‹ Les débuts de la Révolution à Bordeaux: d'après les Tablettes manuscrites de Pierre BernadauChapitre 7 sur 47 · Bernadau, T'ablelles manuscriles,t. VI, 22 juin · texte numérisé non relu

Bernadau, T'ablelles manuscriles,t. VI, 22 juin

texte, longtemps après, lorsqu'il s’est relu. Nous constatons, tant dans l'écriture que dans le style, certains changements d'un cahier à l’autre Nous remarquons enfin que l'auteur a laissé quelquefois des blancs dans son texte, ce qui ferait croire qu'il comptait sur des renseignements ultérieurs pour combler les lacunes, pour compléter sa première information. Mais avec tout cela, nous ne trouvons encore pas la preuve que l’auteur ait composé à deux reprises, même le début de son récit. Au contraire, nous croyons pouvoir reconnaître, sinon dans l'écriture, du moins dans le style de l’annaliste et dans la façon de noter ses observations, un progrès sensible et continu qui se suit de mois en mois, et d'année en année.

Dans ces conditions nous sommes amené à conclure que les Tablettes ont dù être rédigées d'après des notes. Jusqu'à preuve du contraire, nous ne pensons pas que Bernadau ait détruit son manuscrit en 1793. Nous admettons qu’on le lui a soustrait en 1789, mais qu’on lui a laissé ses notes, surtout celles qui n'étaient pas de nature à le faire incriminer. Un pareil homme devait disposer de plus d’une cachette.

Quoi qu'il en soit, la lecture des Tablettes reste extrêmement altachante. On y trouve bien d'autres renseignements que ceux des journaux de l’époque et on y rencontre aussi des relations autrement vivantes que celles des documents officiels. Bernadau y ajoute toutes ses impressions personnelles ; il rapporte, comme il l'annonce dans sa préface, ce qu'il a fait, ce qu'il a vu, ce qu'il à entendu et ce qu'il a pensé. : |

C'est ce qui fait l'intérêt des Tablettes et c'est cela aussi qui en constitue le danger. Le témoignage de l’annaliste peut déformer les faits, surtout quand cet annaliste est un Bernadau, homme public, surveillant et dénonciateur. On comprend que tous ceux qui ont écrit sur la Révolution à Bordeaux n'aient pas pu s'empécher de glaner dans ses Tablettes; mais on comprend aussi qu'ils hésitent à l'avouer, qu'ils soient gênés, comme s'ils se sentaient en mauvaise compagnie, de peur qu'on leur reproche leurs emprunts.

Il est si facile de trouver des erreurs dans Bernadau! C’est un plaisir que l’on peut se donner à bon compte. Des études entières ont été composées pour réfuter les témoignages de l’annaliste, de

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