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Fig. 7. — Ornements des Mincopies (d'après Man) : (a) peint avec de l'argile blanche sur les arcs et les plats, (6) sur les ceintures, (c) en blanc sur les coquillages, (dete)sur les ceintures des femmes et les frontaux, (f) en jaune et en blanc sur arcs, seaux, canots et avirons, (g) gravé sur ceintures de femmes et peint en blanc sur des résonateurs {Taktbrelter), (h) en blanc et en brun sur ceintures, bandelettes, plaques et coquillages.
de coquillage sur leurs outils ressemblent tellement aux ornements australiens qu'on est tenté de les interpréter de la même iaçon.
Rien ne nous permet cependant d'affirmer que les dessins des Australiens et ceux des Mincopies sont des copies d'objets analogues. Tandis que les observateurs mentionnent à plusieurs reprises que les Australiens empruntent leurs motifs à la nature, Man dit expressément que les Mincopies répètent
toujours leurs dessins traditionnels sans jamais les changer. Ces dessins ne sont ni riches ni variés. Le fait que chaque espèce de dessin n'est employée que pour certains objets laisse supposer qu'ils ont une signification définie. Man, qui donne les noms de tous ces dessins, ne dit cependant rien de leur signification. Il serait peut-être possible de la découvrir en comparant les formes anciennes aux formes récentes ; mais les matériaux que nous avons à notre disposition ne suffisent pas pour entre-
Fig. 8. — Outils en os des Esquimaux (d'après Jacobsen) : (a) couteau, {b) anse de seau, (c) instrument servant à la fabrication des flèches (Pfeilstrecker).
prendre pareille étude ; nous sommes donc obligés de laisser pour le moment sans réponse la question de savoir si les Mincopies ont emprunté leurs motifs à la nature.
L'art ornementaire des Esquimaux et de leurs parents ethniques est beaucoup plus riche et plus vivant ; il offre bien moins de difficultés. Point n'est besoin, en effet, de faire de longues recherches pour démontrer que les Hyperboréens doivent la plus grande partie de leurs ornements à l'observation de la nature. On n'a qu'à jeter un coup d'œil sur les figures qu'ils gravent sur leurs outils en bois ou en os : la tête d'oiseau du couteau, lespoissonssurl'anse du seau, les rennes sur le Pfeilstrecker, toutes sont si bien caractérisées qu'il est impossible de ne pas les reconnaître. Souvent l'outil entier prend la forme d'un ani-
L ART ORNEMENTAI RE
mal. Notre dessin montre un Pfeilstrecker en os auquel le sculpteur esquimau a donné la forme d'un renne, et deux étuis à aiguilles, dont le premier représente un poisson, le second un phoque ; dans toutes les collections ethnographiques de quelque importance, on peut voir des objets semblables. A côté de ces figures, traitées librement et avec un certain réalisme, on en trouve d'autres qui sont faites d'une façon conventionnelle. Nous citerons ici un seul exemple : les petits cercles concentriques dont la partie centrale est fortement en relief, et qui se trouvent sur presque tous les objets en os. Dans la plupart des cas, ce sont des yeux ; clans quelques autres, ils
Fig. 9. — Objets en os des Esquimaux ayant forme d'animaux [d'après Jacobsen) : (a) Pfeilstrecker, (6, c) étuis à aiguilles.
remplacent, à notre avis, des perles que les Hyperboréens apprécient autant que tous les autres peuples primitifs. Ces cerclesperles ne sont plus, il est vrai, des motifs empruntés à la nature, mais ils nous font passer à une seconde catégorie d'ornements esquimaux, aussi riche que la première.
Les ornements de cette seconde catégorie se distinguent nettement de ceux que nous venons d'étudier. Pas un seul d'entre eux n'a un modèle naturel ; ces rubans parallèles, ces lignes droites, croisées et en zigzag nous rappellent plutôt les figures produites dans la vannerie, la couture, etc. Caractériser ces divers dessins, c'est, en même temps, les expliquer. 11 suffit du reste de nous rappeler l'emploi de ces objets pour détruire tous nos doutes à cet égard : tous ces dessins sont puisés à cette source abondante de l'art ornementaire qu'est la technique ; ils sont des transformations et des copies de figures. Si nous Grosse 7
comparons les modèles techniques à ceux que fournit la nature ils nous paraissent pauvres et monotones. L'art ornementaire Hyperboréens les a très souvent employés, métis il les a peu développés. 11 se borne généralement à imiter les modèles les plus simples, le ruban, la couture et la bordure (1).
Il est difficile de dire d'une façon générale si 1 art ornementaire des Mincopies a fait des emprunts analogues à Fart textile. Quelques dessins produisent bien une impression de ce
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Fig. io. — Outils esquimaux en os avec ornements d'ordre technique (d'après photographies) : (a) bâton de commandement, (b) arc de vrille, (c, d, e) étuis à aiguilles.
genre, mais nous avons déjà vu qu'il faut se méfier des premières impressions. Il ne serait pas impossible qu'un dessin qui a l'air d'être la copie d'un ruban ou d'un dessin de vannerie ne soit en réalité qu'une reproduction conventionnelle d'une peau d'animal ou d'un serpent. Dans un seul cas, nous sommes autorisés à conclure dans le sens de l'emprunt aux arts textiles
(i) Cf. aussi Haddon, op. cit., 75, 116 et surtout les chapitres] Shenomorphs of Textiles, pp. 89 et suiv., et Skeuomorphic Pottery, pp. 97 et suiv. (N. d. tr.j
l'art ornementaire
Les Mincopies sont le seul peuple réellement primitif qui connaisse l'art de la poterie. Ils font avec de l'argile des coupes grossières de taille différente qui leur servent de vaisselle. Un grand nombre de ces pots portent des ornements que nous croyons être destinés à imiter les vanneries d'un panier. La seule ressemblance n'autoriserait cependant pas cette affirma-
Fig. 11.— Détails ornementaux d'objets en os (Esquimaux. D'après phot.),
tion, mais notre hypothèse se justifie surtout par ce fait que les Mincopies entourent leurs pots d'une espèce de claie; le potier est donc presque inévitablement amené à imiter cette claie sur ses poteries. Au reste, nous reviendrons sur ce sujet.
Fig. 12. — Fragments de pots des îles Ândamanes d'après Man).
Dans l'art ornementaire australien, nous pourrons prouver l'existence de modèles techniques en étudiant la peinture de certains paniers faits d'herbes, et les lances, dont les manches sont souvent ornés de rubans peints ou gravés (1). Sur leurs boucliers et massues, on voit souvent des dessins qui ressemai Voir Ratzel, Vôtkeflkunde, II, 58, où deux de ces paniers sont reproduits.
blent beaucoup à des rubans ou des objets de tapisserie ou de vannerie ; dans beaucoup de ces cas, nous pouvons conclure que ce sont là réellement des imitations de dessins d'ordre technique. Mais nous avons déjà dit que la plupart de ces dessins ne sont que des reproductions de poils, de plumes ou d écailles. Si l'apparence contredit parfois pareille interprétation, des raisons profondes parlent en sa faveur. Il est difficile de comtendre pourquoi l'Australien mettrait des dessins d'ordre textile sur des objets qui n'ont de rapport avec l'art textile ni dans leur fabrication, ni dans leur usage. Nous verrons, par contre, que l'idée d'orner ses armes avec des reproductions d animaux et de robes d'animaux lui est nécessairement familière.
Dans l'art ornementaire primitif, les couleurs le cèdent de