ACTE DEUXIEME
ZAKAROFF.
On exagère beaucoup, Excellence...
LYDIA, appelant.
Germain, qu'on nous serve le thé dans la serre.
TALDÉ.
Trente millions de roubles?
LYDIA
Toujours, sans doute.
TALDÉ, riant.
Brillante exception parmi les inventeurs 1 Eh ! mais voilà un type original et une brillante connaissance à cultiver.
LYDIA
Avant ses millions il était serf de ma mère, il m'a vue naitre, je Tai connu quand j'étais toute petite fille ; j'ai un faible pour lui.
ZAKAROFF.
Et à ton tour tu es une mère pour moi.
TALDÉ.
Il vous tutoie.
LYDIA
Tci, c'est du respect.
Ah!
LYDIA
Mais de la part des inférieurs seulement, (a zakaroir.) Enfin, qu'est-ce que tu veux? car si lu viens, c'est que tu veux quelque chose?
ZAKAROFF.
Si je n'obtiens justice, Excellence, je suis un homme
ruiué ; ne me refuse pas ton puissant appai auprès du gouverneur général. (Hésitant et regar-iant Taidé.) Je voudrais te parler, mais...
LYDIA
Eh bien''
ZAKAROFF.
Ce monsieur que je ne connais pa«, comment le renvoyer ?
LYDIA
Je t'ai dit que monsieur est un Français, ça ne tire pas à conséquence : tu peux parler.
ZAKAROFF.
Voici. D'abord, si tu ne me viens pas en aide, je suis un homme perdu.
LYDIA
On a sans doute de nouveau découvert que tu mets trop d"eaa dans ton alcool comme la dernière fois?
ZAKAROFF.
Bêtises!.., bêtises que tout cela, bienfaitrice adorée, simple calomnie, n'en crois pas un mot. Ce sont nos moujiks qui sont à présent si h ibitués à l'eau-de-vie, qu'elle ne les grise plus. Ils sont obligés d'en boire davantage, et alors ils assurent que j'y mets de l'eau. Bêtises que tout cela!!! La vérité la voici! Aux enchères dernières, j'ai pris en ferme les eaux-de-vie de cinq districts. (Changeant de ton.) Cher, belle Altesse, très-cher! !! Tout va mal, c'est la tin du monde qui approche, les vieux le disent.
Reprenant son ton ordinaire après un vvrts soupir. LYDIA.
Mais va donc.