ACTE DEUXIÈME
mauvaises nouvelles. Elles viennent bien toutes seules et toujours trop tôt.
WLADIMIR
Et vous n'êtes pas fatiguée?
LA COMTESSE
Si peu fatiguée, que je vais faire une partie de piquet avec mon vieil ami Boris qui a toujours eu cette passion.
Us vont à la table de jeu.
LE PRINCE
C'est ça ! Allons-y gaiment, comme disent les Parisiens.
U rit. — Us se placent.
TALDE, à Lydia, ea désignant Linder qui joue toujours du piano.
Alors, ce monsieur fait de la musique comme ça tout le temps?
LYDlÀ.
Est-ce qu'il vous êne?
TALDÉ.
Non.
LYDlA.
C'est mon musicien. C'est un Allemand que j'ai recueilli; je l'ai à l'année, j'adore la musique. 11 me joue la musique de tous les pays à mesure qu'elle arrive, il fait partie de la maison. Voulez-vous que je lui dise de se taire ?
TALDÉ.
Non. Et ce vieux monsieur qui dort toujours?
LYDlA.
C'est mon médecin, pour moi toute seule ; dans un pays perdu comme celui-ci, il faut bien avoir un médecin à soi.
TALDÉ.
Mais vous n'êtes jamais malade?
LYDIA
Jamais; aussi il dort toujours. Voulez-vous que je le réveille?
TALDÉ.
Non, il ne faut pas réveiller le médecin qui dort, (son-
pirant.) Ah!
LYDIA
Vous soupirez, est-ce que vous êtes souffrant?
TALDÉ.
Pis que cela ! Je suis amoureux.
LYDIA
De qui?
TALDÉ.
De vous.
LYDIA
Vrai?
TALDÉ.
Vrai. Il faut bien que ce soit vrai pour que je le dise, sachant...
LYDIA
Sachant?...
TALDÉ.
Que vous en aimez un autre.
LYDIA
Vous croyez?