‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 4 sur 107 · A ES A · texte numérisé non relu

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lation actuelle, depuis le rose le plus délicat jusqu'au ton de bronze enfumé. Les femmes, qui s'exposaient moins au grand jour, sont d'ordinaire peintes en jaune : leur teint se maintenait d'autant plus doux qu’elles appartenaient à une classe plus élevée ».

Cette explication pourrait être assez facilement admise. Elle explique même les exceptions à ces colorations rouge et jaune que l’on peut noter dans un certain nombre de monuments où l’on voit, par exemple, des femmes dont la peau, au lieu d’être jaune, se rapproche beaucoup de la couleur réelle. Je citerai, par exemple, la figure d’une fille du prince Tehuti-hetep, dans les tombes de El Bersheh !, ou encore les représentations de la reine Aahmes à Deir-el-Bahari, celles de la reine Thiti, dont les chairs roses contrastent avec celles des mille autres dames peintes en jaune vif sur les murs de leurs tombeaux *.

Je serais cependant assez disposé à voir dans le coloris singulier des Égyptiens un usage en tout semblable à celui des peuples primitifs, d'autant que les couleurs choisies, rouge et jaune, sont celles le plus fréquemment employées chez eux. Analysant la « palette » du primitif, M. Grosse s'exprime comme suit : « Le rouge, surtout le rouge jaunâtre, est la couleur favorite des primitifs, comme de presque tous les peuples... Goethe exprime certainement un sentiment général en parlant, dans sa Farbenlehre, de la force excitante du rouge jaunâtre. C’est pour cette raison que le rouge a toujours joué un grand rôle dans là toilette, surtout dans celle des hommes. L’habitude qu'avaient les généraux romains victorieux de se peindre de rouge a disparu avec la république romaine... Le jaune a une importance semblable; aussi l’'emploiet-on de la même façon... » 5.

Je crois qu'il n'y aurait aucune impossibilité à appliquer également ces principes aux Égyptiens, et sans vouloir affirmer cependant qu’à toutes les époques on ait continué à se peindre la peau de telle sorte, je suppose que la coutume a été assez générale, pen-

1 NEWBERRY, Z7/ Bersheh, |, frontispice.

2 NAVILLE, Deir-el-Bahari, II, pl. LXVII. — BENEDITE, le Tombeau de la reine Thiti, dans les Mémoires de la Mission archéologique française du Caire, NV, P- 397-

3 GROSSE, es Débuts de l'Art, PP. 45-47.

dant un temps suffisamment long, pour que la convention soit admise de représenter les hommes en rouge et les femmes en jaune !.

L'usage de peindre le tour des yeux en vert, ou plus exactement de souligner l'œil d’un trait de fard vert, est constaté avec plus de précision dans la civilisation égyptienne.

Petrie rapporte qu'il découvrit dans une tombe de la I"° dynastie (M. r. Abydos) de la poudre de malachite dans une petite boîte en ivoire en forme de canard ?, fort intéressante comme prototype des nombreuses boîtes à fard de même forme découvertes assez fréquemment dans les tombeaux du second empire thébain et dont on trouve des

spécimens dans plusieurs musées * (fig. 8).

Des monuments de la III dynastie nous montrent nettement la ligne de fard vert sous les yeux, notamment les montants de porte du musée du Caire, sur lesquels est représentée la femme d'un personnage du nom de Sokarkhabiou. « La figure de cette femme, qui s'appelait Hathornafer-Hotpou de son grand nom et Toupis de son petit nom, rappelle, dit Maspero, le type des Nubiennes; elle a sous les yeux une bande de fard vert { ». De même sur les statues célèbres de Sepa et de Nesa au Louvre, «la pupille, les paupières et les sourcils sont peints en noir, et le dessous des yeux orné d’une bande verte » ÿ.

La momie de Ranefer, qui vivait vers les débuts de la IV° dynas-

1 MASPERO, {Zistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1, p. 54: «Je pense bien qu’au début ils s’enduisaient tous les membres de graisse ou d'huile ». Pourquoi pas de graisse ou d’huile colorée au moyen de couleurs minérales ou végétales ? — Voir cependant SCHWEINFURTH, Origine et état actuel de la population, dans BŒDEKER, Égypte, 2°éd. française. Leipzig, 1903, p. XXXIII.

2 PETRIE, Diospolis parva, p. 20 ; publiée dans PETRIE, fke Royal-Tomës of the Pays Dynasty, LD Revu, 1. Voirp, 27% 24. 11 p.37.

3 Un exemple dans PETRIE, Xahkun, Gurob and Hawara, pl. XVIII, 10, et P- 35 ; deux autres dans LEEMANS, Aegyptische Monumenten van het nederlandsche Museum van Oudheden te Leyden, I], pl. LXXVI, 565 et 567.

4 MASPERO, Guide du visiteur au Musée du Caire, p. 18, 11 et 12.

5 DE ROUGÉ, Voice des Monuments, À 36-38, pp. 26-27:

tie, était entourée dans des linges étroitement serrés ; par-dessus on avait peint en vert les yeux et les sourcils 1.

On enfermait la poudre verte servant à la préparation du fard dans des petits sacs que l’on trouve fréquemment représentés dans les listes d’offrandes. Ils étaient, d’après les représentations figurées, en Cuir ou en peau ?, et les spécimens retrouvés dans les tombeaux confirment l'exactitude de ce détail. Parfois aussi on renfermait le fard dans de petits vases ou des paniers. Je ne puis songer à entrer dans des détails sur la composition de ce fard vert à l'époque pharaonique, ni m'arrêter à décrire les différents fards en même temps en usage. Cela n’aurait aucune utilité pour ce travail et d’autres l'ont fait déjà excellemment *; je mentionnerai cependant les traces laissées par l’usage du fard vert dans l'écriture et dans le rituel égyptien.

Un signe hiéroglyphique <= montre clairement la bande de fard dessinée sous l’œil, et ce signe, outre divers emplois, « sert

aussi à déterminer le nom Owazou [] Ÿ 2e | de la poudre et du fard vert».*.

Dans les rituels on fait de fréquentes allusions au fard vert, dès les textes des pyramides, et la croyance aux vertus protectrices et Curatives du fard était telle que l’on appelait déjà Ouzait l'œil fardé, l'œil sain. Ce point a été parfaitement mis en lumière par Maspero qui est déjà revenu plusieurs fois sur la question *.

Le rituel du culte divin journalier en Égypte comme aussi les rituels funéraires mentionnent l'apport du sac de fard vert au moyen

1 PETRIE, Medum, p. 18.

? GRIFFITH, Beni Hasan, III, pl. ut, 27, et Done

* WIEDEMANX (A.), Varieties of ancient «Kohl », dans PETRIE, Medum, Pp. 41 44.

FLORENCE et LORET, / Co/lyre noir et le Collyre vert du tombeau de la princesse Noubhotep, dans DE MORGAN, ouilles à Dahchour, mars-juin 1894, PP. 153- 164. Également en tirage à part. Vienne, 1895, 16 pp.

# MASPERO, Revue critique, 22 avril 1901, p. 308 : compte rendu de DAVIESs, Ptahhotep, 1. Voir pl. v, 33, pour la représentation exacte du signe.

5 MASPERO, Notes au jour le jour, $ 25, dans les Proceedings ofthe Society of Biblical Archaeology, XIV, 1902, pp. 31 3-316, et /a Table d'offrandes des tombeaux égyptiens, dans la Revue de l’histoire des religions, XXXVW, 1897, p. 297 (p.23 du tirage à part). — PETRIE, Medum, pl. xur. — MARIETTE, Monuments divers, re-

cueillis en Égypte et en Ttalie. Paris, 1889, pl. xix, b, où se trouve cité le Ï f dans un mastaba du début de la IVe dynastie,

Tatouages.

duquel, comme le dit le texte, le dieu ou le défunt « s’assainit avec ce qui est en lui » !.

Enfin, un texte curieux s'exprime de la manière suivante : «Il t'apporte le fard vert pour ton œil droit et le Aestem (un autre fard) pour ton œil gauche » ?.

Les dessins que le primitif se peint sur la peau n'ont aucun caractère de persistance, et l’on peut à volonté les faire disparaître et les remplacer par d’autres. Il peut y avoir parfois intérêt à les

Y + Zé& >} Ÿ al

FIGONE TATOUAGES DES PRIMITIFS COMPARÉS A CEUX DES LIBYENS. D'après l’Anthropologie.

rendre indélébiles, lorsqu'ils sont, par exemple, des marques de tribus ou des marques religieuses. De là naît la coutume du tatouage.

Comme nous l'avons vu précédemment, il est difficile de distinguer nettement dans les monuments primitifs égyptiens ce qui est tatouage ou peinture : les mêmes motifs étaient vraisemblablement en usage dans les deux systèmes.

On a comparé, comme je l'ai dit plus haut, les peintures ou tatouages représentés sur les statuettes primitives aux tatouages que portent les Libyens, Z#mihou, du tombeau de Seti [*', et cette comparaison étendue aux tatouages des indigènes de l'Algérie a montré entre eux tous une grande analogie * (fig. 0).

Nous donnons ici la reproduction du groupe de Libyens du tom-

1 Voir MoRET, 4 Aituel du culte divin journalier en Égypte, dans les Annales du Musée Guimet. Bibliothèque d'études, XIV, pp. 71, 109 et 199.

2von LEMM, das Ritualbuch des Ammondienstes. Leipzig, 1882, p. 68.

3 WIEDEMANN, die Urzeit Aegyptens und seine àlteste Bevôlkerung, dans die Umschau, 23 septembre 1899, pp. 765-766; les Modes d'ensevelissement dans la nécropole de Négadah et la question de l’origine du peuple égyptien, dans DE MORGAN, Xecherches sur les origines de l'Égypte, Il, pp. 221-222. — PETRIE, Vagada, pp. 45-46. — Tatouages des indigènes de l Algérie, dans l’Anthropologie, XI, 1900, p. 485.

beau de Seti I“ (fig. ro) !; nous aurons l’occasion de nous y reporter plus d’une fois encore. Il est surtout intéressant de remarquer un des tatouages qui reproduit d’une façon fort exacte le signe hiéroglyphique “=K symbole de la déesse Weith. Nous rapprocherons de ce fait le nom d’un roi de la Ir° dynastie égyptienne appelé Meri-Neith. M. Maspero s'exprime à ce sujet comme suit : « Le nom de Meri-Neith est intéressant en tant que nom de roi, mais nous savions déjà par d’autres témoignages le rôle important que

F1G. 10. — Les LIByENS DU TOMBEAU DE SET1 Ie.

Neith jouait dans la religion des premiers siècles : les dames de haut parage qui sont enterrées ou mentionnées dans les mastabas de l’âge memphite ont, comme titres préférés, ceux de prophétesse de Neith et de prophétesse d’Hathor. Neith paraît avoir été une déesse d'origine libyenne, et la prédominance de son culte aux âges primitifs est bonne à noter, dans un moment où l'école de Berlin

sémitise à outrance la langue et la population de l'Egypte » ?.

1 LEpsius, Denkmäler aus Aegypten und Aethiopien, XII, pl. 126.

2? MASPERO, dans la Revue critique, 12 novembre 1900, p. 366.— Voir en sens contraire, mais sans raisons suffisantes, MAC 1ver and WiLxiN, Zibyan Notes. Londres, 1901, pp. 69-70.

Depuis que ces lignes ont été écrites, M. le professeur Sethe a démontre que Meri-Neith était le nom d’une reine de la Ire dynastie ; ce fait ne modifie nullement la valeur de l’argument qu'onentire. Voir SETHE, Beëtrâge zur àllesten Geschichte Aegyptens (Untersuchungen zur Geschichte und Alterthumskunde Aegyftens, herausgegeben von Kurt Sethe, III, 1), pp. 29-30.

Cela nous amène à nous poser la question de savoir si, à côté de leur rôle esthétique, les peintures corporelles et les tatouages ne peuvent également avoir un autre rôle. Interrogeons à ce point de vue les documents ethnographiques. On y reconnaît d'ordinaire des marques de famille et de tribu. Comme il arrive parfois que la tribu choisit pour marque distinctive un symbole d’une divinité on aura chance de trouver dans les tatouages des signes religieux !.

Parfois encore les tatouages sont une véritable pictographie et présentent un sens.

Un Indien d'Amérique portait sur le bras des lignes en zigzag ayant la signification de « force mystérieuse » *.

Enfin les tatouages peuvent encore avoir un but médical *.

Les Égyptiens d'époque classique se tatouaient parfois sur la poitrine ou sur les bras les noms ou les représentations de divinités; cet usage se constate peut-être exclusivement sous le second empire thébain. Je ne me souviens pas en avoir rencontré d'exemples en dehors de cette époque. Il suffira d’en citer quelques cas. Le roi Amenophis IV et sa femme portent tatoués sur la poitrine et les bras les noms du dieu Aten, et le professeur Wiedemann fait remarquer à ce sujet que l’on constate sous le règne de ce roi des influences libyennes 4.

Une stèle du musée de Pesth nous montre un personnage con-

1 GROSSE, les Débuts de l'Art, pp. 55 et suiv.

2 GARRICK MALLERY, Xth Annual Report of the bureau of Ethnology, 1888-1880. Washington, 1893, pl. XVII, p. 235.

Exemple cité par HOERNES, Urgeschichte der bildenden Kunst in Europa von den Anfängen bis um 500 vor Chr. Vienne, 1808, p.31, note 4, Où l’auteur cite également les Libyens du tombeau de Seti I*.

3 FOUQUET, /e Tatouage médical en Égypte dans l'antiquité et à l'époque actuelle, dans les Archives d'anthropologie criminelle, XIII, 1899, pp. 270 et SUIV. — Voir BuscHAN dans la Centralblatt für Anthropologie, IV, p. 75, et R. VER- NEAU dans l'Anthropologie, X, 1899, p. 99. — M. le professeur Petrie me signale au musée du Caire une momie de prêtresse de la VI° dynastie, portant sur le corps des tatouages nombreux.

#4 WIEDEMANN, die Urzeit Aegypiens und seine älteste Bevülkerung, dans die Umschau, XII, 1809, p.766, et dans DE MORGAN, Recherches sur les origines de l'Égypte, I], p. 222. — Voir, pour des représentations figurées, LEPsIUs, Denkmäler, II, pl. 106 et 109. — M. le professeur Petrie me fait remarquer que, dans ce cas, il se pourrait que les soi-disant tatouages ne soient, en réalité, que de petites plaquettes en terre émaillée fixées sur une fine mousseline. On a rencontré à Tell-el-Amarna de telles plaquettes avec le nom du dieu Aten.

temporain de Touthmès IIT portant sur le bras droit le cartouche de ce roi |.

Sur d’autres monuments nous voyons, sur l'épaule droite, des tatouages représentant des figures du dieu Amon-Ra, notamment sur une statue de scribe agenouillé du musée de Turin ?. Une autre statue, au musée de Leyde (D 19), porte sur l'épaule droite

FiG 11. — FRAGMENT DE STATUETTE AVEC TATOUAGES SUR LA POITRINE ET L'ÉPAULE DROITE.

Cabinet des médailles à Paris.

une figurine d’'Amon-Ra et sur l'épaule gauche le cartouche d’Amenophis [I ?] *. Un autre monument du même musée (V. 82) nous montre un sculpteur qui porte sur la poitrine et les épaules, en

tatouages, les signes : À Ca, temple de Ptah. Enfin une petite (ES

statuette du Cabinet des Médailles à Paris, dont la partie supérieure

l'MaAsPERO, Votes sur différents points de grammaire et d'histoire, dans les Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne, 1, 1872, p. 151.

2 MasPERO, /Zistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1, p. 531, figure.

5 LEEMANS, Aegyptische Monumenten van het Nederlandsche Museum van Oudheden te Leyden, XI, pl. 1v.

Mutilations.

seule subsiste, nous apprend que l’on tatouait également sur la poitrine et les épaules des signes dont la signification nous échappe parfois et qui sont assez semblables aux

marques que l’on peut relever sur Îles

poteries (fig. 11).

Quant aux tatouages décoratifs, ils sont assez rares sur les monuments égyptiens de l’époque classique. On pourrait citer cependant une petite figurine de femme en faïence du musée de Berlin (n° 9583)', une stèle du musée du Caire (n° 20138), où un homme a la poitrine décorée de tatouages ?, et enfin une représentation d'une tombe du second empire thébain *.

«La perforation de l'oreille, du nez, des lèvres se fait surtout en vue de placer dans le trou, ainsi obtenu, un ornement quelconque. Aussi peut-on consi- | 4 dérer ce genre de mutilation comme FIG. 12. :— STATUETTÉ un passage naturel vers la seconde fa- pu Musée DE BoLoGxs. con de se parer qui consiste à placer ou à suspendre sur le corps les objets de parure » #.

Je ne suis pas certain que les préhistoriques égyptiens aient fait usage de pareilles mutilations; cependant, je tiens à attirer l’attention sur l'usage des boucles d'oreilles à l'époque classique. Remarquons d’abord qu'un des Libyens du tombeau de Seti I portait des boucles d'oreille, à en juger, tout au moins, d’après la planche de Belzoni et d’après celle de Champollion.

1 SrraTZ, Ucber die Kleidung der ägyptischen Tünzerinnen, dans la Zeitschrift für ägyptische Sprache, XXXNIII, 1900, P. 149.

2 LANGE et SCHAEFER, Grab-und Denksteine des mittleren Reichs (Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire), I, p. 163; IV, pl. LXXXVI, p- 465.

3 Lepsius, Denkmäler, III, 2. — Voir ERMAN, Aegypten und ägyptisches Leben im Altertum, p. 316 et fig. p.298. — Voir MasPERO, {Zistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1, p. 54 et note 3. — Au sujet des tatouages et peintures corporelles chez les Grecs, voir WoLTERS, P., *Elagootixros, dans Hermes, XXXVIII, pp. 265-273.

1 DENIKER, /s Races et les peuples de la terre. Paris, 1900, p. 209.

Lepsius, dans la planche dont notre figure 10 reproduit une partie, n'a pas noté la boucle d'oreille! (Voir plus loin fig.109).

A l'époque égyptienne l'usage des boucles d'oreille est assez fréquent, mais seulement à partir de la XVIII* dynastie ; il en est de même de l’emploi des tatouages consistant en figures ou noms de divinités. Comme le fait remarquer Erman?*?, ce sont ou bien de larges disques ou bien de gros anneaux. On voit que, sous le règne d Amenophis IV, les hommes également portaient des boucles d'oreille 3.

La femme représentée par une charmante statuette du musée de Bologne (fig. 12) «est très fière de ses grosses boucles d'oreille, et fait saillir gravement l’une d'elles afin de la montrer ou de s'assurer

1 BELZONI, Plates illustrative of the Researches and Operations of G. Belsontin Egyftand Nubia.London, 1821, pl. VI. — CHAMPOLLION, Monu ments de l'Égypte, pl. CCxL. — Une reproduction de la tête d’après cette planche, dans PERROT et CHIPiez, Histoire de l'art dans l'antiquité, I, Égypte, fig. 528, p. 796. Il est vraiment regrettable de constater com-

FIG. 13. — VASE EN TERRE ROUGE AVEC DÉCORATIONS BLANCHATRES COMBATTANTS.

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