‹ Les débris de la guerreChapitre 40 sur 42 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Je sais bien que cet héroïsme n'est pas semblable à celui que nous aimons. Pqur nous l'héroïsme doit être avant tout volontaire, affranchi de toute contrainte, actif, ardent, enjoué, spontané; au lieu que chez eux s'y mêle beaucoup de servilité, de passivité, de tristesse, de soumission morne, ignorante, massive, et de craintes assez basses. Il n'en est pas moins vrai qu'au moment du péril, de toutes ces distinctions il reste peu de chose; et qu'aucune force au monde ne saurait pousser vers la mort un peuple qui ne porte pas en soi la force de l'affronter. Nos soldats ne s'y sont pas trompés. Interrogez ceux qui reviennent des tranchées : ils exècrent l'ennemi, ils ont horreur de l'agresseur injuste, arrogant, grossier, trop souvent cruel et perfide; ils ne haïssent pas l'homme, ils en ont pitié; et après la bataille, dans le blessé sans défense ou le prisonnier désarmé, reconnaissent avec étonnement un frère de

miBère qui obéit comme eux à ses devoirs et à des lois que lui aussi croit hautes et nécessaires. Sous l'ennemi insupportable, ils voient le malheureux qui porte également le poids de la vie. Ils oublient ce qui les divise pour ne retenir que ce qui les unit dans une destinée commune; et nous donnent une grande leçon. Mieux que nous qui sommes loin des dangers, au contact de vérités et de réalités profondes et terribles, ils démêlent déjà ce que nous n'apercevons pas encore; et leur* instinct obscur devance probablement le jugement de l'histoire et notre propre jugement lorsque nous y verrons plus clair. Apprenons d'eux à être justes et à séparer ce qu'il faut mépriser et détester, de ce qu'on peut plaindre^- aimer et respecter.

Mettant à part l'agression impardonnable et l'inexpiable violation des traités, il s'en est

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