‹ Les débuts de la Révolution à Bordeaux: d'après les Tablettes manuscrites de Pierre BernadauChapitre 28 sur 47 · Séance du 9, aux Cent-Trente · texte numérisé non relu

Séance du 9, aux Cent-Trente

pectes les intentions de la Noblesse de Guyenne, se sont avisés d'un nouveau moyen pour faire revivre les prétentions d’un quatrième Ordre de la Nation. Ils ont envoyé aux diverses Corporations de la Ville une requête à présenter au roi au nom du Tiers Etat pour lui demander de fixer d’une manière convenable sa représentation aux prochains Étals généraux. Une pareille motion faite par le Commerce pourrait en effet lui servir de recommandation en Cour où l’on croirait qu'il a une grande prépondérance dans Bordeaux. En conséquence, les députés des Corporalions du Tiers État se sont assemblés aujourd’hui dans une salle des Jacobins au nombre de 276 pour délibérer sur la proposition déjà faite. M. Chicou-Bourbon fils ?, chef de la députation de la Chambre de Commerce, y a lu la requête en question, morceau faible, sans couleur et sans raison. M. Laffon de Ladebat fils ?, député de l’Académie des Arts, a obtenu de communiquer un projet de représentation légale des trois Ordres aux États généraux ou particuliers. Son ouvrage, appuyé sur des preuves géométriques fondées sur la population et les impôls, présente des résultats satisfaisants pour le Tiers État, qu’il démontre devoir être convoqué en nombre supérieur à celui qu'on a adopté. On ne peut s'empêcher de convenir avec lui que la justice et la raison seraient d'accord, si les assemblées nationales ou provinciales étaient organisées de cette sorte: un ecclésiastiqne, deux notables et quatre roturiers. Tout l’auditoire fut enchanté de ce mémoire, excepté les négociants. Un parfumeur, nommé Moyse Feuillerade {, l’oracle des marchands, lut ensuite un long sermon patriotique tendant à prouver la nécessité d’avoir le consentement des laboureurs de la sénéchaussée. La Bible, les ordonnances, l’histoire de la mythologie servaient tour à tour d’autorités au lourd dissertateur qui, pour cette fois, ne captiva pas les suffrages. On faillit aussi huer un modèle de requête au roi, fabriquée à l’hôtel des Monnaies et très mal lue par

1. Il en est fait mention dans les registres des corporations dont nous parlons en note un peu plus haut.

2. Chicou-Bourbon également désigné par les maïîtres-chirurgiens dans leur délibération du 19 décembre. À. D., Gir., GC 1702.

3. André Laffon de Ladebat (1746-1829), statisticien et économiste, jouera un assez grand rôle pendant et après la Révolution.

4. Personnage intéressant, quoique assez mal connu, marchand parfumeur, l'un des plus ardents patriotes bordelais de 1789.

M. Peligneau, son juge-garde. A cette espèce de mauvais aloi, en succéda une de M. de Ladebat contenant le précis de son projet précédent. Elle eût mérité la préférence sur toutes les autres, sans sa longueur el son pathos, qualités qui dégradent les productions de cet estimable citoyen. M. Garat ! harangua ensuite longuement l'assemblée pour faire adopter la requête de MM. du Commerce et pour démontrer les défauts des autres. La manière dure et haulaine avec laquelle il apprécia les ouvrages de M. Laffon de Labedat révolta l'assemblée et fit rougir l’auteur, qui le convainquit bientôt après d’ignorance et de mauvaise foi, et l'eût même fait rougir à son tour, si cet avocat n’était pas depuis longtemps insensible à la honte. Il paraît que les avocatsélaient gagnés par les négociants pour séduire le Tiers État et le porter à une démarche qui ne pouvait être utile qu’à ceux-ci. Presque tous les délibérants votèrent pour admetlre la requête du Commerce avec les modifications indiquées principalement par les-notaires, et d’y joindre le mémoire de M. de Ladebat. Celui-ci pria instamment l'assemblée de lui donner des adjoints pour y faire quelques corrections, dont la nécessité l'avait frappé du moment qu’on l'avait adopté. MM. Chicou-Boubon et Serse ? négociants, maîtres Garat et Lumière avocats et M. Mercier de Terrefort, député des bourgeois vivant noblement, ont été chargés de rapporter, dûment corrigé, ce travail à la prochaine assemblée où seraient élus 12 députés pourleprésenterincessammentauroi. C’est danscescomices populaires que nous avons pris une idée toute particulière des lumières du Tiers État que l’on nous dit si instruit. Nous l'avons vu au contraire très bavard et très irrésolu. Les connaissances qu'il a été à même de puiser dans les écrits que les affaires présentes ont fait éclore sont d'autant plus vagues qu’elles ne sont fondées $ur aucun principe. Il a beaucoup lu, voilà le mal. Tous ces divers systèmes ont dérangé sa cervelle, et son jugement a souffert de cette confusion d'idées vagues. Ce n’est pas ce qu’on mange qui nourrit, mais ce qu'on digère.

1. Dominique Garat l’ainé (1735-1799, professeur de philosophie et avocat, devait représenter le pays de Labour à la Constituante, dont il fut l'un des secrétaires.

2. Serse ou Sers, négociant armateur, devait être élu à l'Assemblée législative ; un des chefs du parti protestant,

13 décembre. — Nos prud'hommes commencent à se ralentir. Ils ont quitté le conclave à 9 heures et n'y ont guère travaillé.

15 décembre. — Les négociants sont parvenus à faire agréer leur projet de dépulation du Tiers État auprès du Trône. Ils ont eu la générosité d'offrir de payer leur voyage à ceux des députés dont la Corporation ne pourrait pas la supporter. On les a remerciés de leurs offres. Les 12 envoyés doivent partir dans la semaine, Voici leurs noms : MM. Garal el Monnerie, avocats; Chicou-Bourbon et P. Nairac !, négociants; Mercier de Terrefort, bourgeois; G. Sé- Journé, notaire ?; Lapeyre, chirurgien: Alphonse, apothicaire ?; Lanusse, procureur au Parlement, et Monnerie au sénéchal; Coureau. forgeron ; Burguet, charpentier { Ceux qui réunirent beaucoup de suffrages sont MM. Saige, Ladebat, Serse, Feuillerade et Duvigneau. Celte députation est composée de gens très compétents, mais on la regarde comme inulile, attendu le travail arrêlé par les Notables. Lorsqu'elle sera de retour, on imprimera le mémoire présenté avec le délail de sa réception.

19 décembre 5. — [Les bourgeois vivant noblement demandent leur admission aux Cent-Trente|.

[Les Cent-Trente refusent d'admettre les curés de la ville à leurs séances. Ils se réservent pour le cas des bourgeois vivant noblement|.

22 décembre. — Assemblée de la Noblesse de la ville chez les Jacobins 6, pour procéder à l'examen des observations communiquées à leurs 16 commissaires par la Noblesse de diverses sénéchaussées. Le patriotisme des campagnards a été plus actif que celui des citadins. On espère que le projet des États provinciaux va être publié dans une meilleure forme, avec des invitations à tout citoyen de vouloir joindre ses lumières à celles des gentils-

1. Délégué de la Chambre de Commerce, président de la Société philanthropique, membre de la Constituante, un des chefs du parti protestant.

2. Sur Séjourné, voir les articles de M. Goyetche, parus dans la Revue philomathique, année 1916.

3. Louis Alphonse (1743-1820), pharmacien chimiste, patriote ardent.

4. Le registre tenu par ces députés nous a été communiqué par un arrière-petitfils de Nairac. Il distingue Monnerie le jeune et Monnerie l'aîné. Ce document, qui n’est pas très long, mériterait d’être publié.

5. A signaler ici une anomalie dans la pagination des Tablettes. On passe de Ja page 439 à la page 450.

6. Les Dominicains qui avaient leur couvent sur la place du Chapelet, toute proche des Allées de Tourny.

hommes qui s'occupent de l’organisation de nos anciens États sous l'impulsion du contrôleur général.

3 décembre. — [Un pamphlet a pour litre : La Jurade Bordelaise aux prises avec le Parlement. La Jurade prétend y démontrer qu'elle est indépendante du Parlement}.

Nous sommes convaincus de son indépendance, mais nous voyons avec plaisir les deux Pouvoirs se choquer pour reprendre ensuite leur véritable place, dont ils ne sortent jamais qu’au détriment de la chose commune. La meilleure horloge se dérange à la longue et la Jurade est une patraque qui à trop souvent besoin d'être réglée, pour qu'on n’en doive pas à l’horloger qui se us de la réparer, même sans en être prié.

24 décembre. — Tout le monde veut dire un mot sur les Élats généraux et ce qui est plus singulier, c’est qu’on n'entend encore là-dessus que des choses (rès communes. Le peuple liseur dévore tout ce rabachage, vendu d’ailleurs à un très haut prix. M. Pouget, avocat renommé pour la consulte, vient de nous régaler d’un petit pamphlet intitulé : Réflexions d'un citoyen sur la prochaine Assemblée des Élats généraux, et ce régal est un hachis de lieux communs mal accommodés.

[A l’occasion de la Messe de Minuit, Bernadau remarqne que les églises sont de plus en plus désertes!.

26 décembre. — Ilest de fait que les jurats ont obtenu leurs démissions.

29 décembre. — Thermomètre 13°-0; Bar. 28 p. 2 lignes. — O.N.E., couvert !. Le bois de chauffage est d’une cherté et d’une rareté si grandes, que la police a cru devoir en fixer la taxe. On a mis la büche à 27 I. le cent, les souches à 36 I. le tonneau, et le cent de faissonnats à 60 livres. 11 serait à désirer que la magistrature réglât tous les jours le prix de tous les objets de consommation d'après leur qualité et quantité, afin que les acheteurs ne fussent pas à la merci des fripons.

30 décembre. — [Élection de nouveaux officiers municipaux. Les

1. Unsieur Jadouin, de Libourne, écrivait alors aux jurats qu’il devait interrompre les envois de farine, étant donné que la Dordogne et la Garonne étaient entièrement prises par les glaces. A. C., Bordeaux, BB, 1786-1789, registre de correspondance, lettre du 5 janvier 1789.

officiers en exercice auraient choisi les électeurs parmi les notables à leur dévotion.]

31 décembre. — Le vieux baron de Secondat ! a communiqué à l'assemblée des gentilshommes de la sénéchaussée un mémoire qui à fait d'autant plus de plaisir que tous les privilèges que la noblesse s'arroge exclusivement y sont soutenus et discutés avec beaucoup de force. On ne doit pas être surpris de voir le fils de Montesquieu payer ainsi le tribut aux plus odieux préjugés de son élat, puisque l’immortel auteur de l'Esprit a eu sur les fiefs des opinions si peu dignes de lui, et qu'on sait que, lorsqu'il s'agissait des droits de la Noblesse, le philosophe déraisonnait aussi complètement que le plus piètre gentillâtre de campagne ?. Aussi les descendants sont-ils dignes de lui à cet égard. Ils ne souffrent pas que leurs vassaux se permettent rien de ce qui pourrait attenter à leurs droits de seigneurs, qu'ils regardent comme une propriété la plus respectable et dont la perte ou le mépris pourrait compromettre la constitution française.

[Assez longs détails sur les travaux du port.]

On ne s’est occupé dans le courant de cette année à Bordeaux que des discussions parlementaires, c'est-à-dire de la nécessité de réprimer le pouvoir absolu du ministère qui voudrait faire dégénérer la monarchie en despotisme. Pour cela, on avait imaginé des États provinciaux, comme une restauration, tandis qu'il n’y en a jamais eu dans cette province. C’est la Noblesse qui avait accouché de cette idée, parce qu’elle espérait en profiter. Le Clergé entrait dans ses vues ; mais le Tiers-État ne paraissait pas beaucoup s'en soucier, parce qu'il devait jouer un rôle subalterne dans cet établissement. 9

Il a été également question de l'Assemblée des Cent-Trente, dont le Parlement faisait demander la convocation par ses parlisans, afin que cette petite assemblée sollicitât du roi la réintégration

de cette Cour à Bordeaux.

1. Jean-Baptiste de Secondat de Montesquieu (1716-1796), agronome et naturaliste, :

2. Après l'étude que nous avons faite des rapports de Tourny et de Montesquieu, nous ne pouvons infirmer le jugement de Bernadau. Nous avons trouvé que Montesquieu, en tant que membre du Parlement, propriétaire foncier et viticulteur, se montrait aussi exclusif que ses autres collègues sur la question de ses

prérogatives et de ses prétendus droits.

Au reste, l'état du commerce et de l'agricullure a été très prospère, el toutes les classes d'habilants s'en sont ressenties, à en juger par le grand nombre de maisons qu'on à bâties, particulièrement dans les faubourgs des Chartrons, de Saint-Seurin, des Marais ! el de Sainte-Eulalie.

? janvier 1789. — Les prêtres ne sont bons qu'à brouiller tou à. Ceux de Bordeaux avaient nommé deux commissaires pour l'examen du projet des Élats de Guyenne et s'élaient rassemblés en conséquence à diverses fois à ce sujet. Aujourd'hui, fâchés que la Noblesse ne les ait pas admis à ses assemblées, ïls ont protestè contre lout ce qu'elle fera ou à pu faire, et ont envoyé dans tout le diocèse copie de l'acte, avec une lettre circulaire pour inviter tout ecclésiastique à imiter le clergé de la métropole.

3 janvier. — Le Tiers État de Villeneuve d'Agen, assemblé dans l'hôtel commun de cette ville aux formes ordinaires, à pris une délibéralion pour arrêter un mémoire à présenter au roi par leurs consuls pour demander le rétablissement des États de la province de Guyenne. L'assemblée, composée des officiers municipaux, principaux habitants el députés des Corporalions de la Communauté, demande que l'organisation des États parliculiers sera telle que le Tiers Élat y aura un nombre de représentants égal à celui des deux autres Ordres réunis; que les trois Ordres délibéreront ensemble ; que les suffrages ÿ seront comptés par tête; que lesdits Élals de Guyenne seront sanctionnés par la Nation assemblée; qu'ils ne pourront procéder à la réparlilion d'aucun subside qui n'aurait pas élé consenti par les États généraux. Cette délibération est précédée du discours de M. de Meydieu qui fait honneur au zèle et aux lumières de ce magistrat. Toutes les municipalités de la province se rassemblent pour hâter l'exécution des projets tendant au bien général; celle de Bordeaux garde seule un silence perfide dans celte crise de patriotisme. Cependant on a l'air de s'agiter dans nos murs. Mais pendant que les têtes fermentent, les cœurs restent froids.

» Janvier. — Le procureur général s'est transporté aujourd'hui à l'hôtel commun, pour aviser avec la municipalité à la sureté et à

1. Les marais de la Chartreuse entre Saint-Seurin et Sainte-Eulalie.

2. Quelles qu'aient été les variations de Bernadau: il semble être resté croyant. mais il se montre anticlérical.

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LA PUÉPAUATION Dee Érars Gésbnaux 15

l'approvisionnement de la ville, On à mandé les syndics des boulangers, des charcutiers «4 des bouchers. Ceux-ci ont eu ordre d'aller acheter du bétail, afin de garnir le marché de comestibles eLsurlout de bœuf, dont on manque depuis quelques jours, D'aprés l'état des greniers, il y à des provisions en ville pour un mois. Cependant les boulaugers ont eu ordre de faire moudre autant qu'il serait possible, Les charretiers sont chargés de voiturer le bois qui se trouve dans les environs, Les jurats ont fait savoir aux lenanciers des seigueuries de la ville’ de faire transporter à Bordeaux, incessamment, les provisions qui ne leur sont pas nécessaires,

6 janvier, — 1 n'y a que le premier pas qui coûte. L'impunité qui avail suisi Le vol de bois fait 4 la Chartreuse 4 engagé Va canaille à achever de dévaster la grande aubaréde et à se répandre ensuile dans les possessions de divers particuliers qu'on 4 ravagées sous prélexle de manque absolu de bois, Cependant les aumônes sont trés shondsntes ei l'on distribue, par toute la ville,

des secours de toute espèce, Mais l'esprit de rapine conduisait les

dévastateurs; Ms ne cherchaient pas du bois nécessaire à leurs besoins, mais à leur licence et 5 leurs plaisirs. Ce n'était qu'une troupe de compagnons de divers métiers qui voulaient de V'argent pour aller au cabaret, On les à entendus, dans leurs excès, dire qu'il ne fallait pas s'arréter aux arbres des Chartreux, mais qu'il fallait forcer le couvent et s'emparer du trésor. Les bons Pères avaient raison de craindre, Îs priérent le commandant de faire marcher les troupes pour mellre en fuite ces brigands, 1] refusa prudemssent de peur d'irriter par l'appareil de la violence une foule de séditieux préis à se porter aux plus grands excès. 1] les consola par ces paroles : oportel unum mori pro Populo. Maïs les moines, qui ne se soucient pas d'être spoliés pour le repos des Bordelais, 2Mérent demander du secours à la police qui leur envoya deux brigades de guet à cheval, non pour arréter les voleurs, mais pour empêcher qu'ils ne franchissent les murs du couvent, 1 se rendit en outre beaucoup d’espions sur les lieux pour noler les chefs d'émeute et s'assurer de leurs projets. On se

3, Ces séhgneuries étaient su nossbre de quatre, comité d'Orson, baronnie de Vesriues, prévéhé d'Eysines et petite prévôté d'Entre-deux-Mers.

borna à la grande aubarède. Tous les saules et les tilleuls en ont été coupés. Un voyait des ouvriers au pied d’un arbre en proposer la vente et l'abattre dès que le marché leur convenait. Des personnes d'un extérieur aisé étaient vendeurs et acheteurs. On trafiquait dans cette terre étrangère avec autant de sécurité qu'au marché, el les marchandises étaient enlevées sans nulle opposition. Il est vrai que, sur le soir, on s'avisa d'arrêter aux portes de la ville ceux qui les portaient.

Pareil dégât s’est fait dans les alentours de la ville. Si l’on ne punit pas quelques-uns des principaux malfaiteurs, nous avons à redouter les horreurs d’une révolte générale. Dans les hivers les plus rigoureux, le peuple ne s’est jamais porté à d'aussi coupables excès. Le besoin justifie les crimes, mais ici le crime surpasse les besoins. Ne serait-ce pas l'interprétation aveugle des mots de Liberté publique et d'Égalité qui retentissent de toutes parts, qui auraient aliéné la raison des petits, qui croient qu'écraser les grands, c’est reprendre ses droits naturels, et rétablir l'ordre politique de la Société? Les extrêmes se touchent.

7 janvier. — | Demande formée par le collège des médecins en vue d'être admis à l'assemblée des Cent-Trente; cette requête n'est pas admise !, — A propos des dévastations ds l’aubarède de Ia Chartreuse

l'ordre est donné aux Compagnies bourgeoises de se Lenir prêtes pour prendre les armes en cas d’émeule, au premier signal} ?.

10 janvier. — Le mépris pour les règlements de police égale celui de l'humanité, On vend le bois ce qu'on peut et le nombre des acheteurs favorise la basse cupidité des marchands. De pauvres gens ont payé Jusqu'à 20 sous un faissonnat. Ce n’est pas qu'il en manque dans les magasins, mais on a l'adresse de n’en faire sortir successivement qu'en petite quantité. S

Il janvier. — La glace est d’une force étonnante sur cette rivière. Devant Bordeaux on y a patiné plusieurs jours, vu son épaisseur et son étendue qui ne laisse à découvert que le milieu des eaux où le courant est violent. A trois lieues d'ici, elle est

‘ 1. Dans leur séance du 7 janvier, les Cent-Trente, priés d'intervenir dans l'affaire de la Chartreuse, avaient déclaré s’en remettre aux soins des jurats pour assurer la tranquillité publique. En même temps. ils les avaient invités à ouvrir des ateliers de charité.

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