‹ Les débris de la guerreChapitre 38 sur 42 · LA VIE DES MORTS · texte numérisé non relu

LA VIE DES MORTS

disparus sans retour, disons-nous qu'ils sont dans une contrée où il est sûr que nous irons bientôt et qui n'est pas bien loin. En attendant que nous y allions tout entiers, nous pouvons les y visiter par la pensée aussi facilement que s'ils étaient encore dans une région qu'habitent les vivants. Le souvenir des morts est même plus vivant que celui des vivants,''comme s'ils y aidaient, comme si, de leur côté, ils faisaient un effort mystérieux pour rejoindre le nôtre. Essayez donc de rappeler ceux que vous avez perdus, avant qu'il soit trop tard, avant qu'ils soient trop loin, et vous verrez qu'ils accourront plus vite, viendront plus près de votre cœur, vous appartiendront davantage, seront aussi réels que lorsqu'ils étaient dans la chair. En dépouillant celle-ci, ils n'ont dépouillé que les moments où ils nous aimaient moins ou que nous n'aimions point. Maintenant ils sont purs, ils ne sont revêtus que des plus belles-

heures de l' existence, ils n'ont plus de défauts, de petitesses, de travers. Ils ne peuvent plus déchoir, se tromper ou nous faire de la peine. Ils ne songent plus qu'à nous sourire, à nous environner d'amour, à nous apporter un bonheur qu'ils puisent à pleines mains <ians un passé qu'ils revivent avec nous.

POUR LA POLOGNE

Les alliés se sont solennellement engagés à ne pas conclure de paix séparée. IIs' viennent récemment de promettre, par une convention aussi irrévocable, qu'ils ne déposeront les armes qu'après la délivrance de la Belgique. Ces deux actes, l'un de prudence et l'autre de justice élémentaires, semblent d'abord superflus. Us étaient pourtant nécessaires. Il est bon que les peuples, encore plus que les hommes, parce que leur conscience est moins sûre, se prémunissent contre les erreurs, les faiblesses et les ingratitudes qui trop souvent accompagnent la lutte, et plus souvent encore

succèdent à la victoire. Ils feront demain pour la Serbie ce qu'ils ont fait pour la Belgique; mais il est une troisième victime dont on ne parle pas assez, qui a les mêmes droits que les deux autres ; «

SUPPRIMÉ PAR LA CENSURE

Je n'ai pas à rappeler le sort de la Pologne. Il est à certains égards plus tragique et plus digne de pitié que celui de la Belgique et de la Serbie. Elle n'a même pas eu l'occasion de choisir entre le déshonneur et le martyre.

SUPPRIMÉ PAR LA CENSURE

POUR LA POLOGNE

SUPPRIMÉ PAR LA CENSCRS

Il est vrai que le Grand-Duc Nicolas a fait à la Pologne de nobles et généreuses promesses et que ces promesses ont été renouvelées à l'ouverture de la Douma. C'est bien; et cela montre l'irrésistible force de la conscience d'un grand empire qui se réveille.

SUPPRIMÉ PAR LA CENSURE

Du reste, il ne s'agit pas ici d'intentions, de confiance, depitié, ni même d'intérêt. D'autres ont dit et rediront mieux que je ne le saurais faire, l'épouvantable détresse de la Pologne et le danger, beaucoup plus redoutable et plus imminent qu'on ne croit, des intrigues allemandes qui vont nous enlever et tourner malgré eux, contre nous, vingt millions de désespérés et près d'un million de soldats qui mourront peut-être plutôt que de se joindre à nos ennemis, mais qui, en tout cas, ne pourront pas combattre dans nos rangs, ..... »

«.«••tti ...<i

SUPPRIMÉ PAR LA CENSURE

Mais si grave que soit ce péril, je le répète, , c'est bien moins de lui que de justice qu'il est

€n ce moment question. '^

.•«*«télë*.>l«.«««l)!l|li'|liaill4 ,

POUR LA POLOGNE

SUPPRIMÉ PAR LA CENSIÎRE

Il faut que l'idée de justice domine seule tout ce que nous entreprenons, car nous ne nous sommes unis et levés et nous n'existons qu'en son nom. Nous occupons, en ce moment, tous les sommets «de cette

justice où nous ont portés un élan, des sacrifices et un héroïsme que nous ne reverrons peut-être plus

Bas*!* i..i

Ce ■''•*» ' ••

SUPPRIMÉ PAR LA CENSURE

Page 1