‹ Les débuts dramatiques de Victor HugoChapitre 9 sur 12 · II. — Quelques lettres de M. Paul Glachant · texte numérisé non relu

II. — Quelques lettres de M. Paul Glachant

Au cours de mon étude, j'ai reçu de M. Paul Glachant plusieurs lettres contenant de précieux renseignements. Je donne au pu-

(1) V. sup., page 33.

(2) Ibid.

blic les passages de ces lettres qui peuvent servir à justifier, confirmer ou compléter mes appréciations.

Lettre du i 8 décembre 1 90'^ (après la publication de ma première leçon) : — «... Il est évident que nous n'avons pas le vrai texte; le manuscrit de 18^8 est bien perdu. Quant à l'autre, M. Meurice, qui a été pour moi d'une obligeance parfaite, n'a pas v-tulu me le faire voir... Mais il affirme que, dans le texte de i 828, Leicester revenait [i) ; V. Hugo lui a témoigné à plusieurs reprises que le premier dénouement, trop mélodramatique, ne le satisfaisait pas. ))

Lettre du 20 mai i 903 (après la publication de l'article IV) ; — « ... S'il est évident que nous n'avons pas le texte de 1828, il me parait non moins évident que nous ne possédons pas non plus celui de 1822. M. Paul Meurice ne communique pas le manuscrit. La raison qu'il donne est à retenir. « Ce n'est pas au point, dit-il; c'est un fouillis ; il y a des parties démesurément développées, d'autres seulement indiquées. J'ai essayé de rétablir ce que V. Hugo avait prétendu faire. » L'aveu est net. Le manuscrit est un monstre ; M. Meurice l'a arrangé (2). D'une collaboration possible de P. Foucher, il ne souffle mot... La conclusion importante, c'est que le vrai collaborateur, non pas seulement au texte de l'édition ne varielur, mais au premier texte, c'est M. Meurice. Et il le reconnaît, -a

Lettre du i ô juin i 905 (après la publication de l'article V) : « ... Je tiens à vous communiquer un document assez curieux qui prouve que Victor Hugo, âgé de 80 ans, persistait à désavouer cette pièce, d — On lira plus loin cette curieuse lettre de Victor Hugo à M. Auguste Dorchain. Que faut-il conclure de cette lettre? «Que Victor Hugo n'eût point consenti, de son vivant, ajoute M. Paul Glachant, à laisser publier sous son nom une Amy Robsart quelconque; et pourtant M. Meurice m'a formellement affirmé que, bien des fois, dans la conversation, Hugo lui avait parlé de ses deux versions successives et de la manière dont il (Hugo) avait remanié le dénouement. »

(1) C'est moi qui souligne ; cf. ci-dessus, page 8, note 1, N. B.

(2) Cf. Paul et Victor Glachant : Essai critique sur le théâtre de Victor Hugo ; les drames en pj^ose pa.oe 60). C'est devant de telles affirmations que je me suis abstenu d'étudier en détail la scène v de l'acte 111 à' Amy Rohsart. V, sup., pages 37-38.

Page 1