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demandent qu'à augmenter leur bien-être, sans dépouiller autrui, par le développement des forces productives de chacun et par l'association » (1).
C'est alors que M. Jules Guesde fit paraître le journal l'Egalité, avec MM. Gabriel Deville, Gerbier el Massard, comme principaux collaborateurs.
Le premier numéro est du 18 novembre 1877 ; il semblerait, à première vue, que ses rédacteurs, pour lancer leur journal, aient choisi précisément un moment de profond trouble politique.
Le Maréchal de Mac-Mahon avait, conformément au droit que lui conférait la Constitution de 1875, dissous la Chambre des Députés le 16 mai précédent, mais bien que les élections du 14 octobre eussent été nettement défavorables au ministère de Broglie, celui-ci s’obstinait à rester au pouvoir.
On pourrait donc croire que M. Jules Guesde ait choisi, justement, le moment où républicains modérés et conservateurs luttaient âprement, pour créer, à la faveur des divisions des partis bourgeois, un journal nettement collectiviste et révolutionnaire.
Nous ne pensons pas cependant qu'il en ait été ainsi. Depuis plusieurs mois déjà M. Guesde songeait à fonder un journal vraiment socialiste, il avait sous la main des collaborateurs dévoués et capables, et s’il ne fit point paraître plus tôt son journal, ce retard ne fut dû qu'à une cause d'ordre purement financier.
Le parti socialiste était encore à créer, et, se posant, dès le début, en adversaire des résolutions antirévolutionnaires des Congrès de Paris et de Lyon, l'Egalité ne pouvait compter sur les subsides qui, de tous les points de la France, avaient afflué à Paris, l’année précédente et avaient ainsi permis la tenue des premières assises ouvrières.
Quoi qu'il en soit, choisi ou non, le moment où parut le premier numéro de l’Egalité était éminemment favorable et nous verrons le journal s’efforcer de créer un parti bien distinct, bien indépendant, et sans aucune compromission avec ses adversaires bourgeois.
(1) L'Égalité, 1r° série, 25 novembre 1877, page 5.