ACTE DEUXIÈME
LYDIA
Peux-tu me donner tout de suite un bon de cent mille roubles sur la Banque?
ZAKAROFF.
Certainement.
Donne.
ZAKAROFF, prenait le bon dans sod [portefeuille.
Le voici.
LYDIA, appelant.
Baronne!...
LA BARONNE, venant à ganulie.
Que désirez-vous, chère amie?
LYDIA
N'avez- vous pas fondé un couvent, tout dernièrement?
LA BARONNE
Oui.
LYDIA
Eh bien ! voilà Zakaroff qui se repent d'avoir fait boire tant de mauvaise eau-de-vie aux moujiks et qui veut mettre un peu de sucre dans l'eau pure de vos religieuses; il vient de me donner cent mille roubles pour votre couvent ; il demande en mèuie temps au sénat de lui accorder trois cent cinquante-un cabarets eu plu.s et de permettre «ju'ils soient ouverts pendant les fêtes et les oftices. Gomme c'est en opposition avec son repentir, vous me ferez le plaisir de dire à votre mari, d'avoir l'œil sur lui, pour qu'on ne lui accorde rien de ce qu'il demande. Il a assez volé et il volera encore assez comme
cela. :Eiie se lève et ra à lui.) Et puis il a Une poUce trop bien faite pour un simple fermier des eaux-de-vie. Là-dessus, Zakaroff, tu peux te retirer, et je te le conseille avant que Wladimir Danicheff n'arrive, car je n'aurais qu'un ^ot à lui dire pour que tes héritiers se réjouissent! Allons, va !
Elle va à la cheauDée ZAKAROFF, à part.
Mauvaise journée, deux femmes contre un homme, c'est trop!... Patience! patience! Ah! c'est ainsi qu'on me traite. Eh bien! tôt ou tard, j'aurai mon tour.
LA BARONN E, s'avanoant.
Merci, Zakaroff, je vais faire prier pour toi ; c'est le ciel qui va être étonné.
Tont le monile rit.
SGÈxNE III
Les MtMES. moins ZAKAROFF. puis WLADIMIK et LA COMTESSE.
LTDIA, à part.
Il est en retard. Appelant.; Germain!
MADAME GER.MAI.V. veoRot à elle.
Que désirez-vous?
LYDIA
La comtesse repose?
Oui; elle dort même profondément.
LYDI A.
Dans lo lit^