CHAPITRE III
Division de la Provence en Départements
ET Districts
I. — Division naturelle de la Provence en 4 parties. — Le Comité de Division demande l'avis des députés. — C'est une faute. — Le vote. — Les Députés d'Aix veulent un seul département ; ceux de Marseille aussi. — L'Assemblée Nationale décide qu'il y en aura trois. — • Draguignan et Grasse seront-elles réunies au département du Nord 7
— Chimère de ce plan. — Difficultés de placer Marseille à l'Ouest ou à TEst. — On décide qu'elle appartiendra au département de l'Ouest. — Qui aura le chef-lieu ? — Vote des Députés. — Marseille est choisie. — L'Assemblée Nationale annule cette décision. — Aix l'emporte.
[I. — Les Districts dans les Bouches-du-Rhône. — Avidité de Bouche. — Il adjuge Aubagne à Aix. — Plaintes d'Aubagne. — Etendue énorme du district d'Aix. — Effets malencontreux des efforts de Bouche.
m. — Le Département du Var. — Il est facilement délimité. — Difficultés pour trouver une ville centrale. — Une seule route et mal entretenue. — Il y aura neuf districts. — Le chef-lieu? — Plaintes de Grasse, de Draguignan, de Lorgues. — Gossin soutient Toulon. — Toulon, chef-lieu du département.
IV. — Critique de la répartition des districts. — Leur inégalité.
— Le Directoire du Département présente un nouveau projet de division. — Sa discussion. — Six, cinq ou quatre districts ? — Adoption du projet qui comporte quatre districts.
V. — Le Département des Basses-Alpes. — Sa situation. — L'État obligé d'intervenir pour le faire vivre.
VI. — Peu de difficultés pour le chef-lieu. — Digne est choisie mais provisoirement. — A qui reviendra le district du Sud-Est ? — Pourquoi Castellane est choisie ? — Le Directoire du Département demande une nouvelle répartition des districts.
A ne considérer que son aspect topographique, la Provence a été partagée par la nature en quatre parties inégales. Les cours inférieurs du Verdon et de la Durance forment comme une barrière entre les pays du midi et ceux du nord. Le cours moyen de la Durance qui coule en verticale dans la première région la sépare encore en deux parties : à l'ouest, la contrée d'Apt, absolument isolée, serrée entre le fleuve et le comtat Venaissin ; à Test, la région enclavée entre le fleuve et les Alpes. Si on prolongeait par la pensée la Durance en ligne droite depuis Manosque et qu'au lieu d'obliquer à l'ouest, ce fleuve continuât à descendre vers le sud jusqu'à la mer, on aurait alors la véritable division du pays : une troisième partie correspondant à la première, située au-dessous d'Apt et du Comtat avec le Rhône et la mer pour limites, et comprenant Arles, Aix et Marseille; enfin, la dernière à l'est jusqu'au Var, alors limite extrême du royaume.
Si le Comité de Constitution n'avait retenu comme guide de ses décisions « que la localité des villes »j il paraît probable qu'il eût adopté cette division naturelle et donné à la Provence quatre départements. Mais avant de s'arrêter à un parti ferme, il convoqua tous les députés provençaux et leur demanda leur avis.
Pris dans leur ensemble, les députés qui composent l'Assemblée nationale sont certainement tout disposés à faire prévaloir dans cette nouvelle division du royaume la stricte équité, c'est-à-dire à ne point priver une ville populeuse ou industrielle des avantages administratifs auxquels elle a droit pour en honorer un bourg sans importance, mais qui a eu l'heureuse fortune de donner le jour à un personnage influent. Les représentants bretons se soucient médiocrement au fond de savoir si Digne sera chef-lieu des Basses-Alpes, si Apt fera partie du département du sud ou