‹ Les débuts de la Révolution en Provence, 24 janvier, 1789-30 september, 1791Chapitre 28 sur 155 · CASTELLANE, CHEF-LIEU DE DISTRICT · texte numérisé non relu

CASTELLANE, CHEF-LIEU DE DISTRICT

, a son de ses franchises et de son régime propre, ne pou- * « vait avoir cette prérogative qui pourtant lui fut souvent

« offerte, en 1761 surtout, par les Procureurs du Pays )►.

Mais Castellane était appelée à évincer l'une et l'autre.

. An levant de Digne, au centre des montagnes de la Haute

Provence, elle en avait « été regardée de tout temps comme ,« la capitale (i) ». Sa Viguerie comprenait 36 commu-

.jiautés; la juridiction de sa Sénéchaussée s'étendait sur 53 , villages et 4 villes dont deux épiscopales. Elle renfermait .dans son enceinte « un palais de justice spacieux et com-

>K mode, des prisons saines et sûres, un Hôtel de Ville

« sinon magnifique, du moins honnête et décent ». Sa population de 2,000 âmes comprenait plusieurs « magîs- « trats, un grand nombre d'avocats, de notaires, de pro- « cureurs, cinq médecins et une infinité de négociants ». En admettant quelque exagération dans ce tableau, en trouvant qne Castellane était par trop avantageuse, il n'en restait pas moins établi qu'elle était le point de réunion, non seulement des Vigueries d'Annot, de Colmars et de Barrême, mais encore et surtout de nombre de villages des Vigueries attribuées au département du Var, telles que Grasse et Draguignan, et qui commerçaient quand même ^vec les Basses-Alpes.

Verdollin était un homme « délicat et droit ». 11 se dépouilla « de ses sentiments particuliers de citoyen « d'Annot, et se considéra comme député de toute la « contrée ». L'intérêt général fut ici seul consulté et Castellane l'emporta. Le 7 février 1790, l'Assemblée Nationale sanctionnait cette décision.

Dix mois après, le 7 Décembre, le Directoire du Département « suppliait l'Assemblée Nationale de prendre en con- « sidération les états de comparaison des trois départements ^ de la ci-devant Provence, de peser les inégalités qui se trou-

(i) Arch. Nat. D. iv bU y

« vent entre eux (i) ». II réclamait un décret qui ordonnât unç révision et une nouvelle formation « plus exacte et « plus relative à ces trois départements, pour qu§ les ^ charges ne pèsent pas plus sur l'un que sur l'autre ».

Il est évident que la répartition des districts ne pouvait convenir à tous; trop d'intérêts étaient contrariés. L'Assemblée Nationale s'était réservé de régler au moyen d'un décret particulier « par quels organes et dans quelles formes « les administrés et justiciables qui demanderaient la ^ réduction de leurs districts pourraient manifester leur « vœu (2) ». — Trop de soucis l'agitèrent dans la suite» Satisfaction devait être donnée aux plaignants par l'Assemblée Législative.

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(i) Arch. Nat. F2, 454.

(3) Arch. Nat. D. iv Wb, 55.

ÇHAPIT51 IV

Les Municipalités

I. rrr L^l du 22 Déç, 1789. rt- ÇoœmeBt fl faut rmteriM'étar, — Qu'est-K^e qu'un citoyep a^tlf? ^ DeHi^i^des des Consuls çle MarseilJie. .— Réponse 4u Copaité de Constitutiop. -r^ géance di; 16 juin 1789 4 J'Asseml?lée Nationale. — Ce (ju'il faut entendre p^r « peuple ». — Mot de Mirabeau^

— Les élections municipales au^ mains des bourgeois.

n, «r Assemblée des citoyens actifs, t^t On en 4rfissa la liste, -r- Jurisprudence variable. —Les t illitérés ». — Intrusion des gens de robe, r^ Estrangin, d'Eygalières. r- On se réunit dans l'Eglise. — Inconvénients de cette réunion.

— Influence du curé.

m, —r Puyerture de TAssemblée, — r Banquets offerts par des Maires. — Saint Poqs, Digne, Seyne, Salernes, J^ourmarin, Notre-Dame de la Mer, Bandol. — A Berre, le Maire se nomme lui-même.

JY. rrr Çompositiou des nouveaux ÇoQsejls. — Mairp.s despotes

pu timorés. — Ils se vengent des seigneurs. — Visites

en corps supprimées. — Plaintes des curés évincés de

, la direction des œuvres de charité. — Désordres à

Thoranïe Basse, à Entrecasteaux, à Grimaud.

V, -^ ppstilité des officiers municipaux vis-à-vis du Maire. -? Cbâteaudpuble, Tarascon.

¥L mm l^ paysans veulent que ces querellas cassent et que les municipaux s'occupent enfin de leurs intérêts,— Exemple de Cabasse. — Pont à reconstruire depuis 4Q ans. srr Incurie de l'administration, r^ Plaintes des Consuls.

— Droit de piquet. — La Ciotat, Saint-Ghamas.

74 LES MUXICIPALrnîS

MI. — Les communes s^annexent les hameaux environnants. — Dans quel but. — Arles et Fontviellle. — Les hameaux se constituent en municipalités. — Despotisme d'Arles. — Solliès. — La Colle, Roquefort, Saint-Paul, Barcelonnette, Fayence. — Rien à faire contre la force. — La garde i^ationale.

Le paragraphe 4 de T Article III [Loi du 22 décembre 1 789 sur la formation des Assemblées primaires] exige du citoyen actif une contribution directe de la valeur locale de trois journées de travail. En Provence, on ne s'entend ni sur la signification exacte du mot « directe » ni sur celle du mot « locale ». Marseille ignore absolument ce qu'est urte contribution directe. Abonnement aux droits royaux, capitation, vingtième, don gratuit, intérêts des créanciers de la communauté, dépenses d'administration, dépenses extraordinaires, tout s'acquitte au rnoyen du produit des fermes sur les consommations. Les Consuls espéraient que le peuple en payant les charges dé cfette ^manière les trouverait moins lourdes que s'il lui fallait les acquitter en autant de payements qu'elles comportaient d'impositions de nature différente. Le mouvement du '23 Mars 1709 leur prouva qu'ils se trompaient. Le féghne )îes fermés fut aboli, et, cinq mois durant, Marseille se Jrouva sans revenus. Le 27 Août, après des hésitations sans nombre, les Consuls votèrent enfin « une contribution « patriotique et provisoire » sur les propriétaires et Içs locataires des maisons de la ville et des faubourgs (i). Les membres du clergé régulier et séculier furent imposés de cinq à quarante livres pour que cette somme tînt liîfu de « toute contribution relative à leur logement ».

. (i) Arch Nat. D. IV, ii, liasse 159. Adresse des municipaux de Marseille à TAssemblée Nat., signée : Thulis, Durand, etc..

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