M. Duroy ou Du Roy
2. Tofut élu un peu plus tard député du Clergé par la sénéchaussée de Bordeaux,
est aussi adroitement rendu que fortement pensé. On finit par dire au roi de convoquer les États généraux qui seuls peuvent porter un pompt remède aux maux acluels. Telle est aussi la conclusion des remontrances faites par le Parlement de Paris le 11 de ce mois, et qui est unæles plus vigoureux coups qu'il ait encore portés au despotisme ministériel el à l'indifférence du roi.
2 mai 1788. — L'archevêque est allé, ces jours passés, chez plusieurs de nos anciens avocats dont le patriotisme n’est rien moins qu'avéré. Cela confirme le soupçon qu'on a, qu'il recrute de la part du ministre un nouveau Parlement. Le silence qu’on garde sur son compte, et le travail mystérieux du ministère, nous font redouler quelque grand changement: dans noire Conslilution.
»o mai. — Le Parlement de Toulouse a dépêché un exprès vers ceux de Bordeaux et de Pau, pour leur donner avis des arrêtés et desseins que la circonstance leur a fait prendre. Suivant ce qu'il en a transpiré dans le public, la fermentalion est très grande à Toulouse, et la Cour a délibéré de n’oblempérer à aucun ordre du roi, en tant qu'il serait contraire au bien de FÉlat et à la dignité de la magistralure.
6 mai. — En conséquence des dépêches de la Cour apportées par un courrier de cabinet, le commandant s’est enfermé toute la matinée d'hier avec les intendants de Limoges, de Montauban et de Bordeaux pour préparer un travail qu'on dil avoir pour objet d’exiler le Parlement s’il se refuse à l'enregistrement des anciens édits, de créer quatre conseils supérieurs pour le ressort, de casser la Cour des Aides et le Bureau des présidents trésoriers de France, de substituer un lieutenant de police aux jurats, enfin de priver de plusieurs de leurs privilèges les Bordelais qui ne veulent pas courber leur têlé sous le joug du despolisme. Il y a un siècle qu'un tel projet n'eût pas même élé soupçonné impunément. F'uit Illion !
Le marquis de Caupenne, commandant de Bayonne, et M. Mulan d'Ambois, intendant de Limoges !, ont porté ce matin des lettres de cachet, l’un au procureur général, l'autre au premier président
1. La présence de l'intendant de Limoges et du commandant de Bayonne à Bordeaux est un détail intéressant à retenir. ‘
de la Cour des Aides à l'effet de leur enjoindre d'en convoquer, après demain à neuf heures, tous les membres dans le lieu ordinaire de leurs séances. Sur ce que M. Duroy a été étonné que M. de Caupenne lui demandât combien l'Hôtel de sa Cour avait d'issues, celui-ci lui a répondu qu'il avait ordre d'en faire gar@ær toules les avenues. On sentqu'un tel esclandre a amené plusieurs assemblées parliculières où ces messieurs ont témoigné leurs alarmes et leur patriolisme.
7 mai. — M. de Fumel a montré dans toutes les occasions qu'il élait loin d'exécuter gaîment les actes de rigueur dont sa place lui fait un devoir envers le Parlement. Après avoir remis la veille des insiruclions amiables au secrélaire du premier président, el lui avoir même dépêché un courrier à Libourne pour lui donner avis qu'il allait communiquer à la Cour des ordres du roi, ilest parti ce matin avec ses gardes el en compagnie de l’intendant qui sans doute doit l’assister ministériellement dans des fonctions sinistres.
8 mai. — Quoique la Cour des Aices se soit assemblée deux fois hier, el qu'on ait tenu une séance secrèle ce matin jusqu’à sept heures en habit court, elle ne s'est point rendue à l'assemblée solennelle fixée à huit heures aujourd'hui. M. de Caupenne, assisté de l'intendant de Limoges s’y sont rendus en cérémonie ce matin, précédés de sept soldats du guel et d'un officier pour en garder l'entrée, afin que personne n'entrât ni ne sorlit de l'hôtel, ainsi qu'on en a donné lout haut la consigne. Uu huissier les a introduits dans la salle du Conseil, où ils n’ont (rouvé que MM. Duroy et Maignol !, qui leur ont lémoigné leur empressement à se rendre aux ordres du roi, el à imviler en conséquence leur Compagnie qui n'a pas cru devoir s’assembler sans injonction. Ces Messieurs qui ne s'allendaient pas à celle résistance on! été obligés de s’en relourner, et le publie à pu juger de leur confusion, attendu qu'il leur à fallu envoyer chercher une voilure qu'ils avaient renvoyée, croyant avoir affaire en cet endroit pour longlemps. Quelques heures après, les officiers de cette Cour ont reçu une lettre de cachet portée par des officiers de ville, au refus de ceux du régiment que le commandant avait avertis pour avoir à se rendre au lieu ordinaire de leurs séances, aux jour et heure qui leur seraient assignés à cet effet par leur chef.