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Lion de Hiéraconpolis.
traits peints, extrêmement visibles sur la photographie prise au moment de la découverte, n'ont plus laissé actuellement que quelques traces à la surface de la pierre, comme on pourra s’en rendre compte en examinant les figures 184, 185 et 186, prises sur l’original conservé à l’Ashmolean Museum, à Oxford. Il est vraisemblable que l'étude attentive des statues royales de Hiéraconpolis permettra de reprendre la question de l’âge des statues royales de la IVe dynastie du Musée du Caire, et que cette étude modifiera quelque peu les conclusions auxquelles s'étaient arrêtés plusieurs savants !.
Nous avons vu précédemment combien les statuettes d'animaux étaient fréquentes dans la période primitive et avec quelle perfection l'artiste avait saisi le caractère de chacune des espèces animales représentées. Outre le beau chien en ivoire reproduit sur la figure 131, les fouilles d'Hiéraconpolis ont donné une magnifique statue de lion, en terre cuite. Les circonstances dans lesquelles elle a été trouvée permettent de l’attribuer sans trop d’hésitation à la période qui précède la IVe dynastie ‘. Des fragments de statues de la même matière et de la même technique ont été retrouvées, d’après MM. Petrie et Quibell, à Coptos, au Ramesseum, à Medinet Habou et à Abydos #. La comparaison faite par M. Ouibell entre le lion de Hiéraconpolis et les figures de lion qui décorent une table d'offrandes du Musée du Caire apporte un sérieux argument à ceux qui attribuent cette statue de lion à la période archaïque ‘. La figure 187 permettra, mieux que toute description, d'apprécier la vigueur d'exécution de cette belle statue.
Nous aurons ainsi rapidement passé en revue les principaux monuments que l'on peut attribuer à la période qui sépare les Égyptiens primitifs des contemporains des débuts de la IV dynastie. Nous devons, avant de chercher à tirer quelques conclusions
l BORCHARDT, #ber das Alter der Chefrenstatuen, dans la Zeirschrift für ägyptische Sprache und Alterthumskunde, XXXVI, 1898, pp. 1-18.
? QUIBELL and GREEN, /ierakonpolis, II, pl. XLVII et p. 45.
3 PErRiE, Xoptos, pl. v et p. 5 ; dans QuIBELL, Æierakonpolis, 1, pp. 11-12.
4 BORCHARDT, #ber das Alter der Chefrenstatuen, dans la Zestschrift für àgyptische Sprache und Alterthumskunde, XXXVI, 1898, p. 5, fig. 3. — WIEDEMANN, Compte rendu de QUIBELL, ZZierakonpolis, 1, dans la Ortentahstische Litteraturseitung, VIT, 1900, col. 333: sur Nagada Periode, ibidem, col. 85.
générales de l’ensemble de nos recherches, examiner brièvement les documents qui nous permettent de nous faire au moins une idée des arts du mouvement dans l'Égypte primitive : la danse, la musique et la poésie.
Mais avant de clore ce chapitre, je ne puis résister au plaisir de reproduire ici trois aspects de la tête d’une figurine en ivoire, découverte pendant l’hiver 1902-1903 à Abydos, et qui nous montre le roi Chéops, le constructeur de la grande pyramide de Gizeh : (fig. 188). Comme l’écrivait M. Maspero, dans un article publié en 1901, « il y a six années à peine, l’histoire de l’ Égypte s’arrêtait pour nous au siècle où les grandes Pyramides furent construites. Les colosses de Gizeh semblaient interposer leur masse entre le plan du monde où nous vivons et les lointains extrêmes du passé... La pioche des fouilleurs a soudain fait brèche dans l'obstacle qui nous masquait les dynasties primitives » *. Ce qui nous paraissait naguère encore le commencement d’un monde peut être parfaitement choisi comme le résultat de l’évolution de toute une civilisation.
1 PETRIE, Abydos, I, pl. xi11 et x1v et p. 30 ; ke Ten Temples of Abydos, dans le Harper's Monthly Magazine, n° 642, novembre 1903, fig. 6 et pp. 839-
2? MASPERO, /es Premiers Temps de l'histoire d'Égypte d'après les découvertes zécentes, dans /e Lotus. Alexandrie, n° 4, juillet 1901, p. 185.
Figurine de Chéops.
Généralités.
CHAPBEALRE VI.
Danse, Musique et Poésie.
OUS avons trouvé, à l’origine des arts du repos, décoration, peinture et sculpture, un but utilitaire, le plus souvent magique. Les arts du mouvement, danse, musique et poésie, nous permettent d'atteindre un résultat identique. Nous ne pouvons nous attarder
longtemps à en faire une démonstration complète et détaillée ; 1l suffira de citer quelques cas typiques.
« Un ancien historien de Madagascar nous apprend que, «quand les hommes sont à la guerre, et jusqu’à leur retour, les femmes et les jeunes filles ne cessent de danser nuit et jour et ne se couchent ni ne dorment dans leurs propres maisons. Elles croient, par leurs danses, donner force, courage et bonne chance à leurs époux. Elles observent religieusement cette coutume » !.
« De même chez les Indiens de la rivière Thompson (Colombie britannique), quand les hommes sont à la guerre, les femmes dansent fréquemment pour assurer le succès de l’expédition. Les danseuses brandissent leurs couteaux, lancent au loin de longs bâtons pointus et agitent d'avant en arrière des bâtons munis d'un crochet. En lançant les bâtons pointus, elles font le simulacre de percer un ennemi ; avec les bâtons à crochets, elles tirent leurs maris du danger. Les armes sont toujours dirigées dans la direction du pays ennemi » ?.
1 FRAZER, the Golden Bough, 1, p. 31. Éd. française, I, pp. 28-20. 2 Zhidem, éd. française, pp. 29-30.
« Lucien fait observer que : « Vous ne sauriez trouver un seul mystère ancien où l’on ne danse point. Tout le monde sait que l’on dit des révélateurs des mystères qu'ils les ont dansés hors du sanctuaire (séopyeuobar) ». Clément d'Alexandrie se sert de la même expression en parlant de ses « effrayantes révélations ». Les mystères sont si étroitement liés à la danse chez les sauvages que, lorsque M. Orpen questionna Qing, le chasseur boschiman, sur quelques doctrines auxquelles Oing n'était pas initié, celui-ci répondit : « Les hommes initiés à cette danse savent seuls ces choses » !, e
Rappelons aussi les danses d'animaux des Australiens et les danses exécutées aux funérailles chez la plupart des peuplades sauvages ?.
Presque toujours ces danses sont accompagnées d'instruments de musique très primitifs. Les uns ont pour but de rythmer les mouvements et consistent, le plus souvent, en instruments de percussion, bois sonores frappés en cadence, tambours, etc., qui ne font que suppléer au battement des mains *. Les autres ont une origine quelque peu différente. On pourrait dire, d’une façon générale, qu'ils sont destinés à produire un bourdonnement par vibration ou un sifflement dans lequel les primitifs voient quelque chose de mystérieux et de sacré. Il faut citer, à cet égard, l'arc, la gora des Cafres et des Boschimans “, et surtout le « bull-roarer » ou « Schwirrholz » dont la répartition géographique est si considérable ÿ. Parfois les instruments ont pour but d’écarter les esprits malfaisants pendant que l’on célèbre les cérémonies ; tel le sistre.
Un fait caractéristique aussi, dans certaines parties de l’Afrique, c’est que le chef est accompagné, dans ses sorties, d’une
1 LANG, Mythes, Cultes et Religions, trad. Marillier. Paris, 1896, p. 261.
2 Voir, par exemple, KiNGsLey, MARY-H., 7yavels in West Africa, Londres, 1900, p. 331.
# Voir, à ce sujet, le livre de BüCHER, Arbeit und Rythmus, 2e éd. Leipzig, 1890.
4 DENIKER, es Races et les peuples de la terre, fig. 70-71, pp. 250-257 et fig. 135, P+ 495.
5 FRAZER, the Golden Bough, III, p. 424, note. — LANG, Mythes, Cultes et Religions, trad. Marillier, pp. 262-263. — Cook, A.-B., les Galets peints du Mas d’Azil, dans /’Anthropologie, XIV, 1903, pp. 657-659. — SCHURTZ, Urgeschichte der Kultur. Leipzig, 1900, pp. 50 et suiv. et p. 512.
Danse.
bande de musiciens. « Chaque exécutant, sans se préoccuper de la discordance, souffle, sonne, frappe ou agite, pour son compte, en interprétant un air très court formant la note dominante de la cacophonie » |.
Les féticheurs sont fréquemment des musiciens très habiles.
Il est incontestable que la musique et la danse ont acquis rapidement, à côté de leur rôle utilitaire et magique, un but d’agrément. Les quelques exemples qui précèdent montrent que le rôle magique de ces arts n’est pas douteux à l’origine, sans qu'il soit possible, dans les cas spéciaux qui peuvent se rencontrer, de déterminer le but précis des musiciens ou des danseurs.
Nous avons eu l’occasion déjà de parler, à diverses reprises, des scènes de danses. Je rappellerai, en premier lieu, la statuette de Toukh, reproduite sur notre figure 5, où la danseuse a les deux bras élevés au dessus de la tête. Les vases décorés nous ont montré des figures de femmes dans une position identique (fig. 83 et 85); elles sont parfois accompagnées d'hommes qui paraissent rythmer la danse en entrechoquant des morceaux de bois, espèces de castagnettes (fig. 84). Deux figures de femmes, de la tombe peinte de Hiéraconpolis, rappellent également les danseuses par la position des bras (fig. 146 A).
Les danseurs et danseuses étaient chargés, aux funérailles, du soin d'exécuter des danses accompagnées de lamentations, et, si nous examinons, avec M. Erman, les représentations des tombeaux de l'Ancien Empire, nous reconnaîtrons immédiatement que cet usage a persisté longtemps après les débuts de l'Égypte pharaonique ?. Les figurines en terre cuite, découvertes dans les tombeaux grecs, nous montrent les mêmes danseuses et pleureuses funéraires, et l'apparition de ce type en Égypte, aux époques les plus anciennes, sera certainement de nature à modifier d’une façon importante les conclusions d’un récent travail de M. Collignon *.
1 Notes analytiques sur les collections ethnographiques du Musée du Congo (Annales du Musée du Congo. Ethnographie et anthropologie. Série III), t: I, fasc. 1, pp. 17-18.
3 ERMAN, Aegypten und ägyptisches Leben im A llertum, pp. 335 et s. et p. 336: « Fast stets begegnen wir Tänzen bei dem este der Ewigkheit, das heisst bei dem Feste, das zu Ehren der Toten abgehalten wird ».
3 COLLIGNON, de l’Origine du type des pleureuses dans l'art grec, dans la Xevue des études grecques, XVI, 1903, pp: 299-322.
Sur les premiers monuments égyptiens pharaoniques nous avons remarqué plusieurs représentations de danses religieuses.
Qu'on se rappelle les danses des massues de Hiéraconpolis (fig. 170-172) et de la plaquette du roi Den (fig. 174), dont les monuments de l’époque pharaonique nous donnent de nombreux exemples analogues.
Sans s’attarder à décrire les scènes de danses funéraires des basreliefs de l'Égypte pharaonique, deux de ces représentations me semblent devoir arrêter un instant l'attention.
FiG. 189. — DANSEURS DE LA TOMBE D'ANTA, A DESHASHEH.
Dans le tombeau de Anta, à Deshasheh !, on trouve une série de danseurs tenant en mains des bâtonnets courbés terminés en têtes de gazelle (fig. 189). M. Petrie * a comparé à ces accessoires de danse des fragments d’ivoires décorés de Hiéraconpolis, dont la figure 99 donne deux spécimens, parmi les fragments de meubles.
Ce qui nous intéresse tout spécialement dans cette scène,
c’est que les textes des pyramides mentionnent les gens du Touat
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f F 7 3, Le déterminatif de ce nom est constitué par un bras tenant un instrument terminé en tête de gazelle. On doit donc se demander si les danseurs de Deshasheh ne sont pas également des gens du Touat, et si, à l’époque égyptienne, on
1 PETRIE, Deshasheh, pl. XII et p. 8.
? Dans QUIBELL, Æierakonpolis, 1, p. 7.
3 MASPERO, la Pyramide du roi Pepi TZ, dans le Recueil de travaux relatifs à la Philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, VIT, 1886, p. 148, 1. 245.
leur réservait le soin d'exécuter les danses funéraires. Les gens du Touat sont les habitants du Touat, un des enfers des Égyptiens pharaoniques ', et nous assisterions alors à la danse des habitants de cette région mystérieuse. Nous serions tenté de retrouver dans Touat le nom actuel de l’oasis de Touat, située, il est vrai, à l’extrémité nord-ouest du continent africain. L'exemple n’est pas unique de tribus qui, anciennement en contact avec l'Égypte, ‘en sont actuellement extrêmement éloignées. Plusieurs tribus paraissent, d’après M. Lefebure ?, avoir laissé des traces de déplacements non moins considérables (Maces et Maxyes, Berbères et Barabras, Numides et Nobades, etc.).
La conséquence de ces remarques serait que la région des morts, le Touat, aurait été, à l’origine, une contrée réelle, et ce résultat cadrerait parfaitement avec les recherches de M. Maspero sur la grande oasis, le champ des souchets, et de M. Chassinat sur l’île du double et la terre des mânes ?. Rappelons qu'à l’époque de la XVIII: dynastie on représentait encore à Déir-el-Bahari les danses des Libyens «.
Parmi les nombreuses figures de danses relevées et décrites par M. Erman, l’une montre des femmes vêtues d’un simple pagne,
1 Je trouve dans un ouvrage récent un renseignement bizarre, relaté par un voyageur non prévenu, et qui peut donc avoir son importance. Visitant les tombes royales à Thèbes, l’auteur écrit : « Tous ces corridors sont remplis de peintures, de reliefs, qui représentent ce qu’il y a dans les livres de Thadès (sic), dans le Touat, ou, si vous le voulez, plus simplement dans l’enfer. La première fois que j'ai oui parler de Touat, c'était à Tunis ; je voyais un Touareg dont la présence causait un véritable événement, même parmi les indigènes. Sa figure, complètement voilée par une étoffe noire très épaisse, sa mise, son manteau d’un brun foncé causaient un vrai rassemblement. Quelqu'un du pays me dit : « C’est un Touareg, c’est un diable vomi par l’enfer dont il porte le nom : Touareg vient de Touat, qui veut dire enfer ». Je conte cette anecdote qui m’a paru curieuse, sans me faire l'éditeur responsable de cette étymologie, et je reviens aux Égyptiens ». Baron DU GABÉ, Échelles du Levant. Impressions d'un Français. Paris, 1902, pe 84.
? Lettre privée du 25 janvier 1903.
3 MASPERO, G., / Nom antique de la Grande Oasis et les idées qui S'y rattachent, dans les Études de mythologie et d'archéologie égyptiennes, IL (Bibliothèque égyptologique, II), pp. 421-427 ; les Hypogées royaux de Thèbes, ibidem, pp. 12 ets. — CHASSINAT, Çà et là, $ III, dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, XVII, 1895, p. 53.
4 NAVILLE, ke Temple of Deir el Bahari, IV, pl. xc et p. 2 : « It is curious that in other festivals the dancing is done also by these Africans, the Tamahu, as if
vêtement réservé aux hommes, et dont la chevelure a été transformée à limitation de la couronne blanche de la Haute Ég gypte. La danse qu'elles exécutent s'appelle « sous les pieds » et n'est autre que la copie, quelque peu burlesque, de la scène où l’on voit le roi levant sa massue au dessus de la tête d’un barbare | vaincu, Comme nous l’avons noté sur la grande palette de Nar-Mer. Le nom de cette danse, dit M. Erman, vient de ce que les inscriptions qui accompagnent, d'ordinaire, les représentations royales disent du roi que « tous les peuples liés ensemble sont abattus sous ses pieds ».
Cette curieuse danse doit être, vraisemblablement, rapprochée de la scène analogue de la tombe peinte de Hiéraconpolis (fig. 146 A),
et nous aurions un exemple de plus de tradi- FIG. 190. tions ininterrompues depuis les temps préhis Fee Pot : 7 P his <a TL D STÉATITE DÉCOUVERTE toriques jusqu'à la XII° dynastie !. a con
M. Erman remarque que la musique consiste, | pmolean Museum, à Oxford.
presque exclusivement, en l'accompagnement
des danses. Nous venons de rappeler la représentation des joueurs de castagnettes sur un vase préhistorique. Sous l'Ancien Empire, nous notons également, comme instruments de musique présentant un caractère funéraire ou religieux, les flûtes et les harpes. Dans les fouilles de Hiéraconpolis ?, on découvrit un petit personnage assis, en stéatite (fig. 190). Sous la bouche est percé un trou : les deux bras brisés près du corps étaient étendus en avant, et il est probable que c'était un flütiste. Nous pouvons la comparer aux figures en pierre des îles grecques apparte-
they had some national propensity to that art, like the Hungarian gipsies in modern times ». — Voir, en outre, LEFÉBURE, ” Politique religieuse des Grecs en Libye (Extrait du Bulletin de la Société de Géographie d'Alger et de l'Afrique du Nord, 3e et 4° trimestres 1902). Alger, 1902. VI. Le caractère de la religion libyenne, côté orgiaque, pp. 30-34.
| Plus tard également. Voir BÉNÉDITE, Un guerrier libyen, figurine égyptienne en bronze incrusté d'argent, conservée au Musée du Louvre, dans les Monuments et Mémoires publiés par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Fondation To IX, 1903, pp. 123 et suiv.
2? QuiBELL and GREEN, /Zierakonpolis, II, pl. xLvit b, colonne de gauche.
Musique.
nant à la période égéenne et qui représentent un flütiste et un harpiste !.
Si l’on doutait du rôle funéraire de ces instruments de musique, on pourrait citerune scène des peintures de Beni-Hasan ? (fig. 191). A côté de la stèle en forme de porte représentant l'entrée de l'âme, plusieurs personnages apportent des offrandes.
Les deux registres inférieurs sont occupés par des femmes jouant de la musique. Deux jouent de la harpe, tandis que trois autres frappent en cadence dans leurs mains pour accompagner le chant; derrière, une femme agite un sistre, tandis qu’une autre se sert d’un instrument bizarre. Il s’agit ici, certainement, de chants et de musique à caractère religieux, exécutés en l'honneur du mort. La présence du sistre, agité lors des cérémonies du culte pour écarter les mauvais esprits, pourrait indiquer une influence analogue pour l'instrument qui lui fait pendant. Il consiste en une espèce de planchette, attachée à une tige tournant dans un manche que la musicienne tient en main. Cela devait produire une sorte de bourdonnement assez sourd.
Il existe, chez un grand nombre de peuples, un instrument qui pourrait être rapproché de notre appareil égyptien. C’est ce que les ethnographes anglais appellent « bull-roarer » et les allemands .« Schwirrholz », sans que je puisse donner de ces mots une traduction précise en français. Le « Schwirrholz », dit M. Schurtz #, consiste en un morceau de bois, long, peu épais, qui a parfois la forme d'un poisson ou qui est décoré d’ornements gravés ou peints.
1 PERROT et CHIP1EZ, Æéstoire de l'art dans l'antiquité, NI, la Grèce primitive, l'art mycénien, pp. 760-762 et fig. 357 et 358. — KOEHLER, Præhistorisches von den griechischen Inseln, dans les Müittheilungen der kaiserlich deutschen archacologischen Instituts. Athenische Abteilung, IX, 1884, pp. 156-162 et pl. vi.
Voir un sarcophage en pierre décoré de scènes peintes, découvert par Paribeni, près de Phaistos, dans KARO, A/fhretische Kutstätten, dans les Archiv für Religionwissenschaften, VII, 1904, p. 130, note 1 : « Hinter dem Opfertisch steht ein Flôtenbläser ». (Renseignement communiqué par M. J. De Mot.)
C'est déjà là l’origine des peintures des lécythes attiques, où l’on voit représentés des harpistes et flûtistes dans les cérémonies funéraires. Voir POTTIER, Étude sur les lécythes blancs attiques à représentations funéraires (Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Rome, fasc. XXX). Paris, 1883, surtout PP- 73-74.
2 Beni-Hasan, 1, pl. xn ; IV, pl. xvretp.s.
$ SCrURTZ, Urgeschichte der Kultur. Leipzig, 1900, p: 50.
dose
À son extrémité est attachée une corde au moyen de laquelle on le fait tourner. L'instrument mis en mouvement fait entendre un bourdonnement.