F1G. 140. — INSTRUMENTS MAGIQUES (?) EN IVOIRE
University College de Londres et Ashmolean Museum, à Oxford.
mitifs, entre les dates de succession 33 et 44, on rencontre deux cornes ou défenses en ivoire : l’une est toujours pleine et l’autre creuse. Elles sont unies, parfois terminées en pointe ? et percées
PRICE, HILTON, Some Zoories from Abydos, dans les Proceedings of the Society of biblical Archeology, XXII, 1900, p. 160 et pl. Le cliché de notre fig. 139 nous a été aimablement prêté par la Société d'archéologie biblique de Londres, ainsi que les clichés des fig. 53 et 54 ; ce que nous avons oublié de noter précédemment.
2 PETRIE, Diospolis, p. 21. — Mac IvER and MACE, Z/ Amrah and Abydos, bl Ni, et p.40.
IOI
à la partie supérieure, de façon à pouvoir être suspendues, parfois terminées au sommet par un rétrécissement et un anneau de suspension. Dans ce cas, on a gravé à la surface de la corne deux yeux et des lignes indiquant la barbe ; parfois, aussi, les yeux sont représentés par des perles incrustées !. Enfin, et c’est le cas le plus intéressant, les cornes sont parfois terminées en tête humaine, soigneusement représentée. La tête elle-même est alors surmontée d'un anneau de suspension ? (fig. 140).
La destination précise de ces objets est difficile à déterminer. M. Petrie suppose qu'ils appartenaient à l’attirail d’un sorcier ou homme médecine. Ces cornes lui rappellent la croyance des nègres de la Côte d’Or qui s’imaginent que les blancs peuvent enchanter les âmes des indigènes dans des cornes d'ivoire et les emporter avec eux dans leur pays pour les faire travailler à leur service 3. Au Congo, certains nègres croient que les sorciers peuvent s’emparer des âmes humaines, les enfermer dans des cornes d'ivoire et les vendre aux blancs qui les font travailler dans leur pays, au bord de la mer. Ils s'imaginent qu'un bon nombre des laboureurs de la côte sont des hommes qu’on s’est ainsi procurés. Lorsqu'un des indigènes s’y rend pour faire le commerce, il cherche souvent, anxieusement, à retrouver ses parents morts. L'homme dont l’âme est ainsi réduite en esclavage mourra rapidement ou instantanément *.
Je rapprocherai volontiers aussi de cette croyance la coutume observée par Alice Werner dans l'Afrique centrale britannique. Une vieille femme portait autour du cou un ornement en ivoire, creux, long d'environ 3 pouces et ayant la forme d’une cheville ronde, pointue au sommet, avec un léger rétrécissement permettant de le suspendre. Cet objet, qui répond exactement aux ivoires égyptiens, était appelé, par cette femme, sa vie ou son âme. Naturellement, elle ne voulait pas s’en séparer : un colon chercha en vain à le lui acheter ÿ.
IE ren Vaceue, pDl'Exthadetas ipl.Lv, S1 CDD 10 21e0 47e
? PRICE, HILTON, Zwo objects from Prehistoric Tombs, dans la Zeitschrift für ägyptische Sprache, XXXVNII, 1899, p. 47 et fig.; Votes upon some Praedynastic and Early Dynastic Antiquities from Egypt in the Writers Collection, dans l’Archæologia, LNI, 1899. (Tirage à part, p. 2 et fig. 1.)
3 PETRIE, Vagada, p. 47; Diospolis, p. 21.
1 FRAZER, the Golden Bough, 2° éd., I, p. 279. Éd. française, I, p. 211.
5 FRAZER, fe Golden Bough, 2° èd., III, p. 407 et note 4.
Bateaux.
Quelques tombes préhistoriques de Négadah contiennent des modèles de barques en terre, parfois décorées de peintures (fig. 141). Nous avons vu plus haut qu'on avait peint naïvement, sur le bord d’un de ces bateaux, des petites figures humaines représentant les rameurs !. L'équipage était aussi parfois figuré par de petites statuettes en terre *. Les peintures des barques montrent,