‹ Les DanicheffChapitre 51 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LYDIA

C'est juste. Eh bien, j'accepte, sans le connaître, le moyen que vous avez de me faire connaître cette vérité qui m'intéresse.

TALDK.

Et ma récompense?

Sera mon amitié.

Voilà tout?

LYDlA.

TALDE.

LYDIA, ?e levant brusquement.

Qu'est-ce que vous voulez de plus? (Le toisant du resard.)

Savez-vous, cher monsieur, que je vous trouve pas mal impertinent. Vous vous permettez de me faire la cour, vous me faites presque une déclaration, et vous semblez oublier à dessein que je suis demoiselle ! Où voulez-vous donc en venir? Croyez-vous donc que je ne vous comprends pas? Mieux encore, voulez- vous que je vous dise le fond de vos pensées?

TALDÉ.

Je n'en ai qu'une.

LYDIA

Au risque de paraître une iille étrange, je mettrai les points sur les i; il faut une bonne fois que nous nous ex* pliquions. Vous vous trompez, mon cher monsieur, et pour un Français vous n'êtes pas galant, je ne sais pas même si vous êtes poli. Vous m'avez vue indépendante, ne ressemblant en rien à vos demoiselles fondues toutes au même moule, vous avez recueilli cet tains bruits sur mon compte, vous m'avez trouvée à votre goût et vous vous êtes dit : Voilà une place forte dont le siège ne sera pas difficile à faire et cela... impunément. Eh bienl cher

vicomte, (Riaat.) ici votre clairvôyaace et \otre imagination vous ont égaré. Vous avez fait fausse route!! Oui, que voulez-vous, je ne suis pas, quoi qu'on ait pu vous dire, la maîtresse du gouverneur général. Je le dis tout haut, comme je serais capable d'avouer le contraire... si cela était... J'aime Wladirair et je serai sa femme, comme sa mère et moi le désirons, ou je ne serai à personne. Est-ce clair? Et maintenant j'espère que la confidence que je viens de vous faire vous tiendra quitte désormais de vous préoccuper de moi, ça ne m'amuserait plus du tout, vous savez. (Révérence.) Il u'cst livre si beau qu'à la tin on ne ferme !

TALDÉ.

Soit, nous verrons bien. (a. vviadimir.) Mon cher comte, vous m'avez sauvé la vie; je vous dois beaucoup; vous êtes tout ce qu'il y a de plus brave à la chasse et à la guerre. Êtes-vous aussi fort en face des douleurs morales?

Pourquoi?

TALDÉ.

Parce que je n'ai qu'un moyen de vous prouver ma reconnaissance, c'est de vous apprendre quelque chose qui doit vous faire de la peine et une grande peine.

\VLADIMIR

Qu'y a-t-il?

TALDÉ.

Permettez-moi d'abord de vous demander si vous aimez la princesse Lydia et si vous comptez en faire votre femme?

Nullement.

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