous les zones de I equateur. Après deux maraudes dans le verger de Dieu, les provisions ne manquaient pas aux fugitifs. Le chien, lui, se chargeait d'aller en chasse pour son con.pto, et l'eau de la fontaine, qui coulait depuis la création du monde,
n'clail pas une naïade larissablc, comme la source du Pénéo ou de l'Eurolas. On pouvait donc vivre dans ce refuge un certain temps, si la Providence daignait couvrir les malheureux fugitifs de sa céleste pitié.
La nuit obscurcissait toujours les solitudes, mais quelques préludes de chants sur la cime des arbres annonçaient que les oiseaux, plus instruits que les hommes, pressentaient le prochain \e\er du soleil, dans une zone sans crépuscule.
Paul voulut encore mettre à profit la dernière heure de ténèbres, pour compléter la défense de ses précautions. Il détruisit les six premières marches de l'escalier,
cl confondit leurs débris avec les autres ruines. Par un hasard heureux, celle inlelligenle dévastation prit, dans ses amoncellements un caractère antique.
Des bandits, traversant ce chemin, et conduits par leur instinct mauvais devant cet escalier suspendu, n'auraient jamais pu soupçonner la ruse stratégique de Paul ; les six marches écroulées devaient être mises sur le compte du travail du temps, ce puissant démolisseur.
Epuisée de fatigue, de fièvre et d'insomnie, la jeune femme se reposa sur un lit de feuilles sèches, préparé par son compagnon, et bientôt le sommeil fut le plus fort : elle s'endormit. <
Les rayons des étoiles descendaieiU par la voûte ouverte sur la belle créole, et l'illuminaient d'un éclat doux. Paul, debout à une distance respectueuse, la regardait et retenait son haleine, de peur d'interrompre un sommeil précieux, qui était la vie de celte femme. Asthon, couché aux pieds d'Aurore, fermait et ouvrait les yeux, dormant et veillant à la fois, privilège de ces animaux créés pour la vigilance.
Un frisson convulsif, qui agita subitement la tête d'Aslhon, suspendit la contemplation amoureuse de Paul.
Le chien se leva, mais avec lenteur, et marcha d'un pas prudent vers la petite
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porte de la terrasse. Paul suivit l'animal sur la pointe de ses pieds nus et prêta l'oreille au dehors, en recommandant au brave Aslhon de se taire, cette fois.
Aucun bruit ne se faisait entendre, mais Aslhon paraissait toujours fort agile, ce qui annonçait un péril voisin et réel.
Le moindre indice est une révélation, en pareil cas. Ce bruitmonoloneel jamais interrompu de la fontaine se fit tout à coup inlermitlent, comme si des lèvres altérées ou des mains ardentes fonctionnaient en Ire la source et le bassin.
Ce n'élail pas le venl qui jouail avec la fontaine ; la nuit élait calme, et le
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moindre souffle n'agilait pas la cime des arbres. Les animaux !)oivenl dans les bassins et sans faire entendre le moindre bruit. 11 n'y avait donc a soupçonner que des hommes, et quels hommes !
Paul regarda la jenne femme avec un regard plein d'amour et de compassion, et le mouvement énergique qui précipitait ses mains sur ses armes annonçait que le jeune homme la défendrait héroïquement jusqu'à la mort.
Après le bruit délateur venu de la fontaine, d'autres bruits plus significatifs monlcrcnl à la salle liaule du temple.
On entendait fort dislinctemen! des pieds cheminant h talons et se heurtant contre
des pierres mobiles, ce qui encore révèle la présence de l'homme, car les bêtes fauves éclairent les ténèbres avec leurs yeux et ne commettent pas de ces erreurs.
Paul n'ayant de conseil a prendre que de lui-même, adopta une sage déterraination :
— Tant que je n'entendrai pas, pensa-
t-il, mes bandits reconstruisant les six marches de l'escalier, je ne bougerai pas, moi. S'ils se mettent à l'œuvre, ob ! alors, il n'y a plus de mesure a ^«^arder, je réveille Aurore, je lui apprends le danger qui la menace ; je soutiens un siège contre les bandits, et le reste est à la volonté de Dieu !