ACTE DEUXIÈME t
tre pleine conviction, dans madame Chose... ou mademoiselle Machin ! !
Tout le uiouJe rit et se lève.
LE PRINCE, à la barouae.
Il les connaît?...
LA BARONNE
Oui, avec l'esprit! comme la plupart des hommes et surtout des Français.
LYDIA
Ah! vous remarquerez, mesdames, qu'il n'y a rien de particulier pour nous, dames ou femmes russes ; nous sommes dans le tas avec madame Chose et mademoiselle Machin.
TALDÉ.
Vous, mesdames...
LYDIA
Vous êtes très embarrassé.
TALDÉ.
Non. Et s'il m'était permis d'ajouter une légende à toutes celles de votre pays, je me tirerais d'atfaire en deux mots. Quand Dieu eut fait la femme, il réfléchit un moment et dit : 11 faut faire mieux et pire... et il lit la femme russe.
LA BARONNE
Ce qui signitie?
TALDK.
Que vous êtes capables de toutes les exagérations dans le bien comme dans le mal, dans l'amour comme dans la haine, et que je ne souhaiterais pas à mon plus mortel ennemi d'aimer l'une de vous dont il ne serait pas aimé. Enfin heureux qui vous adore, plus heureux encore qui vous échappe. Ce ne sera pas moi.
Il saine LvJia.
L Y DI A, se levant.
Allons, pas mal !
LA COMTESSE
Et des mères russes qui font deux cents lieues en traîneau pour venir embrasser leur fils... qu'en dites-vous?
WLADIMIR, vivement, avec joie.
Ma mère!
TALDÉ.
Après ce geste-là, il n'y a plus rien à dire.
WLADIMIR
Mais comment ètes-vous ici?
LA COMTESSE
Une conspiration à distance entre la princesse et moi, et une surprise que jp voulais te faire, le besoin que j'avais de t'embra^ser, le désir de revoir mon vieil ami Boris! Bonsoir, Boris.
LE PRINCE, qui ne la refonnaît pas.
Charmé, madame.
LYDIA
Allons, papa, tu ne reconnais pas la comtesse Danicheff.
LE PRINCE
Ah! oui... oui...
LA COMTESSE
Autrement dit, vous m'avez oubliée, Boris. — Est-ce par coquetterie? Cherchez un peu dans votre mémoire d'il y a trente ans.
LE PRINCE
J'y suis, j'y suis. Mais vous n'êtes pas changée, chère Sophia Kœdorowna, comment allez-vous?