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C. — L’Anatomie sumérienne ■ et assyro-babylonienne

i° L’anatomie sumérienne. — On sait que les

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Sumériens, dont la civilisation est pré-assyrienne, n’étaient pas de souche sémitique, contrairement aux Babyloniens. Les documents que nous possédons sur leurs connaissances anatomiques sont extrêmement rares. Ils se bornent à quelques idéo-

Masse intestinale (Ex-voto de Mycène. Pierre) (fig. 2).

grammes représentant diverses parties du corps humain et à des textes fragmentaires. On a pu cependant établir que les Sumériens avaient, dans le corps vivant, assigné le rôle fondamental au sang et à la circulation, dont le foie était l’organe central. D’après von Œ)fel, ils admettaient deux espèces de sang : un clair, ou sang du ]our, et un foncé, ou sang de la nuit.

2° L’anatomie babylonienne. — La science des aruspices constitue le fondement de toutes les notions anatomiques que posséda la civilisation de Babylone. Ici encore le foie constitue le pivot

des descriptions anatomiques qui nous ont été transmises : sur lui, en effet, s’est presque exclusivement concentrée l’attention des augures, prédécesseurs et inspirateurs directs de la médecine. L’hépatoscopie augurale représente ainsi le premier essai de science anatomique.

Le foie étant considéré comme le siège de l’âme et de la vie, il s’ensuivit que les devins analysèrent non seulement les altérations morphologiques de cet organe, mais les variations de ses rapports. Nous possédons à ce sujet des documents objectifs datant de 3 000 ans avant Jésus-Christ consistant en images de terre cuite : il s’agit là sans doute d’ex-voto reproduisant des foies de brebis ou de chèvre, comparables aux foies de bronze de l’art hittite en Asie mineure, aux foies d’albâtre issus de l’Etrurie.

La surface du viscère hépatique était divisée par des lignes se recoupant en petites cases qui contenaient des inscriptions. Des trous, des fossettes s’y trouvent creusés, dont la signification n’a pas été éclaircie. Mais, d’après Boissier (de Genève), on a pu, par contre, reconnaître le dessin des deux lobes de la face inférieure et, d’après Streda, la vésicule biliaire et les vaisseaux et canaux du hile. Il convient de noter, à ce propos, que l’argile babylonienne donne du foie une image plus fidèle que les reproductions médiévales et vésalienne? avec leurs cinq digitations grossières.

Il semble encore que les aruspices de Babylone aient, pour leur divination, fait état des anomalies observées sur les fœtus des animaux immolés.

3° L’anatomie assyrienne. — La bibliothèque d’Assurbanipal (Sardanapale : 666-626 A. C.),

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retrouvée à Ninive, est loin d’être entièrement déchiffrée. Dans les textes étudiés par Konyunjik et Kuïhler se rencontrent des termes désignant les parties extérieures : les yeux, les joues, le menton, les testicules, la verge. Quelques représentations plastiques des musculatures d’animaux et d’hommes ont également été reconnues ; sur certaines d’entre elles sont indiquées les veines cutanées.

D. — L’Anatomie égyptienne.

Contrairement à ce qu’on aurait pu supposer d’après le degré de la civilisation égyptienne et d’après ses rites funéraires, la documentation que nous laissent hiéroglyphes, tombes et momies nous révèle une ignorance absolue des données les plus élémentaires de l’anatomie.

Certains objets votifs ont été recueillis : oreilles et mains en terre cuite. Pour les textes mêmes, il n’est que des traditions. On cite certains auteurs qui se seraient occupés d’anatomie : Hammon, Hermes, Athostès, Thot.

Suivant Clément d’Alexandrie, le premier des quarante- deux livres d’Hermès traitait de la structure du corps. De même, d’après Manéthon, Julien l’Africain rapporte qu’ Athostès, second roi de la première dynastie, avait composé des livres d’anatomie. Toutefois, selon Cournig, Leclerc et Schultze, ces livres n’ont pas existé ou ont été écrits postérieurement aux époques indiquées.

Il semble du reste y avoir eu confusion entre des légendes relatant les hauts faits des divinités et des ouvrages attribués par erreur aux

Pharaons, ha tradition veut cependant que, sous Chasty, cinquième roi de la première dynastie, on ait noté la vacuité des artères et la présence d’air à leur intérieur ; mais peut-être est-ce

Utérus avec appendice latéral (annexes ?) (Ex-voto terre cuite du musée national de Rome) D’après le Dr Paul Rouquette (fig. 3).

aller un peu loin que d’édifier sur un on-dit aussi discutable l’ébauche d’un pneumatisme égyptien s’opposant aux théories hématiques des Sumériens.

h' art de l’embaumement ne reposait sur aucune

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donnée anatomiquesérieuse.Ua lecture d’Hérodote et de Diodore de Sicile nous familiarise avec l’extraction au crochet de la cervelle par les narines et l’éviscération abdominale après incision médiane. Cependant certains documents (le livre des morts, ouvrage rituel que chaque Egyptien apprenait par cœur pour se guider dans l’audelà, les formules magiques) présenteraient quelques notions anatomiques. On a voulu en inférer que les Egyptiens auraient tenu le cœur pour centre des vaisseaux.

Une étude attentive du célèbre papyrus d’Ebers, d’après Joachim, porte à croire que sous le terme « metu » étaient confondus artères, nerfs et tendons. « I/homme a douze vaisseaux cardiaques qui se propagent à tous les membres. Il y a deux vaisseaux dans la région thoracique ; deux vont à la cuisse, au bras et à l’occiput, au front, à l’œil, au sourcil, au nez, à l’oreille droite (souffle de la vie), à l’oreille gauche (souffle de la mort) ; ils viennent solidairement du cœur et se divisent au nez, se rassemblant dans les deux fesses. »

D’autres documents montrent que les Egyptiens distinguaient la circulation des liquides et de l’air : de l’urine, du mucus, de l’humidité d’une part, de l’air et des souffles d’autre part.

On a prétendu, se basant notamment sur la découverte d’un squelette en cuivre dans un sarcophage, que les Égyptiens connaissaient l’ostéologie. Mais, en admettant même qu’ils aient dressé dans leurs festins un squelette réel ou son simulacre, il n’en est pas moins vrai que rien ne nous permet d’attribuer à ces manifestations une valeur scientifique.

Convient-il de mentionner sous ce chapitre les notions non moins vagues de Y Anatomie copte •? Signalons simplement que, raffinant sur la complexité de l’anatomie égyptienne, les Coptes décrivaient 300 vaisseaux irradiant de l’ombilic.

E. — L’Anatomie hébraïque.

La captivité de Babylone (563 A. C.) nous permet de comprendre la filiation des connaissances hébraïques aux notions anatomiques des Assyro- Babyloniens.

Les indications morphologiques que nous fournit la Bible sont, comme les précédentes, des plus fragmentaires. Elles intéressent surtout la disposition des organes. Les Hébreux les avaient acquises grâce à l’inspection sanitaire des viandes et grâce à quelques remarques anatomo-pathologiques fournies par l’étude de certaines grosses lésions (tumeurs, abcès, fractures, etc.).

Dans la Bible se trouvent ainsi mentionnés l’œsophage, le foie, qui forme le sang, le pancréas, l’anus dont les troubles sont notamment évoqués au livre de Samuel. On relate, en effet, au premier

livre des Rois (chapitre V, 6 à 12 ; chapitre VI, î à 18) que les Philistins furent frappés de douleurs ano-rectales qu’ils ne purent faire disparaître qu’en offrant aux Hébreux cinq anus d’or. Sont encore mentionnés la trachée, les méninges, les différents organes génitaux.

Le squelette, d’après le Talmud, comprenait de 248 à 252 os. L’os « luz », situé quelquepart dans la colonne vertébrale, constituait un noyau indestructible aux dépens duquel devait se reformer le corps à la résurrection. Ce mythe représenterait

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une survivance du rite égyptien, bien antérieur, de l’enterrement de l’épine dorsale d’Osiris ; il a été exécuté, comme il sied, par Vésale dans sa « Fabrica anatomie a ».

F. — L’Anatomie hindoue.

La macération rituelle des cadavres que l’on raclait ensuite avec des écorces, de manière que les organes internes devinssent visibles, a sans doute contribué à donner aux Hindous quelque idée numérique des viscères.

En effet, ce n’est pas une description, moins encore une classification, mais une simple énumération des parties du corps que nous a laissée Susruta (cinquième siècle A. C.).

Cet auteur nomme 6 membres principaux et 56 membres accessoires. Il décrit la peau avec six couches ; les organes des sens, au nombre de cinq ; les instruments de l’activité, qui sont cinq aussi, à savoir : les mains, les pieds, l’anus, les organes génitaux et la langue. Il existe sept réservoirs pour l’air, la bile et le mucus, pour le sang et l’urine, pour les aliments digérés et non digérés ; un huitième réservoir reçoit le fœtus chez la femme.

Susruta admet encore quinze organes internes, neuf ouvertures et sept impuretés, dont les cheveux et le bord des ongles. Il complète enfin l’architecture humaine avec 360 os, 210 articulations, 8 00 ligaments, 500 muscles, 16 tendons, 6 éminences, 7 sutures (à la tête, à la langue et au pénis) . De l’ombihc partent vers ces divers groupes 24 nerfs, 700 artères et 300 veines.

Il convient de signaler le rapport remarquable

de ce fastidieux système avec les notions admises par les Egyptiens.

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