I ne s'agissait que d'un héritage contesté
4 Les candidats aux nouvelles charges judiciaires devaient avoir été reçus avocats.]
Cane
l'Assemblée nationale !. En conséquence, ils se concertent dans toutes les villes de France pour faire réussir leurs projets. Tous les propriélaires de biens dans les colonies françaises de l'Amérique, résidant à Bordeaux, se sont déjà assemblés plusieurs fois à cet effet dans le couvent des Jacobins.
10 septembre. — Pour s'opposer avec plus d’efficace aux demandes des colons américains à l'Assemblée nationale, le Commerce de Bordeaux n'a pas cru devoir se borner à deux orateurs. Il vient de leur nommer deux collègues qui sont MM. Marchand et Béchade ?. Ces nouveaux députés parlent avec la plus grande confiance dans leurs ressources. Le temps nous apprendra s'ils sont fondés en prétentions.
[A propos d'une injure qu'il décoche à Duras, Bernadau note qu'il n'est bruil que des milices patrioliques.!
IL septembre. — Il y a eu de grands débats au Parlement pour savoir si l'on liendrait la Chambre de retenue jusqu'à la Saint- Martin. C'était l'avis de M. Dangeard, le président en pied, bonhomme et grand travailleur. On ne l’a point adopté. Il tarde à chacun de ces Messieurs de se dérober aux humiliations qui les accablent depuis 8 mois, sans qu'ils y aient donné lieu. De toutes les Cours, c'est celle qui s'est le moins mêlée d’affaires publiques {. Mais il est de mode de crier au Robinocrate.
13 septembre. — Un patriote anonyme avait imprimé une adresse aux Électeurs de la ville pour les inviter à donner les premiers l'exemple du patriotisme, en mettant à exécution le projet des Tourangeaux pour recevoir au moins un écu de la part de chaque citoyen pour le secours de l'État, lorsque ces 90 démagogues ont publié un arrêté par lequel ils adoptent l'idée fournie d'un don patriotique, auquel les membres des corporalions, régiments, communautés religieuses et séculières de toute la sénéchaussée sont invités d'avoir égard, suivant le prospectus qui
1. Cf. le compte-rendu de la séance du 31 août, au Moniteur, t. If, p. 402.
2. À. D., Gir.. C 4259, 10 septembre 1789, délibération de la Chambre de Commerce.
3. Chambre de retenue, dans le sens de Chambre des vacations.
4. Nous surprenons Bernadau en flagrant délit de contradiction. Que de fois a-til insisté sur le rôle politique du Parlement de Bordeaux, qu'il louait mème de stimuler le Parlement de Paris.
leur en sera adressé, et sur lequel il leur est loisible de s'inscrire pour la somme qu'ils compteront, déclarant s'ils veulent que leur contribution soit annoncée sur la liste des contribuables qu’on en donnera au public, à l'effet d’exciter le patriotisme plus efficacement.
14 septembre. — Lors de la bénédiction du drapeau de Saint- Rémi, le curé de cette paroisse reçut un acte de la part de celui de Saint-Seurin qui avait l'air de se formaliser qu'on fit cette cérémonie dans son territoire, sans sa permission. Ces messieurs n'iront cerlainement pas plus avant dans leurs débats, et le pouvoir militaire, devant lequel tout fléchit, saura bien leur en imposer.
15 septembre. — Certains démocrates, qui aiment le bien général presqu'aulant que le bien particulier, ont provoqué par affiches une assemblée aux Jacobins où il a été question de la nécessité de suivre l'exemple des habitants de Rennes qui ont nommément déclaré à l’Assemblée nalionale que toute concession du velo au roi leur déplaisait. Dans le conciliabule bordelais, un politique de calé a monté en chaire pour proposer s'il ne convenait pas de faire une dépulation aux Électeurs des communes de Bordeaux pour les inviter d'assembler incessamment les citoyens pour prendre leur vœu à cet égard, et le transmettre à l'Assemblée nationale. On l’a approuvé, il ne s'agissait que du modé de convocation. Ceux qui voulaient qu'on assemblât ies régiments patriotiques pour faire connaître leurs intentions au général ont été mal reçus. Ce qui prouve que le pouvoir militaire commence à baisser. On s’est ajourné à demain pour prendre un arrêté définitif d'après les nouvelles de Versailles.
16 septembre.— [Grand succès de scandale remporté par les Mémoires Justificatifs de Madame de Lamothe !. La reine et le cardinal de Rohan y sont mis en cause.]
Le comité démocralique des Nonantes ? a élé fort scandalisé de l’arrêt fort sage du Parlement par lequel il élait défendu aux négociants de charger au-delà d'un baril de minot par tonneau de
. 1. La comtesse de Lamothe que rendit si tristement célèbre l'affaire du collier en 1787, L 2. Les 90 Électeurs.
LES SUITES pu 14 Juizzer 93
leurs navires, jusqu'en avril prochain. Ces Messieurs s'imaginent que la puissance législatrice el exécutrice repose uniquement dans leurs mains. Ne s'apercevra-t-on pas enfin de l’incompétence d'un tribunal si bizarrement organisé?
17 septembre. — Les plébéiens ennemis de tout velo se rassembièrent hier dans l’église des Jacobins, et, après la démocratique - et indécente harangue d’un sieur Senet, on nomma par acclamaions 14 députés vers les Nonantes pour les inviter à faire une adresse aux Élats-généraux en opposition au décret national pour le veto accordé au roi; le comte de Flavigny était à la têle de celte ridicule ambassade composée d'arlisans, de laquais et de chevaliers d'industrie. Arrivés à l'hôtel-de-ville, ils trouvèrent le duc de Duras parmi les Électeurs qui accueillirent froidement cette députation, en disant de laisser leur cahier sur lequel on délibérerait. Aujourd'hui, comme le chef de l'ambassade élait en chaire aux Jacobins pour rendre compte de sa mission, un sieur Roux, architecte et bel esprit, lui a crié que c'était à tort qu'il se disait dépulé par les citoyens de Bordeaux, que presque tous ceux qui l'avaient aommé hier le désavouaient en ce moment. Et tout le monde d'applaudir. Il paraît que le général, qui est ennemi déclaré de M. Flavigny, lui a fait jouer ce tour. Car le pouvoir militaire et tous ceux que l’on ose qualifier de représentants de la cité se sont ligués avec le duc de Duras qui exerce dans cette ville un despotisme contre lequel il n’est pas possible de réclamer sans danger.
Le nombre des malades de l'hôpital Saint-André est si grand qu'on a été obligé d'établir des lits dans son église.
18 septembre.— Les Nonantes aristocrates l se sont assemblés aujourd'hui pour délibérer sur la conduite du comte de Flavigny que le duc de Duras voudrait perdre par quelque coup de Jarnac. Il n’est question dé rien moins que de le dénoncer au grand prévôt comme perturbateur du repos public. Qu'on juge du degré de raison et de liberté dont jouissent les Bordelais dans ces circons-
tances.
19 septembre. — Deux procès à l’occasion des milices patriotiques ont occupé aujourd'hui le Parlement. Dans l'un, il s'agissait