Cf. A. C:,Bordeaux, D
4. Lettres d'un habitant de la Guyenne sur les Administrations ou Assemblées provinciales. Londres, 1788, dans les mélanges bordelais, B. M., Bordeaux, n° 51, L’appréciation de Bernadau est assez juste,
reprendre ses fonclions en exil. Mais il a fallu renoncer à l'expédient, attendu que les membres de ce nouveau tribunal demandaient trois millions par an pour leur besogne, et que le trésor royal est à sec.
Les syndics des avocats ont élé fêtés sur leur route, parce qu'il s'est trouvé des personnes distinguées. On les a accueillis dans le licu de leur exil, avec les témoignages les plus éclatants d'affeclion et de patriotisme. La démarche dontils sont victimes est donc universellement approuvée.
17 février. — La police, qui tient dans ce moment loute la ville en tutelle, poursuit vivement les colporteurs qui font circuler les nouveautés clandestines. Elle a même porté l'indécence jusqu’à confisquer les dernières Remontrances adressées au roi par notre Cour des Aides, à Feffet d'oblenir le rappel du Parlement.
2? février. — [Mention de pamphlets antimunicipaux.]
[Requête adressée au roi par les avocals, en faveur du Parlement]
2 mars 1788. — La Cour des Aides n’a eu garde de rendre publique la lettre qu’elle a reçue de M. le garde des sceaux, en réponse à ses dernières remontrances, qui ont fait la plus grande impression el qui ont fait croire à Paris que Bordeaux était dans la plus grande fermentation, el qu’on était sur le point d'y renouveler les scènes qui troublèrent la province sous le règne de Louis XTIT :
« Messieurs, le Roï a pris connaissance par lui-même des remontrances que vous lui avez adressées le 30 janvier dernier; Sa Majesté m'ordonne de vous dire que vous avez excédé vos pouvoirs, en vous occupant de la question de savoir si les circonstances générales exigeaient ou n'exigeaient pas l'assemblée de ville appelée des Cent-Trente. La Cour des Aides, qui n’est point un tribunal territorial, ne peut connaître que des objets d'exception qui forment sa juridicfion, n'ayant aucun droit ni de mander Îles jurats, ni de leur prescrire leur conduite. Le roi a observé que, par ses arrêtés et ses assemblées générales ou particulières, la Cour des Aides a risqué de donner de la consistance à la fermentation que quelques esprits remuants ont cherché à exciter dans la ville de Bordeaux, que de tels moyens ne seraient propres qu'à. porter l'autorité à des partis sévères, si la bonté paternelle de Sa Majesté n'en tempérait perpétuellement l'exercice, que, bien loin
de présenter des moyens de facililer le retour du Parlement de Bordeaux, toute fermentation dans celte ville est capable d'en éloigner le moment, qui ne peut être déterminé que par la soumission du Parlement aux volontés du roi. Je suis avec considération...»
Sur cette lettre, ces Messieurs ont pris un arrêté vigoureux, lequel a été envoyé à l'imprimeur, escorté de deux huissiers de la Cour, qui ont présidé à la manipulation typographique, et en ont transporté incontinent tous les exemplaires chez leur premier président !, le tout pour obvier à la confiscalion et à la défense que la police aurait osé se permettre à l'égard de cet ouvrage, comme elle a eu l’imprudence de le faire par le passé.
13 mars. — Espérant tenter ou séduire nos magistrats, le ministère avait envoyé à l'enregistrement les édits pour les non-catholiques, les assemblées provinciales, le rachat des corvées, la prorogation du second vingtième, etc... Le refus de vérification a passé à la majorité de sept voix, ce qui annonce que le patriotisme s’éleint, et que le Parlement se relâche beaucoup de ses principes.
16 mars. — [Remontrances du Parlement sur les leltres de cachet.]
21 avril 1788. — L'abbé d'Héral ?, celui de nos vicaires-généraux qui a la confiance la plus intime de Mgr son maître, a donné celle année deux brochures politiques, qui annoncent combien il lent à l'égoïsme des Corps. La premiére intitulée Conférence ecclésiastique, roule sur les possessions immenses du Clergé qu'il veut déclarer exemptes des contributions publiques. La seconde est une letire sur les prérogatives et les dignités que le Clergé mérila dans les temps anciens et qu'on ne saurait assez lui assurer dans tous les cas où il s’agit de grandeur et de félicité nationales. Ces deux écrits ont du style, de la chaleur, mais point de raison et de sagesse.
23 avril. — Remontrances du Parlement sur la détention de M. de Catelan, avocat général de Toulouse, en date du 15 dernier. Il y a de la précision et de la clarté dans le style du rédacteur, qu'on dit êlre le conseiller de Raignac, des idées neuves et énergiques. Le morceau sur les fonctions délicates des gens du roi, qui, loin d’êlre l'organe de l’aulorité arbitraire, est le ministre des lois fondamentales, le gardien des ordonnances et de la liberté publique,