LES ABGUMEXTS DB GOSSIN
€ nécessiteraient les préposés en sous-ordre pour les € surveiller (i) >. La requête de Grasse fut donc rejetée.
Qui aurait la préférence, de Brignoles, de Draguignan ou de Toulon? — Brignoles, sans être aussi central que Draguignan, était plus avantageusement situé parce qu'il se trouvait plus près c de la grande population ». D'ailleurs, si on envisageait seulement la question de la centralité, c'était Lorgnes qu'il fallait choisir, Lorgues, ancien cheflieu de Viguerie, désigné par les députes du département de TEst comme chef-lieu de district par onze voix contre une, et que le Comité de Division et après lui l'Assemblée Nationale avaient dépouillé au profit de Fréjus, parce qu'il y avait « dans le Comité non pas un député de Provence, « mais un membre originaire de cette dernière ville (2) ».
Mais, arguait Gossin, l'Assemblée Nationale avait en général placé les sièges des corps administratifs dans le centre des affaires et non dans celui du territoire, m Elle les « avait placés là où se trouvaient le plus d'hommes c instruits, le plus d'habitude des grandes transactions, « des grandes difficultés ». A ce point de vue, des motifs importants militaient en faveur de Toulon. Toulon avait 30.000 habitants. A Toulon <( se versaient et se consom- « maient chaque année en dépenses publiques les revenus « de dix années de toute la Provence. A Toulon enfin se « réunissaient tous les moyens de sûreté, de défense et <t d'attaque de nos côtes méditerranéennes ». Gossin concluait que les centres d'activité et de lumière sont nécessaires pour élaborer le patriotisme, (quel dommage qu'il ne s'en fût pas rappelé lors de la discussion précédente sur les Bouches-du-Rhône !); que les petits théâtres rétrécissent les esprits et les vues ; que Toulon avait en sa faveur les adhésions de Saint-Tropez, du Luc, de Lorgues, en
(1) Arch. Nat. A D. xvi, 78. Opinion de Milet de Mureau, député de Toulon.
(2) Arch, Nat. D. IV bî» 5, Doléances de Lorgues.
haine de Draguignan, de Brignoles, d'Antibes et de Saint- Maximin ; que d'ailleurs c'était assez d'avantages pour les villes chefs-lieux de districts dans le Var de recevoir alternativement rassemblée des administrateurs ; que les administrés pèseraient dans la suite la bonté de cette disposition et que l'expérience la ferait juger.
Le procès était terminé. Lombard de Taradeau, par acquit de conscience, plaida pour Draguignan; Mougins de Roquefort, pour Grasse. L'inévitable Bouche intervint dans la discussion. Il proposa de rendre fixe l'Assemblée du département. Le Q>mité de Division l'aurait bien voulu. Rien n'était plus contraire au sens commun et au bien public que de séparer le Directoire de son Assemblée: L'Assemblée Nationale arrêta que Toulon serait le siège du département du Var. Pour le surplus, elle renvoyait à plus ample informé.
Ces deux décisions sont à peine connues dans le Var que c'est un concert général de récriminations. La division du département est, dit-on, peu économique et impolitique. Elle va lui occasionner un surcroît énorme de dépenses tant pour ses frais d'administration que pour ceux de ses tribunaux, et ces dépenses ne sont proportionnées ni à sa population ni à ses moyens. Comptons en effet. H faut 36 membres pour le département à Toulon, i Procureur Général Syndic et i Greffier; 108 membres pout* les 9 Districts, 18 Procureurs Syndics et Greffiers. On sent la force des arguments des a aristocrates y> quand ils feront représenter au peuple qu'un seul département nécessite, rien que pour son administration, une mise en mouvement de 150 personnes, tandis qu'autrefois quatre Procûreurà du Pays faisaient toute la besogne. Où prendre ce nombreux personnel, sinon parmi ceux qui ont l'habitude des àffelres? Sur les 1 50, cent au moins seront toute l'année en activité.