Colot, op.cit. Préface de Senac
« de faire au l'on ds et au corps supérieur de la vessie « qui amène de grands accidens » (1).
Riolan (1661) parle d’une façon confuse delà ponction hypogastrique (2).
Barbette (1675). chirurgien d’Amsterdam, s’étend assez longuement sur la taille au haut appareil: « Il se pré- « sente encore un’ autre manière de tirer le calcul : le « chirurgien ayant porté les doigts dans le fondement « pousse le calcul sur le devant du ventre, puis l’amène « dehors par l’ouverture qui sera faite dans le muscle « droit selon la rectitude des fibres, au-dessus de l’os « pubis par le moyen de la cuiller et de la tenaille ; si « on fait l’opération en cette manière, il ne faut en « aucune façon appréhender un stillicide d’urine, outre « qu’il y a un plus grand espace pour tirer la pierre « dehors; mais, cependant, cette opération est dange- « reuse et fâcheuse d’elle-même car si les bords de la « playe qui a été faite en la vessie ne viennent pas à se « coller contre les muscles de l’abdomen il se fait un’ « exulcération en la vessie, laquelle non seulement est « suivie de très grande douleur mais même devient plus « incurable que la pierre ; lesquelles incommodités ont « été cause que les bons praticiens mettent moins en « usage cette opération que les autres (3) ».
1. Œuvres de maislre François Thêvenin chirurgien ordinaire du roy , Paris 1658. Chap. 51 page 70.
2. Manuel anatomique et pathologique . par Jean Riolan. Traduit par Sauvin (1661), page 239.
3. Œuvres chroniques et anatomiques de Paul Barbette docteur en médecine et jadis fameux praticien à Amsterdam, 1675. Pages 133 et suiv.
Ce passage est intéressant par ses conclusions ; on peut croire en effet que Barbette a exécuté, ou vu exécuter, l’opération dont il parle, mais là-dessus nous n’avons pu trouver aucun renseignement.
Nous pensons que l’auteur nous expose simplement des vues théoriques ; mais son appréciation, même défavorable était à retenir, car elle nous montre l’état d’esprit des chirurgien, lithotomistes vers la fin du xvne siècle.
Tolet dans son Traité de la lithotomie dédié à Jonnot, dont il fut l’élève, rapporte que la taille au haut appareil fut exécutée sur le vivant par Bonnet : « Monsieur Jon- « not m’a dit que Monsieur Bonnet, chirurgien qui prati- « quoit autrefois la lithotomie dans l’Hôtel Dieu de Paris « l’avoit assuré d’en avoir taillé de cette façon. M. Petit « maître chirurgien de cet hôpital m’a dit l’avoir veu « pratiquer sur une petite fille par le même Monsieur « Bonnet (1) ». Dionis rapporte sans commentaire cette affirmation: « on nous assure, dit-il, que M. Bonnet etc...» suit un texte analogue à celui de Tolet.
D’autre part Douglass, chirurgien anglais, nie l’opération de Bonnet « premièrement parce qu’on ne parle « qu’en passant et d’une manière fort légère, seconde- « ment parce qu’un chirurgien de Paris des plus anciens « qui a été pendant plusieurs années ami de M» Petit « a assuré à un de mes amis que Bonnet ne lui avait
1. Traité de lithotomie ou de V extraction de la pierre hors de la vessie , figures par François Tolet, maître chirurgien juré à Paris de l’hôpital de la Charité des hommes, 168*2, Pag. 111.
« jamais parlé de telle opération », puis il nie également l’opération au haut appareil qu’aurait faite avant lui Grœnvelt son compatriote. Il est bon de faire remarquer que Douglass, le premier, remit en honneur cette méthode, et chercha à démontrer que seul il fit systématiquement et couramment cette taille.
L’opinion de Tolet, au contraire, est à prendre en considération ; il tient ses renseignements de son maître Jonnot, et n’ayant aucun intérêt dans la question, sa bonne foi est absolument certaine. Douglass au contraire parle évidemment de parti pris et nous verrons jusqu’à quel point son orgueil l’entraîne.
Nous pouvons donc admettre sous réserves que Bonnet fit sur le vivant la taille au haut appareil ; mais nous dirons d’autre part qu’il n’y eut là qu’un fait isolé sans conséquences dans l’histoire de la taille.
Son opération n’enthousiasme pas Tolet: « Si on estoit « obligé de le faire, il semble qu’on pourroit y réussir « faisant coucher le malade sur un matelas et le tenant « fermement, un serviteur introduiroit ensuite les doigts « indice et du milieu l’un après l’autre dans le rectum « afin de faire monter la pierre le plus haut qu’on pour- « roit et dans le même temps l’opérateur feroit douce- « ment l’incision au-dessus du pénil et à costé de la « ligne blanche. On ne manqueroit pas d’ouvrir le fond « de la vessie sans blesser les parties du bas ventre « parce qu’elle est dans la duplicature du péritoine et « plus elle seroit pleine d’eau plus elle seroit apparente... « Si une personne vouloit pratiquer le haut appareil « il seroit nécessaire d’en faire plusieurs expériences
« sur les cadavres après même en avoir fait vider « l’urine » (1).
Nous n'avons donc pas constaté avec Tolet le moindre pas en avant ; il semble même que la question soit complètement écartée des discussions entre lithotomistes.
Solingen (1698) émet quelques idées théoriques dont nous emprunterons le résumé au Traité de la taille de Deschamps : « Il propose d’insuffler la vessie avec de « l’air, de pratiquer l’incision à côté de la ligne blanche, « d’y injecter du lait, puis de placer une sonde creuse « dans l’urèthre afin de donner issue aux mènes. Il veut « que la plaie abdominale soit fermée par la suture « mais n’indique pas nettement que la paroi doive y « être comprise » (2).
Nous arrivons maintenant à Dionis qui renouvelle la tentative de Rousset : il présente une défense théorique et longuement exposée de la taille avec un minutieux manuel opératoire. Nous ferons remarquer que Dionis néglige, comme Piètre de nommer Rousset, et que cependant toutes ses idées lui sont largement empruntées, certaines phrases semblent même une traduction de son prédécesseur; c'est dire que l’originalité de Dionis n’existe pas pour nous. Si nous en faisons de longues citations, c'est pour permettre de comparer les deux auteurs, et d’autre part pour pouvoir mettre plus