Pour cette fois, Bernadau est un bon prophète
2. Cette rentrée triomphale faillit être gâlée par de misérables questions personnelles.
3. Très haut et très puissant seigneur messire Nicolas-Pierre de Pichard, chevalier, baron de Saucats, de Barp et autres lieux, seigneur et haut justicier de Pauillac, Belin, Salles etc..., président à mortier au Parlement de Bordeaux de 1760, propriétaire des premiers crus de Sauternes et de Médoc. Il mourut sur
l'échafaud en 1794.
été publiées aux formes ordinaires les déclarations portant assemblée des États généraux dans le courant de janvier 1789, et reprise des fonclions de la part des ‘officiers de loutes les Cours, et leltres patentes pour la formation de la Chambre des vacations. Les officiers qui doivent en êlre membres n'y sont point désignés, comme dans celles adressées au Parlement de Paris. M. Dudon fils était présent el avail ci-devant fait son réquisitoire; M. l'avocat général civil de Lalande a fait le sien très long et très mal écrit. Après avoir complimenté la Cour, il a conclu à ce qu’elle ordonnât l'enregistrement suivant les termes de la délibération prise hier, les Chambres assemblées. Voici en substance les modificalions apportées aux nouvelles lois, modifications qui ont paru plus sages que celles arrètées par les autres Cours. Le Parlement, persistant dans ses arrêtés du 6, 8 et 9 mai dernier, notamment dans celui d'hier, déclare n’avoir pas eu besoin d’être rétabli dans ses fonclions ; que le procureur général poursuivra les réparalions des délits occasionnés par la promulgation des édits du 8 mai; que la voie de l'appel sera ouverte pour tous les jugements qui n'auraient pas élé rendus dans le cas du dernier ressort conformément aux :vis présidiales ; que tous nos officiers qui n’auront pas prêlé serment devant la Cour resteront sans fonction; que le: roi sera supplié de composer les États généraux d’une manière légale, el de les composer de représentants librement élus par les peuples.
25 octobre. — | Conflit entre le Parlement et la Jurade. Le Parlement demandait communication des registres de Jurade. Les magistrats ont parlé de décréter les jurats|.
26 oclobre. — M. le Premier Président est parti ce matin pour se rendre à l'assemblée des notables fixée à Versailles pour le 3 du suivant. [Il a en sa compagnie M. le président Lynch, son gendre !, pour lequel il a beaucoup d’attachement et qui l’a suivi dans son dernier voyage pour le même objet.
27 octobre. — Tôt après la disgrâce du principal ?, on a enlevé le nom de Brienne gravé sur le marbre aux deux bouts du pont de l'Estey-Majou. Le peuple, qui ne pouvait s’accoutumer à cette nou-
1. Le comte Jean-Baptiste Lynch (1749-1835), gendre de Leberthon, maire de Bordeaux de. 1809 à 1315, livra Bordeaux aux Bourbons en 1814. 2. Brienne, le principal ministre, comme les Anglais disent : « Le premier ».
velle dénomination, lui a substitué celle de Pont-Neuf, et les enthousiastes, celui de Pont de Necker !. Les Toulousains en feront autant au nouveau quai fait par les soins de leur ancien archevêque, dont tout Français désire d'anéantir la mémoire.
7 novembre 1788.— [Arrêt du Parlement pour obliger les jurats à faire remise de leurs registres ?]|.
12 novembre. — [Rentrée du Parlement ; de longs détails].
Depuis la récolte de 1772, jamais le blé ne s'est vendu à un si haut prix.
13 novembre. — La noblesse de Guyenne, qui n'avait pu être admise à siéger hier au Parlement, attendu la solennité de la fête et les conséquences qui pouvaient résulter de cette démarche, a vu ses desseins couronnés aujourd'hui.
15 novembre. — Il se répand dans le public que le Parlement envoya faire des sommations aux jurats de comparoir devant lui et d'apporter les registres de l'Hôtel de Ville. On dit que, sur leur refus, la Cour les a décrélés d’ajournement personnel, et qu’on avise aux moyens de le leur signifier. D'un autre côté, les officiers municipaux appuient leur refus d'un arrêt du Conseil qui défend au Parlement de Bordeaux de s’immiscer en rien dans les affaires de la cité; il n’a pas été possible de trouver aucun huissier qui ait osé signifier le susdit arrêt à Messieurs. Ainsi, des deux côtés, il y a défiance ; la mauvaise foi ne doit pas être éloignée.
16 novembre. — Il y a eu assemblée particulière des notables et conseillers de ville chez les Cordeliers, soit pour délibérer sur l’arrêt rendu hier par le Parlement contre les jurats, soil pour aviser aux moyens à prendre pour assembler le Tiers État de la province qui murmure contre la noblesse, dont elle craint quelque surprise.
18 novembre. — La guerre est réellement déclarée entre le Parlement et les jurals, el ces derniers seront vraisemblement battus, attendu qu'ils sont abandonnés de toute part. Leurs protecteurs auprès du trône ne sont plus, la cité les vilipende, les grands
1. Par un nouveau retour de fortune, c'est le nom de Brienne qui l'emporte de nos jours. Bordeaux a un quai de Brienne, un pont de Brienne, une gare de Brienne, et le même nom sert à désigner tout le quartier.
2. Cf. le dossier de cette affaire dans le carton BB 20, aux Archives communales de Bordeaux. Quarante ans plus tôt, les jurats avaient refusé de communiquer
leurs archives à l'intendant Tourny.
Corps les attaquent armés de toute pièce. Ils font répandre par leurs émissaires qu'ils ont d'anciens édits qui les autorisent à méconnaitre la juridiction de la Cour, et surtout une lettre ministérielle qui les dispense de communiquer les registres de l'Hôtel de Ville à qui que ce soit. Mais ces subterfuges ne tiendront pas contre l'arrêt que le Parlement vient de rendre, Chambres assemblées, qui enjoint aux maire et jurats de Bordeaux d’assembler sous trois jours les notables des trois Ordres de la ville, pour être par eux procédé à la convocation des Cent-Trente, conformément aux lettres patentes du mois de mai 1767.