‹ Les débuts de la Révolution en Provence, 24 janvier, 1789-30 september, 1791Chapitre 106 sur 155 · LES CHAPITRES DE RIEZ ET DE GLANDÈVES · texte numérisé non relu

LES CHAPITRES DE RIEZ ET DE GLANDÈVES

à cette situation désastreuse que, pour 1787 et 1788, il leur avait accordé 4.500 livres de subvention.

Le chapitre de Riez a étalé aux yeux du Département des Basses-Alpes toutes ses misères. Que faire pour les guérir? Il est avéré qu'il lui est impossible d'acquitter les charges assises sur la récolte de 1789, comme par exemple les distributions en blé et en vin à quinze bénéfîciers ; plus impossible encore de faire les avances des charges qui portent sur la récolte de 1790, comme les congrues des curés et les rétributions des vicaires. Or, que se passet-il ? Les curés et vicaires, appuyés par les municipaux de leurs villages et qui soupçonnent la mauvaise volonté de leurs débiteurs, envoient au chapitre huissiers sur huissiers. Les bénéfîciers et autres créanciers de la manse en font autant. Les infortunés chanoines sont donc dans Talternative ou de laisser vendre à l'encan « leurs meubles et vête- « ments, toutes choses nécessaires à la vie, ou de cesser le c( service divin ». S'il faut en venir à cette dure extrémité, les titulaires se disperseront : chanoines, bénéfîciers vont mourir de faim.

Le chapitre de Glandèves fait entendre les mêmes cris de détresse (i). Le 3 juillet 1790, « à la nouvelle de sa « suppression », il écrit sa douleur à l'Assemblée Nationale. Ici la question d'argent est franchement abordée. On sent à travers les réticences d'usage que les chanoines ne tiendront pas trop rigueur à la constitution ; que même ils recevront fort bien l'Evêque si on leur conserve leur pain. C'est une question de justice. Les seize prébendes canoniales de cette cathédrale sont d'un produit très-modique et toutes inégales, car les statuts du chapitre appellent successivement « tous les individus aux meilleures prébendes « par le droit d'option selon le rang d'ancienneté ». Ils réclament donc l'équité de l'Assemblée Nationale afin que leur traitement ne soit pas fixé selon le revenu dont cha-

(1) Arch. Nat. D xix, 27.

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cun d'eux jouit à ctrtte heure, mais selon celui auquel il aurait droit de prétendre en qualité de chanoine. « Ne serait- « il pas dur de fixer irrévocablement à 60, 100 ou 200 « livres, des ecclésiastiques qui, dans l'espoir de parvenir « aux meilleures prébendes, se sont dévoués au service de € leur église avec tout le zèle dont ils sont capables? » Le chapitre de Barjols ( 1 )fait entendre aussi sesplaintes; encore est-ce lui le moins pauvre. Pour 2^ personnes, i prévôt» 10 chanoines, 10 bénéîlciers, i curé et i sacristain, il perçoit 22.5»oo livres de revenu.

De toutes ces doléances il résulte ceci : Topposition des chapitres cathédraux aux Evêques constitutionnels Retiendra pas, malgré les efforts tentés par leurs prédécesseurs, si la nation leur assure une vie tranquille et des rentes modiques. A plus forte raison ne fera-t-elle pas d*adeptes dans le conseil nouveau que TEvêque doit former et qui a pour mission de le diriger dans le gouvernement de son diocèse. Peut-être la trouverons-nous ailleurs, chez les prêtres de paroisses ou chez les moines supprimés.

Le mot d'ordre donné par les ecclésiastiques, membres de l'Assemblée Nationale, e résistance à la constitution», a d'abord été suivi par les prêtres avec une remarquable docilité. Le Directoire du Département des Basses-Alpes c voulant « réprimer la licence affreuse des prêtres réfractaires à la « loi du 26 décembre 1790 » ordonne de fermer les églises où « ne se font entendre que les non-conformistes ». Au lieu de se décourager, les réfractaires redoublent d'énergie. A Sisteron (2), « ils courent les maisons et les rues pour « calomnier la loi, les législateurs et prêtres qui ont prêté

(1 Arch. Nat. D xix, 27.

{2) Arch. Nat. D xxix, 1, 10 août 1791.

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