LES TROUPES REFUSENT DE MARCHER
Marseille, Ernest-Suisse et le Vexin. Ernest-Suisse « observe c( la meilleure discipline et il est très bien conservé (i) ». Mais celui de Vexin a un effectif réduit de moitié, tant en officiers qu'en soldats; « Tanarchie y est absolue; il est <ï plus embarrassant qu'utile (2) ». Pour qui saitcomprendre cela veut dire qu'en cas d'émeute, ou il restera inactif ou il donnera la main aux émeutiers. A Aix, le régiment de Lyonnais « se conduit bien, a un colonel fort sage. Mais « ques-uns de ses officiers autorisent des doutes sur leur « patriotisme (3) ». Ces officiers, le 1 3 Décembre 1 790, firent cause commune avec les ci-devant et arborèrent la cocarde blanche. Enfin, l'escadron de dragons est à Tarascon, c'està dire à l'autre extrémité du département.
Voilà donc des troupes dont la fidélité semble au moins douteuse. Que le Directoire du Département leur transmette Tordre de marcher dans un cas urgent. « Elles. « trouveront des raisons pour rester dans leurs quartiers; « elles diront que le commandant de la ci-devant Province « peut seul les faire mouvoir (i^ ». Inutile de chercher le commandant; il n'y en a plus depuis le départ de M, de Caraman. S^adresse-t-on à l'officier qui commande en second ? L'officier usera d'une défaite^ comme par exemple, « que ses troupes ne croient pas être à la disposition du d Département pour sortir du circuit de la municipalité <i dans le ressort de laquelle elles habitent (2) ». Ferait-il une pareille réponse s'il ne se sentait appuyé discrètement par la municipalité, conseillé peut-être ?
; t ) f 1 II UVJU I
(1) Arch. Nat. pic lu B. du Rh. 1.
(2) Arch. Nat. pic in B. du Rh, 1.
(3) Arch. Nat. pic m B. du Rh. i.
(i) Arch. Nat. D iv, 30.
(2) Arch, Nat. D iv, 20,
14ti LES ASSEMBLÉES ADMINISTRATIVES
Est-ce pour conjurer cet irrespect croissant que Départements et districts s'appliquent à se distinguer des communautés, on dirait presque, à s'en éloigner le plus possible? Dans l'Assemblée directoriale, au dehors, qui peut les faire remarquer, sinon un costume différent de celui que porte le commun, un costume officiel, — voilà le grand mot — aux couleurs voyantes et surchargé de panaches ? Le plus curieux, c'est qu'après mûre réflexion sur la composition de ce costume, ils ne trouvent rien de plus habile que de revenir aux vieux usages : « Donnez-nous, écri- « vent-ils, un pourpoint allongé, le manteau et le chapeau « à demi rabattu, orné de plumes droites que portaient « nos anciens chevaliers ». Ainsi voilà des hommes amoureux d'égalité, qui ont fait une révolution pour la conquérir. La Constitution et les électeurs les élèvent à un poste où ils ne devraient se distinguer que par leur zèle et un dévouement de toute heure à la chose publique. A peine élus, ils tombent dans ce travers qu'ils reprochaient à l'ancien régime. Au demeurant, tous ne porteront pas le même costume. Leur vanité n'y trouverait pas son compte. 11 faut distinguer, surtout en matières de panaches. Le Département aurait des couleurs autres que celles du district, car les couleurs ont aussi leur noblesse. Par exemple, pour les premiers, <r on adopterait le pourpoint d et le haut de chausses de satin blanc, le manteau de « satin rouge, les nœuds de rubans bleus, les plumes de « chapeau blanches ». C'est à s'y perdre. Quant aux seconds, ils se contenteraient « d'un pourpoint et d'un e, haut de chausses bleus, mais pas de manteau ; d'une « écharpe blanche et rouge : les plumes du chapeau « seraient tricolores ». Ces futilités sont signées par des hommes graves ou que l'on croit tels : De Baux, Clappiers,.