LES SERVICES RENDUS PAR LES MILICES
<r nombre considérable d'ouvriers intelligents, d'artisans
<r laborieux Aux termes du décret, sortiront ils des
« rangs ceux qui nous ont prêté main-forte aux mauvais « temps ? Va-t-on peser les hommes au poids de leur for- « tune et de leur naissance ?» Ce décret rencontrait déjà une opposition si ardente qu'on pouvait prévoir qu'il resterait caduc, et il le resta.
A quoi en effet allait-on avec lui ? A recruter les milices avec les pires ennemis de la chose publique. On privait leurs cadres des plus fermes défenseurs du pays qui, malgré quelques écarts blâmables, restaient après tout les défenseurs de l'ordre. Quand l'Assemblée Nationale ordonna la levée de 97.000 gardes nationales, le 22 Juillet 1791, pour courir à la frontière, l'ancienne Provence en fournit 5.740, les Bouches-du-Rhône, 2.300. Et quand je me rappelle que ce furent ces mêmes gardes nationales marseillaises qui contribuèrent au Dix Août ; elles encore qui tinrent tête aux émigrés, sur le Var ; qui, avec Anselme, prirent Nice; qui mieux aguerries et disciplinées, sauvèrent la Provence de la contre-révolution et du fédéralisme en se jetant dans les bras de Carteaux, je ne puis m'empêcher de reconnaître que les imperfections premières que j'ai signalées doivent disparaître devant les services rendus; que, si ces gardes se montrèrent oppressives par moments, rebelles même aux ordres de leurs chefs, il n'en faut accuser que l'exubérance et la fougue du méridional. Elles ont racheté ces erreurs par leur noble conduite, d'abord en aidant à la chute de la royauté complice de l'étranger, puis en protégeant contre ses soldats l'indépendance de la jeune République et l'intégrité du vieux sol français.