CHAPITRE V : GOMMENT CES SUJETS SONT DÉVELOPPÉS
I. Pourquoi et comment les déclamateurs sortent généralement du sujet. — II. Quand ils le traitent, comment le font-ils? — III. Les traits. — IV. Conclusion.
I. Pourquoi et comment les déclamateurs sortent généralement du sujet, — Nous venons de voir les causes infiniment subtiles, — celles que se réservent, devant les tribunaux, les maîtres du barreau, — que doivent traiter ces jeunes gens, dont quelques-uns ont douze ans (i). Ils ont à expliquer, à faire condamner ou à excuser des crimes extraordinaires; ils ont même quelquefois, successivement, à les faire condamner et à les excuser, ou, du moins, ils sont libres de traiter successivement l'une et l'autre thèse, et ils usent de la permission (2). Or, si les matières des Controverses sont conçues de telle façon que l'on peut soutenir les deux faces de la cause, il n'en est pas moins vrai que l'une est plus difficile à défendre que l'autre : c'est un rôle pénible que d'essayer d'innocenter une mère qui, accusée d'avoir empoisonné son beau-fils, déclare qu'elle a eu sa propre fille comme complice (IX 6), ou de disculper l'homme qui recueille les enfants exposés, les mutile, les fait mendier et vit des aumônes qu'on leur donne (X 4)- Cependant ce sont ces thèses que l'on choisit, comme à l'envi, pour essayer ses forces (ib. 17). Où ces jeunes gens vont-ils chercher leurs arguments ? Dans la vie ? Ils n'en ont aucune expérience. Dans le droit ou la
(1) V. supra, p. 5o, et cf. ce mot de Pétrone, Sat. 4 : [Parentes] eloquenliam, qiia nihil esse magis confitentnr, pueris inducunt adhiic nascentibus .
(2) V. siipra,1p. 56.
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philosophie ? Mais chez le grammaiieus, qu'ils viennent de quitter, ils n'ont rien appris, nous l'avons vu, qui ne les préparât directement et le plus rapidement possible aux Controverses. Vont-ils essayer de tirer parti des menues circonstances de la cause? Nous avons remarqué qu'elles n'étaient pas déterminées d'une façon précise, et, d'ailleurs, les personnages, le plus souvent, appartiennent à un monde de convention, à moins qu'ils n'éprouvent des sentiments exactement opposés à ceux que l'on attendrait d'eux. On n'a même pas la ressource, ^, comme au forum, de reprendre et de réfuter les arguments qu'a employés l'avocat de la partie adverse : si, en effet, dans la Suasoria 6, Varius Géminus semble répondre aux arguments de Fuscus (§§ 5 et i3), la plupart du temps les déclamateurs aiment mieux plaider le pour et le contre comme deux causes indépendantes. Ainsi , dans la cause, aucune source de développement, ou à peu près. Or on exige de l'orateur une certaine abondance (Quintilien 12, 2, II sqq.), la brièveté était laissée à l'historien et au philosophe ; Sénèque note, comme un fait étonnant, que Latron aille droit au but (II 3, i5 ; VII 2, 8) ; il préfère, déclaret-il, l'exubérance à la brièveté exagérée (IX 2, 26), et il blâme moins pour leur surabondance Hatérius, l'homme qui avait besoin d'un frein (IV Préf. 7-8), ou Albucius, qui parlait neuf heures de suite (VII Préf. i), que MaruUus pour sa maigreur (I Préf. 22). Dès lors, par une conséquence naturelle, les déclamateurs, incapables de trouver dans les causes le moyen d'arriver au résultat que l'on exige d'eux, vont en sortir pour atteindre ce but.
Mais les maîtres, demandera-t on ? Les maîtres s'occupent d'abord de ne pas mécontenter leurs élèves, « pour ne pas rester seuls dans leurs écoles, » comme dit Pétrone {Sat. 3). Déjà Gestius avoue que, souvent, avant de lancer tel ou tel trait ou telle ou telle couleur, il consulte, non pas son goût, mais celui de ses auditeurs, qu'il sait d'ailleurs mauvais (IX 6, 12) ; et c'est un des professeurs les plus renommés, un de ceux auxquels leur nom seul attire de nombreux élèves ! On devine ce qui se passe dans les écoles de deuxième ou de troisième ordre ; ce sont les élèves qui font la loi :
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Quintilien, cinquante ans plus tard, l'avoue et le déplore (2, 2, 9).
Quant aux élèves, ils songent, avant tout, à obtenir les suffrages du public, à soulever ces applaudissements, dont Quintilien (2, 2, 9) et Sénèque le Philosophe {ad Lucilium 54, 12) regrettaient qu'on les eût aduiis à l'école. « Celui qui prépare une déclamation, dit Votiénus Montanus, écrit, non pour triompher, mais pour plaire (IX Préf. i). » Gomment pourrait-il en être autrement? Ainsi que le note M, Pichon (i), « l'avocat qui plaide est soutenu par un intérêt actuel et pressant, par une nécessité pratique ; il faut qu'il songe plus à son client qu'à lui-même, sans quoi il perd sa cause et manque le succès justement pour l'avoir trop cherché. Mais celui qui, dans une école, plaide pour Cinion ou pour Parrhasius se trouve beaucoup plus intéressant que ses clients imaginaires. Il ne peut pas se passionner pour des gens qui n'ont jamais existé ou qui sont morts il y a quatre cents ans. » Dès lors, pour parler comme Montanus il désire voir les applaudissements
s'adresser à lui-même et non à la cause. Or l'auditoire composé, outre les élèves, d'oisifs ou d'amateurs de déclamations, qui ont entendu traiter nombre de fois le même sujet, veut avant tout ne pas s'ennuyer ; il vient pour entendre des choses fines ou éloquentes. Ce que l'on exigeait, à l'époque de Tacite (Dial. 20), devant les tribunaux, « le délîlé rapide des arguments, le brillant des traits, l'éclat de descriptions soignées, » tel est, durant les premières années de notre ère, l'idéal des écoles de déclamation.
Aussi s'efforce-t-on de ne pas fatiguer une attention qui se distrait d'autant plus facilement qu'elle doit, pendant deux ou trois jours, on s'en souvient (2), écouter des déclamateurs qui développent le même thème. Comme le constate Montanus, et comme le faisaient Arellius Fuscus (II Préf. i), son élève Ovide (II 2, 12) et d'autres encore vraisemblablement, on laisse de côté l'argumentation, « ennuyeuse et peu capable de recevoir des ornements (IX Préf. i). » On trouve quelquefois — rarement — des discussions de droit ; exemples : Un père peut-il
(1) Art. cité, p. i58.
(2) V. iJ. 07.
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chasser son fils en raison d'un mariage qu'il a conclu (I 6, 8 ; II 2, 5) ? Un brave éprouvé peut-il être déshérité (X 2, II)? Un père peut-il chasser son fils pour une action qui a valu à celui-ci une récompense de l'État (X 2, 8) ? D'abord elles permettent des remarques subtiles ; ensuite, si on les supprime, les Controverses n'existent plus ; mais ce sont les seules discussions que l'on se permette : ainsi, dans la Suasoria i, où Alexandre se demande s'il doit lancer ses navires sur l'Océan, on rencontre très peu de considérations politiques ou stratégiques.
Ce qui intervient partout, ce sont les lieux communs, d'abord ceux dont Gicéron recommandait l'emploi, et qui consistent à tirer de la cause particulière dont On est chargé, la question générale qui y est contenue, comme lui-même l'a fait dans le Pro Milone {de Orat. 2, 3o, 182 sqq.; Part., 3o, io4 sqq.; cf. Quintilien 2, 4? ^4 sqq.). Les déclamateurs les connaissent; ils cherchent, par exemple (III 9, 2), s'il est jamais permis de donner du poison; ils se demandent si, dans tous les cas, un fils doit nourrir son père (I 7, 11) ou lui obéir (II 1 , 20 ; VII i, 16), soulevant ainsi la question des rapports entre les parents et les enfants. Mais les matières, en dernière analyse, se ramenant presque tous à une question générale, ils ne se servent pas de ce genre de lieux communs aussi fréquemment que l'on s'y attendrait ; c'est que, pour traiter ces questions générales, il est besoin de notions de philosophie (Tacite Dial. 3i), qu'ils ne possèdent pas. On voit encore moins employer une seconde catégorie de lieux communs auxquels fait allusion Cicéron {de Orat., 2, 3o, i3o sqq.), et dont parle longuement Quintilien (5, 2 sqq.), ceux que l'on peut invoquer toutes les fois (i) qu'il s'agit de , faux témoignages, de tortures, etc., à moins qu'on ne fasse entrer dans ce groupe les questions générales, comme : « Les dieux s'occupent-ils du monde (cf. I 3, 8) ? » et : « Faut-il croire aux augures (S. 3, 4; 4» i)? »
(i) Cf. Navarre, op. cit.., p. i53. « Outre les arguments spéciaux qui n'appartiennent qu'à elle, chaque cause. . . comporte des raisons plus générales, qui seraient cie mise dans toutes les autres causes de même nature, . . Bien avisé sera donc le rhéteur qui, munissant d'avance ses élèves de ces raisons générales, leur évitera la peine de les retrouver à nouveau chaque fois. »
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C'est qu'ils préfèrent d'autres développements, qui, nous dit Sénèque (I Préf. 23), « ne sont nullement impliqués dans le sujet, mais se placent partout d'une façon suffisamment convenable, comme ceux sur la fortune, la cruauté, les mœurs du siècle, les richesses »; ces lieux communs, Latron les appelait son magasin. Il faut le reconnaître, ils dispensent de chercher des arguments, mais, comme Quintilien ne craint pas de le dire (7, i, 4i)> ils ne prouvent souvent rien; cela n'empêche pas qu'ils sont non seulement recherchés, mais presque toujours traités longuement, car Sénèque note le contraire pour Latron (VII, 7, 10). Albucius ne pouvait résister au désir d'introduire, même mal à propos, un lieu commun de philosophie (VII Préf. I; cf. 13, 8; 7, 17 ; VII 6, 18), et il était suivi par Musa (VII I, i4). C'est assurément l'un de ces deux rhéteurs qui, dans la Controverse i du Livre V, avait jugé à propos de traiter le lieu commun sur l'espérance, qui nous a été transmis sans le nom du déclamateur qui l'avait prononcé (§ i). Le développement sur l'instabilité de la fortune se trouve sept fois dans les deux premiers livres des Controverses, traité par Latron (I i, 3; II i, i), Fuscus (I i 16; II i, 7), P. Asprenas (I i, 5), Dioclès de Caryste (I 8, 16) et Fabianus (II 4» 3)' Cependant Fabianus avait plutôt la spécialité des attaques contre les mœurs de ses contemporains (II Préf. 2), qu'on le voit attaquer quatre fois dans le seul livre des Controçerses, où il prenne la parole (II i, io-i3 ; 26; 5, 6-7; 6, 2) ; mêmes critiques dans la bouche de Julius Bassus (I 6, 5), de Latron (II 7, i et 3-4), de Labiénus (X 4? 17) et d'un inconnu (V 5, 1-2); ils flétrissent à l'envi les vices du siècle, surtout le goiit du luxe dans les constructions, l'amour de la dépense chez les femmes et l'impudeur de leur costume et de leurs allures ; il est même étonnant que Friedlânder, pour son tableau des mœurs romaines à l'époque d'Auguste et de Tibère , ait tiré si peu de parti des Controverses.
En somme, ce que l'on se propose en traitant ces lieux communs, c'est de faire rentrer les personnages, pour les accuser ou pour les excuser, dans un groupe ; c'est de généraliser, pour ainsi dire, l'accusation ou l'excuse. On arrive au même résultat à l'aide des exemples tirés de l'histoire, dont Quin-
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tilien (12, 4» i) déclare la connaissance indispensable à l'orateur, car seuls, dit-il, ils ne peuvent être soupçonnés d'être imaginés pour les besoins de la cause (10, i, 34) ; c'est pour les fournir aux rhéteurs d'une façon commode que Valère- Maxime a composé son livre, et, comme il n'avait pas encore paru à l'époque de Latron, celui-ci avait étudié l'histoire avec soin (I Préf. 18). Ce sont d'ailleurs les mêmes noms qui reviennent toujours sur la langue des déclamateurs. Boileau écrit à propos de l'épopée ancienne :
Minerve est la science et Vénus la beauté.
De même, dans les Controverses ou les Suasoriae, on ne parlera pas d'empoisonnement sans nommer Mithridate, de cruauté sans rappeler Sylla, de courage sans citer Polyzélos et Gynégire, de mépris des richesses sans invoquer Aristide, Fabricius, Tubéron ou Goruncanius. Pour justifier un suicide, on le comparera à ceux de Gaton, de Gurtius, de Mucius Scévola ou même de Godrus. L'inconstance de la fortune appellera les noms de Grésus (i), de Marius ou de Grassus, la défense des hommes sans aïeux celui de Servius TuUius. Ghaque fois qu'on parlera d'une femme fidèle à son mari jusque dans la mort, on la rapprochera des épouses qui se jettent dans le bûcher élevé pour brûler le corps de celui auquel elles étaient unies. Quand on vient de lire les déclamations, on comprend mieux le mot de Sénèque le Philosophe sur ces histoires {ad Lucil. 24, 6) : decantatae in omnibus scholis fabulae, surtout si l'on songe que ces personnages, à l'époque de Gicéron, commençaient déjà à être des types consacrés {de Off. I, 18, 61).
Si l'on n'a pas l'occasion d'invoquer le moindre lieu commun ou le plus petit exemple historique, on saisit un prétexte, si menu soit-il, d'introduire une description, d'autant que, pour les enfants de Sénèque (S. 4? S)» aussi bien que pour un contemporain d'Horace (A. P. in.), rien ne l'emporte sur une description habilement présentée (2). Aussi, dans la seule
(1) C'est le premier qui se présente à l'esprit de tous ceux qui ont passé par les écoles de rhétorique (Sénèque le Philosophe de tranquill. animi 11, 12).
(2) Ces descriptions comportent d'ailleurs souvent des traits obligatoires, les yeux caves, par exemple, pour un malheureux (I i, 8 ; 2 ; X 5, 4)»
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Controverse 4 du Livre I, trouvons-nous six descriptions indiquées (2, 7, 8, 9 et deux au § 12) ; j'ai relevé trois tableaux ou esquisses de tempêtes (VII i, 4 5 '•> 6, 2) ; d'incendie
nous n'en possédons qu'un, mais deux matières (111 6, V 5), dont le développement nous a été conservé par les seuls Ëxcej'pta, ne pouvaient pas ne pas en contenir. Quelquefois même (X 4) on néglige de charger le criminel pour peindre la situation misérable de ses victimes. Les Suasoriae se prêtaient encore mieux aux descriptions de toute sorte, « aspect des lieux, cours des fleuves, situation des villes, mœurs des peuples (II Préf. 3) ». Aussi bien, dans la Suasoria i, on décrit l'Océan ; dans la Suasoria 2 (§ 8), on décrivait les Thermopyles ; bref, on décrivait tellement et partout, que Latron, dans une Controverse (X ^, 12), se moque de cette manie. Si, enfin, il n'y a pas moyen de placer une description, on a recours à ce que l'on pourrait appeler des « procédés passe-partout » ; on parle de collusion (I 5, 8 ; 8, 14 ; II 3, 22 ; VI 7, 2 ; VII 4, 2 ; IX 4, 5 ; X 2, 5 et i5), on raconte un Bonge, comme Othon (VII 7, i5), ou l'on invoque, à la façon de Fuscus, des présages menaçants (I i, 16; 8, 2; i5; Il I, 27)-
Naturellement, il n'y a pas un lien très étroit entre le sujet et ces descriptions ; Pollion disait de Fuscus qui les employait à satiété : « C'est là s'amuser et non persuader (non esse suadere sed ladere S. 2, 10) ». De fait, dans la Suasoria i, Fabianus sent lui-même qu'il passe trop de temps à décrire l'Océan, et à rappeler les hypothèses auxquelles il a donné lieu ; il s'excuse en s'écriant (§ 4) • « Alexandre va donc s'embarquer sur un élément dont on ne connaît pas la nature ? » Dans la Suasoria 3, il est assez curieux, au premier abord, que la description des phases de la lune puisse amener Agamemnon à laisser immoler sa fille (S. 3, i) ; la transition entre cette partie et le reste est gauche : Quidquid horum est, et Sénèque avoue lui-même {ih. 4) (pie, si la matière ne se refuse pas absolument à recevoir ce développement, à coup sûr, elle ne le réclame pas. Ailleurs (VII 5, i3), il fait une remarque analogue à propos des exemples historiques. Au surplus on ne se préoccupe pas
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beaucoup de savoir s'ils sont appelés nécessairement par la cause à traiter, et l'on semble avoir pris pour guide, dans leur emploi, des maximes analogues — muiatis niutandis — aux conseils ironiques que Lucien adresse pJus tard aux déclamateurs grecs (Rhet. praec. i8 et 20) : « Avant tout, parle de Marathon et de Gynégire, sans lesquels rien n'est bien ; toujours que l'on navigue à travers l'Athos , que l'Hellespont soit traversé à pied, que le soleil soit obscurci par les traits des Perses, que Xerxès fuie, que l'on admire Miltiade, qu'on lise les lettres de sang d'Othryade, qu'on entende répéter souvent Salamine, Artémisium et Platées.... Commence à la guerre de ïroie, ou, si tu veux, aux noces de Deucalion et de Pyrrha, et, de là, descends jusqu'à l'époque où se place ta déclamation. » De fait, Latron, parlant contre le riche , qu'on soupçonnait d'avoir tué un pauvre , son ennemi, dont le fils le suivait sans cesse, vêtu d'habits de deuil, invoque tout-à coup Métellus, Gaton et Pompée, pour aboutir à cette conclusion : « Tu es donc seul dans cette ville plus intègre que Gaton, plus noble que Métellus, plus courageux que Pompée (X i, 8) ! »
Les lieux communs sont rattachés à la matière d'une façon aussi lâche. Labiénus, à propos de l'homme qui mutile les enfants exposés, veut attaquer les vices des grands seigneurs ; il y réussit au moyen d'un biais très simple et fort ingénieux : « Vous vous inquiétez de ce que fait un mendiant au milieu d'autres mendiants. Cependant les grands seigneurs. . . (X 4' 17) ». Fuscus-Léonidas, pour engager les Spartiates à ne pas abandonner les Thermopyles, s'adresse d'abord à leur amourpropre, leur montre les avantages de la position, et réserve, comme argument final, qu'il ne faut pas craindre la mort (S. 2, 2) : Sénèque le Philosophe n'a-t-il pas raison de railler cette façon de convaincre les Lacédémoniens {ad Luciliiim 82, 21) ? L'idée, peu originale, que, sur cette terre, tout ne répond pas à nos vœux, est invoquée successivement pour déterminer Agamemnon à ne pas immoler sa fille (S. 3, et pour empêcher un mari de répudier sa femme (Il 5, 7). Dans la Controverse sur « la Fille du Chef des Pirates (I 6), » Julius Bassus veut montrer que la jeune fille ne ressemblera peut-
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