Le Lycée littéraire, le Muséum d'instruction publique
moins peur, sans qu'il devienne encore bien sympathique. I] prend les traits de l'homme de loi et de l’homme de lettres, plutôt distant de la foule. I n’en est plus à faire l'apologie de la dénonciation : il se rétracte : « Les hommes à dénonciation sont connus, dit-il, comme s'il parlait de lui-même. Aueun particulier honnête ne les fréquente, ni ne les emploie. Laissons-les mourir dans l’opprobre ou même le repentir, s'ils en sont susceptibles ?». Dans ces conditions, Bernadau est mür pour le royalisme, tel qu'on l’entendait au temps du Consulat. Quand il voit son nom figurer sur une liste de royalistes, il se contente de noter : « Je ne sais par quel hasard mon nom s'y trouve ; mais je dois d'autant moins m'en fâcher, qu’il est accolé à celui des principaux fonctionnaires » ?. Ces fonctionnaires lui firent confiance et lui demandèrent son concours. Les frères des écoles chrétiennes le convièrent à leurs cérémonies. L'Académie ne l’admit point dans son sein, mais l'opinion ne lui fut pas autrement impitoyable.
La postérité est revenue sur le Bernadau redoutable de 1791. Elle lui a fait son procès, quand il s’est agi de donner son nom à une rue de Bordeaux *. Elle lui a dénié cet honneur.
Quant à nous, il nous a suffi d'évoquer la figure qu'il s'est composée et le rôle qu'il a joué au cours de la Révolution. Cette figure etce rôle devaient nous être connus, pour que nous puissions apprécier la valeur de la contribution qu'il a apportée à l'histoire de cette époque.
La Contribution de Bernadau à l’histoire de la Révolution
Bernadau, il faut lui rendre celte justice, a été un infatigable travailleur. C'est par là qu'il s'impose, en dépit de ses détresses morales, non seulement à notre attention, mais encore à notre admiralion, et même à notre reconnaissance.
1. Bernadau, Tableties manuscriles, t. VIII, 5 octobre 1803. 2. Bernadau, T'ablelles manuscriles, t. VIII. 29 octobre 1803. 3. La question se posa en 1866, comme l'indique Vivie, et de nouveau, en 1905. comme l'indique un article de Jacques Curieux paru le 7 janvier 1905,
dans le journal « Le Nouvelliste »,