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DANSES DEFENDUES

SECONDE INSTRUCTION DONNÉE 4 LA BASILIQUE 9 Nov. 1879

‘“ Qui vos audit, me audit ; * el qui vos spernit, me spernil.

‘ Qui aulem me speï'nil, spernil ‘eum, qui misil me."

‘ Celui qui vous écoute, ‘‘ m'écoute ; celui qui vous ‘ méprise, me méprise, Or, ‘ celui qui me méprise, mé.

‘ prise celui qui m'a envoyé.

ST, Luc, 10. 16.

M. F, je dois revenir à la charge contre les danses défendues, puisque l’on revient à la

charge pour se les permettre. Je ne prétends pas éclairer ceux qui ont de bons yeux et ne veulent Pas voir, ou qui veulent trop voir : ni convaincre ceux qui savent fort bien et ne veulent pas croire, ou, mieux, qui ne veulent pas faire.

Grâce à Dieu, À. F, mes remontrances, si

souvent réitérées sur le même sujet, ne s'adressent |

qu'au très-petit nombre de mes paroissiens, qui, du reste, ont mille bonnes qualités, ‘en dehors des réjouissances mondaines. A ceux là, sans doute, je serai émportun, comme St.-Paul m'en impose le devoir, insta importunè. Maïs je me

ois aussi à la presque totalité de ceux qui m'écoutent et qui ont besoin d'être prémunis ontre un danger d'autant plus redoutable, qu'il descend de plus haut. Pour ceux-ci, je parlerai oujours en temps opportun, predica verbum pportunèe.

M.F., on voudra bien croire qu'il nous est oujours pénible d'aborder un sujet désagréable à | seen de ceux que nous avons la douce obligation d'aimer, comme le bon père aime ses

-Henfants, même ceux qui ne sont pas sans défauts.

Mais notre devoir pastoral et paternel nous oblige à reprendre les uns, lors même que nous douterions de leur amendement, pour préserver les autres, qui sont toujours prêts à suivre nos avis, aussitôt qu'ils les connaissent.

J'entre en matière. On met en avant un grand nombre de gpiétextes, plus on moins spécieux, pour s’autoriser à danser la valse, la polka et autres danses vives, quel que soit le nom qu'on leur donne. Le prétexte le plus ordinaire que l'on fasse valoir, est celuici : “ Nous sommes obligés, “ par notre position exceptionnelle, de voir et de ‘“ recevoir la société protestante.’

Voilà ce que l’on dit, et que dis-je autre chose ? Pas de mal à cela, pourvu qu'il n'y ait pas de mal en cela !

Mais on ajoute : ‘“ Les protestants n’ont point “ Ja défense de s'amuser en faisant intervenir la

em

“ danse moderne ; et ils nous traitent de bigots ‘ ridicules ! ét une pratique trop sévère à leurs “yeux, nous attire, et à notre clergé, des ‘ observations fort désavantageuses pour les ‘ catholiques.” M. F., à ces âmes si zélées pour les intérêts de la religion, je suis en mesure de répondre d’une manière satisfaisante et victorieuse. Et je dis, de suite, que l’on calomnie la croyance et l’enseignement de nos frères séparés | [1 est assez rare que nous soyons d'accord avec eux ! et je suis heureux de constater cette union des uns et des autres, sur la morale chrétienne, et bien spécialement sur les danses: de notre temps. Je procède à faire mes preuves.

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[I—Je nomme d’abord Gisbertus Vossius, professeur de théologie à l'académie d’Utrecht. Dans la 4me partie de ses disputes théologiques, p. 866, il déclare que ‘‘ la profession de maître de danse est illégitime, et que les magistrats chrétiens ne peuvent point souffrir qu’on donne des leçons publiques de danse.” An même livre il mentionne les synodes protestants où l’on a décrété des censures contre ceux qui fréquentent les danses, les jugeant indignes d'assister aux assemblées bleues de prières et de faire la cène. | - |

IL.—A la suite de ce ministre protestant, j'en pourrais indiquer un grand nombre d’autres, qui ont écrit en commun, contre les danses, untraité

qu'ils adressaient au Roi de Navarre. Dans cet ouvrage les écrivains protestants, appuyés sur les Saintes Ecritures, sur les Pères de l'Eglise et les raisons les mieux déduites, condamnent ja danse, à cause des immenses dangers qui l'accompagnent. Voici leur conclusion, qui est très-prononcéc et très-énergique : ‘* Nous exhor- “ tons nos Eglises à chasser et à xp ed ces “ mauvaises coutumes aux enfers, d’où elles sont “ sorties ; aux solennnités des Idoles, dont elles ‘ sort la fidèle image : à la cour d'Hérode, dont ‘‘ elles rappellent le sanglant souvenir !... ”

IIL-—J'ai entre les mains et je résume une longue lettre que je viens de recevoir d’une personne compétente, qui réside aux Etats-Unis, et que sa position rend témoin de ce qui s'enseigne et se pratique au centre même de l'Union Américaine, outez bien, s’il vous plaît, pour vous bien convaincre que les frères séparés ont le même enseignement que nous sur la danse telle qu’on la pratique de nos jours. L'Eglise épiscopalienne gémit sur les désordres

ui s’y passent. Dernièrement, l'évêque Whittle Hide un sermon très-prononcé à l'endroit de ces danses immorales. Et presque toutes les sectes, dispersées dans les Etats-Unis, maintiennent la même doctrine.

IV.—A Concord, chef-lieu du New-Hampshire, ville riche et en grande majorité protestante, la population s’est insurgée contre les danses modernes, au point que, l’année dernière, les bals annuels des pompiers et des franc-maçons ont

été contremandés, faute d’un nombre d'assistants indispensable qu'on n’a pu réunir.

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