COMMENT PARTAGER LA HAUTE PROVENCE
le département ne produit rien ou presque rien ; il attend . de l'Etat sa vie quotidienne. Il faut donc que l'État intervienne et corrige de son mieux les imperfections naturelles -dont souffre ce pays.
L'ancien régime avait compris cette nécessité et multiplié les Vigueries dans cette partie de la ci-devant Provence. L'Assemblée Nationale allait-elle user de rigueur envers -elle? Le Comité de Division ne pouvait procéder à son égard, dans la répartition des districts, de la même manière que dans la basse Provence. <c 11 n'en est pas de la haute Pfo- 41 vence toute hérissée de montagnes et traversée de tous « côtés par des torrents, comme de la plaine. On ne peut •« pas tracer simplement sur la carte des lignes de com- « munication (i) ». D'autre part il n'était guère plus possible de suivre dans l'espèce le plan proposé par le Comité de Division et de s'appuyer sur « la population, la richesse <i et la localité », trois conditions qui ne pouvaient se trouver dans toutes les contrées, « parce que la nature et « la fortune les ont traitées inégalement; le concours n'en « est point absolument nécessaire et il est même indis- « pensable à l'égard de certaines contrées, de consulter la « population et la richesse indépendamment de la localité ; « et, à l'égard des autres, de consulter la localité indépen- <c damment de la population et de la richesse (2)».
Les remarques de la Viguerie de Seyne ne manquent pas de justesse. Parce qu'un territoire est moins peuplé et moins riche qu'un autre, en est-il moins un membre de l'association eomitiune? En doit-il moins participer à la bienfaisàfiéé et à la protection des lois? Bien au contraire. C'est parce que la natufé <c semble l'avoir séparé du reste de 4i riifiivefs par VÉ^étiXé dil climat, la difficulté des che- « mins et l'ingratitude dû sol qu'il n'en doit pas être séparé
(i) Arch. Nat. D. iv Ws 5^ 2g Janvier 1790. Lettre de l'Archevêque d'Aix«
(2). Arch. Naté D. iv Ws ^ ; Lettre de la Viguerie de Seyne.
« par une trop grande difficulté à recevoir l'influence de la « justice et de l'administration (i) ».
La désignation du chef-lieu ne souleva pas grande discussion. Puisque Ton adjoignait au département Forcalquier et la vallée de Barcelonnette, Digne en devenait le centre presque géométrique. Si elle était séparée du Verdon par la montagne du Cheval Blanc, ce désavantage trouvait une large compensation dans la facilité de communications par la Bléone avec la Durance, donc avec Sisteron, Manosque et Pertuis qui se trouvent sur ses bords. Le 7 Février 1790, Digne fut désigné comme chef-lieu du département. Le provisoire seul lui était accordé. Pourquoi? Parce que Digne n'avait pas de représentant accrédité et que Forcalquier et Sisteron intriguaient contre elle.
Restaient les Districts. D'abord l'Assemblée Nationale avait eu le projet d'en établir neuf. Sans doute, elle n'eût pas satisfait tout le monde ni apaisé toutes les compétitions. Mais la nouvelle division se rapprochant sensiblement de . l'ancienne, on n'aurait guère eu que le mot de Viguerie à . changer. Puis, le bruit courut qu'au lieu de neuf districts, il n'y en aurait plus que cinq. Le Comité de ERvision^ : effrayé par les dépenses que causeraient tant d'administrations et de tribunaux, avait réduit les districts de près, (Je moitié. Aussitôt les Vigueries prennent peur. Vite elles ; se rassemblent, dressent des cahiers, émettent des votes et • dépêchent des députés spéciaux pour porter les uns et les . autres par devant l'Assemblée Nationale.
Prenez une carte des Basses-Alpes et vous verrez de suite quels sont les intérêts contraires, la nature des
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(i). Arch. Nat. D. iv J>is 3.