OPINION DES THÉOLOGIENS
Le mandement de Mgr.Turgecu archevêque de Québec est appuyé sur l’autorité des théologiens, ui, tous,sont d'accord pour proclamer le danger es danses et des réunions mondaines, en général, Chez tous, on remarque les mêmes expressions sur le péril constant qui accompagne les soirées dansantes, même les mieux réglées. C’est ainsi que Mgr. Gousset, Cardinal, Archevêque de Reims, Mgr. Bouvier, Evèque du Mans, le Père Gury, Jésuite, l'abbé Lupello, supérieur d’un séminaire, n’ont qu'une voix pour s'élever contre les amusements du siècle, quels qu'ils soient.
Quant aux danses modernes, danses vives, danses dénoncées comme scandaleuses par l’autorité ecclésiastique du Canada, voici la décision bien arrêtée de quelques-uns de ces théologiens, qui ont vécu assez longtemps pour voir le scandale de nos jours.
I.—Le Cardinal Gousset ‘“ Un confesseur ne “ peut absoudre ceux qui persistent à vouloir ‘“ fréquenter les danses regardées comme étant “ notablement indécentes, soit à raison des cos- ‘ tumes immodestes qu’on y porte, soit à raison “ des paroles obscènes qu’on s’y permet, soit “ enfin, à raison de la man'ère dont la danse “ s'exécute, contrairement aux règles de la mo- “ destie.—Décalogue, tome ler, page 295.
II—Mpor. Bouvier. ‘“ C’est un péché mortel “ d'assister aux danses gravement déshonnèêtes,
“ à raison des nudités, de la manière de danser, “ des paroles, des chants et des actions. De là, “me pent-être permise la danse allemande, ‘“ appelée valse (sallatio germanica, vulgo dicta “ valse). —Dissertation sur le sixième précepte, page 107.
III. —"“ Le P, Gury pose le cas de conscience “ qui suit : Fulvie, jeune personne, assiste aux EL in plusieurs fois l’année, surtout au temps “ du carnaval ; à des danses le plus souvent très ‘“ dangereuses de leur nature, telles que valse, ‘ œalop, polka. De plus, elle a tenu la même “ conduite depuis dix ans, malgré ses promesses “ réitérées d’amendement.”
Réponse.— On ne doit pas absoudre Fulvie, “ du moins aussitôt qu’elle se presente, lors “ même qu’elle promettrait de s’amender, parce “ que les danses qu’elle fréquente sont des plus ‘ dangereuses—-summè periculosæ, surtout si elle “y pèche toujours gravement, puisqu'elle s’ex- ‘“ pose à l’occasion prochaine du péché.”—Cas de conscience tome second, page 155 et 157.
IV.—Noel, chanoine de Rhodez, ancien supérieur du petit séminaire de St. Pierre.
Après avoir reconnu que, en France comme en Canada, on peut tolérer certaines danses où rien ne blesse la modestie, le savant chanoine ajoute : 7
‘ Quant aux danses connues sous les noms de ‘“ valse, galop, polka, cancan, il n'est jamais ‘“ permis de s’y livrer, parce qu’elles sont mau- “ va’ses de leur nature, à cause des attitudes
“ qu'on y prend. Il faut bien que le galop en “ particulier ait les plus tristes conséquences, “ puisqu'il a excité, en certaines circonstances, “ l'attention de l’autorité publique. En 1842, “ un maire du département de Loiret s'est vu “ obligé de publier l'arrêté qui suit : Vu /es “accidents graves occasionnés par la manière “* dont on danse depuis quelque temps, à nartir de “ce jour, il sera expressément défendu de danser “le ga'op, sous peine d'amende de cinq à dix ‘ france, payable par les musiciens qui auront fait danser la dite danse, ou par le chef de l'établisse- ‘ ment qui ne l'aura pas empéché.”—Journal des Débats, 20 avril 1842. Catéchisme de Rodez, tome IV, pages 898 et 399.