LES DÉPENSES POUR LE DÉPARTEMENT DU VAR
A douze cents francs en moyenne chacun, c'est un total de cent vingt mille francs. Comparez sous ce rapport les Bouches-du-Rhône et le Var, et vous remarquerez que les Bouches-du-Rhône avec 52.000 âmes de plus et des ressources beaucoup plus considérables ont seulement six Districts. Cest donc une dépense moindre d'un bon tiers.
Voilà pour l'économie. Voyons maintenant le côté politique. 11 n'y a pas dans tout le département deux districts égaux relativement aux deux bases que Ton doit prendre, la population et la contribution. Trois de ces districts, Saint- Paul, Fréjus et Saint-Maximin ont 28, 34 et 38 électeurs. Trois autres, Draguignan, Toulon et Grasse ont 108, 103 et 89. — Pour la contribution, Saint-Paul compte s 5 feux et demi; Draguignan passe 254; Toulon va jusqu'à 209, tandis que Fréjus atteint à grand peine 76. A supposer par conséquent que Ton compte pour rien les obstacles que la multiplicité des districts oppose à la formation des tribunaux et à la tenue des assemblées électorales du département, le moindre des entiuis créé par cette formation hâtive sera de hoyer les petits districts dans les grands et de les rendre incapables de faire entendre leur voix ou de peser d'une façon quelconque dans un scrutin.
Pour atténuer ces inconvénients, le Directoire du Département du Var décida de présenter à l'Assemblée Nationale un nouveau projet de subdivision. Il y était autorisé par le décret du \o Février 1790. Ce décret statuait « que les « assemblées électorales alterneraient entre les chefs-lieux « de districts, en commençant par le plus imposé ; qu'en « Conséquence la première assemblée du département se € tiendrait à Toulon, et ainsi de suite ; mais il avait « ordonné en même temps que les électeurs assemblés dans € cette dernièt-è commune détermineraient si le Directoire € de Départeitient alternerait ainsi que l'Assemblée d'Ad- « ministration, ou s'il serait fixé dans un des chefs-lieux de « district, et que, dans ce dernier cas, l'Assemblée des
« électeurs désignerait le chef-lieu où serait établi le « Directoire (i)... d — Le Directoire du Département du Var chargea donc, le 20 Septembre 1790, deux Commissaires, Bernard et Segond, de lui présenter un plan de réduction des districts. Le 29, le rapport était prêt. 11 offrait trois combinaisons : 6, 5 ou 4 districts.
La division en six Districts fut repoussée de prime abord, « comme inadmissible d Elle contrariait les principes d'économie et d'égalité. Puis, en s'y conformant, on risquait d'envenimer la querelle, par l'embarras du choix entre plusieurs villes. — La deuxième division « ne méritait pas « davantage d'être adoptée, quoique les inconvénients « qu'elle offrît fussent moindres ». — La troisième était la meilleure. Qu'on jette en effet les yeux sur une carte du Var, tel qu'il était alors figuré. Toulon, Brignoles, Draguignan et Grasse sont placées sensiblement au centre de quatre divisions égales. — Mais comme il fallait admettre que ce projet pourrait ne pas satisfaire au préalable tous les intérêts, blesser au contraire les susceptibilités les plus légitimes, les deux commissaires avaient examiné à loisir l'hypothèse des cinq Districts.
On ne peut, affirmaient-ils, conserver ni le District de Saint-Paul, ni celui de Fréjus, ni celui d'Hyères. Saint-Paul est trop voisin de Grasse, Fréjus de Draguignan, Hyères de Toulon. Si des vues d'utilité générale forcent de rendre plus considérables les Districts de Toulon, Grasse et Draguignan, les mêmes motifs doivent déterminer la suppression des Districts de Saint-Maximin et de Barjols, vraisemblablement trop rapprochés l'un de Tautre, pour^ rendre celui de Barjols égal aux trois autres. On pourrait sans doute pi*oposer de former un seul District, de ceux de Barjols et de Saint-Maximin. Mais lequel choisir? On serait forcé de sacrifier une ville à l'autre. Le tribunal de ce District ne pourrait être placé, sans violer toutes les règles •- -^
(1) Arch. Nat. A D xvi, 78. ,