ACTE DEUXIEME
LA COMTESSE
Mal, puisqu'elle est morte depuis douze ans, Sophia Fœdorowna. Tu méprends pour une autre.
LE PRINCE
Ah!... rien qu'à ce ton, qu'à ce grand air, j'aurais dû reconnaître notre première dame à portraits, la belle Kathérina Pétrowna.
LA COMTESSE
Oui, mon vieux, nous avons dansé plus d'un menuet ensemble lors du dernier couronnement.
LE PRINCE
Et vous allez pnsî^er quelques jours avec nous ?
LA COMTESSE
Je lespère après un pareil voyage.
LE PRINCE, se retournant.
A-t-on donné des ordres?
Madame Germain fait signe que oui.
Ta fille a pensé à tout; dis-moi, elle est ravissante, ta lille!
Us causent bas.
Princesse, voulez-vous me faire l'honneur de me présenter à la mère de mon sauveur?
LYDIA
Comtesse, M. le vicomte de Taldé.
Un de mes bons amis, ma mère.
LA COMTESSE
Ohl je vous connais, monsieur; mon neveu Paul m'a parlé de vous, et mon fils bien souvent dans ses lettres.
L Y D I A. , à Wiadimir.
Vous êtes heureux?
\yLADIMIR.
Oui. Et c'est à vous que je le dois.
LYDIA
M'en aurez-vous quelque reconnaissance?
WLADIMIR
Une reconnaissance éternelle !
LYDlA.
Je l'aimerais peut-être mieux moins longue et plus forte.
WLADIMIR
Le temps ne lui fera rien perdre.
LYDIA
N'importe, ne la dépensez pas tout de suite, et allez retrouver votre mère qui m'en voudrait peut-être de vous accaparer quand elle vient de si loin. Il y a des jours où je voudrais qu'elle m'aimât comme si j'étais sa fille.
LA COMTESSE, à WlaJimir.
Je n'étcds pas jalouse; tu pouvais rester où tu étais.
WLADIMIR
Mais dites-moi... Ce n'est pas une mauvaise nouvelle qui vous amène ici ?
LA COMTESSE
Non, je ne me suis jamais dérangée pour porter de