LE REMBOURSEMENT DE LA CONTRIBUTION
t)ijoux. Serait-on gêné par Tabandon « de ces effets stériles < et qui n'opèrent de privation que pour la vanité? » Puis cette contribution remboursable serait infailliblement remboursée « si on aidait de bonne foi TEtat à se mettre au- 41 dessus de ses affaires ».
Les Provençaux faisaient remarquer qu'ils avaient souvent aidé TEtat de cette manière et que jamais il ne leur avait parlé de remboursement. — Mais, leur répondait-on, vous'prêtiez alors à des ministres ; aujourd'hui vous prêtez à la Nation. Jadis, vous attendiez d'autrui l'accomplissement d'une promesse ; aujourd'hui que vous participez au pouvoir législatif, vous êtes les maîtres de son exécution. Pour faire observer la loi vous êtes les parties intéressées, tandis qu'autrefois c'étaient les agents, intéressés à l'enfreindre. C'est vous qui nommerez les sept cents membres de la prochaine législature. Enjoignez leur de vous rembourser et leur premier soin sera de vous obéir. — Et comme les Commissaires des Comm|Lines sentaient la faiblesse de ce raisonnement, ils en arrivaient à des conclusions surprenantes : « En supposant même que la Nation « vînt à ne pas rembourser la contribution patriotique, a c'est qu'il aurait été reconnu universellement qu'il vaut « mieux laisser produire à ce capital un intérêt de dix et « même de quinze pour cent par l'extinction d'une foule de « créances qui sont à ce taux que de les restituer aux parce ticuliers en les soumettant d'ailleurs à un autre impôt « pour acquitter ces intérêts ruineux ». En en usant ainsi, c'était donc pour chaque particulier placer sur soi-même au dix ou quinze pour cent.
Pour le peuple ce compte-là n'avait rien de réel. Le plus clair, c'est qu'on lui demandait de l'argent. Quand le lui rendrait-on ? Etait-il prudent de se dessaisir de son numéraire dans une semblable crise? Ne valait-il pas mieux se ménager quelques ressources pour un avenir douteux ? — Hommes imprévoyants, répliquaient les Commissaires en paraphrasant le célèbre discours de Mirabeau, vos précau-
%l§ LES FINANCEB
(ions ne feront qiie précipiter les ipfiiiic dont vous voûter vous garantir. C'e^t en cachant votre numéraire que voup» augmentez les enibarras, que vous rnuHipliez les secousse, P^pçez-'vous que vous jouirez paisiblement de votre fer»tune au milieu du bouleversement qu^ votr^P égoïsme vt^ 4éçhainer ?
Comme dernier argument ils ajoutaient ; Ul ^x)ntributimt patriotique pouvait fort bien n'être pae 4éerétée. H aurj^t ^ç fallu y suppléer par un autre impôt- Cpt impôt, iwr foi^ voté, on aurait continué de le p^rcevoifr L^ contrîi^iK tion pi|,triotiquç n'est au contraire que ffiomentanée. L'impdt ^rpît pesé sur les classas indigentçi ; la contribution IfWT f§t épargnée. II n'aurait atteint quç faiblement les richts { elle en obtient des sommes importantes, c ProvençaWr a tout cela est senti par Tuniversalité du royaume. L'enthou*i siasme pour la patrie et la liberté naissante est tel qui^ « Ton voit ajouter au payement de h contribution patritK § tique des dons purement volontaires. Les étrangers eujç^ € mêmes qui habitent en France imitant ce^ exemple!,. #ç Resterez-vous les seuls indifférents ? >
Indifférents? Non, ils ne le sont pas, et leur patriotisme vaut celui des autres Français. M^is les privilégiés à ï^ bouf se de qui frappe la nation vont user de tous les moyens pour faire échouer Ja contribution. Il faut jouir de 400» livres de revenu pour être taxé. Ils vont en accuser le moint possible. Ces gens, riches hier, se trouvent réduits aujourd'hui à une misère désespérante, La quotité de la contribua tion du quart se détermine par « la valeur collective de W « qui reste net, déduction faite des dépenses d'exploitation ^ et d'entretien si on a sa fortune en immeubles ; des « frais de comptoir, de bureau, etc,„ si on vit de Wfl ^ industrie, et sous la déduction encore des dettes etçlW" < ges annuelles ». C'est sur le résidu CPHectif, s'il excède* 400 livres, que Ton est obligé de payer le quart. La pr#^ mière manœuvre des riches qui, manifestement, au vuftt su de tout le monde, possèdent davantage, e?t de morçelff