ACTE QUATRIÈME
conventions ; ces lois qu'on veut nous imposer, nous les oublierons : ce sont des inventions humaines, elles ne sont inscrites nulle part dans l'œuvre de Dieu.
Il tombe à genoux.
Si ; elles sont inscrites dans nos consciences. Vous vous êtes trompé, Wladimir, au sens de mes paroles... En vous disant que j'allais partir, je voulais vous apprendre que je me condamnais à la retraite et que nous ne devions plus jamais nous revoir.
Que dites-vous?
ANNA
Entre Osip et vous... l'un auprès duquel je ne peux plus demeurer, l'autre auprès duquel je ne dois plus vivre, il n'y a que la retraite et la solitude. Si j'étais libre, si j'étais encore simplement Anna, la serve sans famille, sans droits, mais aussi sans devoirs, je consentirais à partir avec vous puisque je vous aime, et notre amour me mettrait au-dessus de ces lois humaines que vous voulez braver; mais je ne suis plus Anna Ivanowna, je suis la femme dOsip, et c'est bien assez de l'avoir torturé dans son cœur, sans le déshonorer encore dans son nom. J'avais accepté le sacrifice qu'il me faisait volontairement ; c'était déjà beaucoup, c'était même trop; Dieu m'en punit. A partir d'aujourd'hui, je dois comprendre l'arrêt du destin et je dois entendre la voix de ma conscience. Je suis morte pour Osip... mais je suis morte aussi pour vous. Vous ne me reverrez plus, Wladimir, — c'est mou dernier adieu que vous recevez en ce moment.
W LA DI MIU, se levant.
Tu as rai-on, Anna... adieu... j'en moiu'rai, voilà tout.