TROISIÈME PARTIE
Sénèque ne fait pas seulement revivre à nos yeux les écoles de déclamation ; il nous apprend à connaître un certain nombre de déclamateurs, soit par les détails qu'il nous donne sur eux, soit par les paroles qu'il met dans leur bouche. Généralement il est très sobre d'indications sur la vie ou sur le caractère des cent-vingt orateurs qu'il nous présente : souvent, il n'avait sans doute pas de renseignements précis ou intéressants à fournir à ses fils ; ailleurs, il s'agissait d'hommes que ceux-ci connaissaient bien, comme Gallion, et, dès lors, il n'avait pas à leur parler d'eux (I Préf. i; 6) ; enfin il ne faut pas oublier que nous avons perdu deux préfaces et demie et le développement des matières de cinq livres. Toutefois, en comparant ce que nous dit Sénèque aux témoignages des dates, des inscriptions ou des autres écrivains, on arrive à combler un grand nombre de lacunes. Surtout, en examinant toutes ces biographies, on peut constater un certain nombre de faits dignes d'intérêt.
D'abord, si la plupart dé ces déclamateurs sont originaires d'Italie et surtout de Rome, un grand nombre sont nés dans d'autres parties de l'empire : Votiénus Montanus vient de Narbonne ; Latron, Marullus, Gallion, Statorius Victor, sans parler de Sénèque, sont originaires de Cordoue, selon toute vraisemblance : Gavius Silon est de Tarragone ; de Glodius
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Turriniis et Gatius Crispus nous savons qu'ils sont Espagnols; Cestius est né à Smyrne, Volcacius Moschus à Pergame, Arellius Fuscus et Argentarius en Asie ; quant aux déclamateurs qui parlent en grec, il serait trop long d'énumérer leurs noms, qu'on retrouvera facilement dans les pages cidessous, où ils sont imprimés en italique ; je me borne à noter ceux dont on connaît la patrie : Dioclès est de Caryste en Eubée,, Nicocratès de Lacédémone, Glaucippos de Gappadoce, Agroitas de Marseille, Hermagoras de Temnos, Lesboclès et Potamon de Mitylène, qui semble avoir été un centre important pour l'étude de l'art oratoire , Dionysius Atticus de Pergame, patrie du célèbre Apollodore, enfin Damas Scombrus de Tralles et Hybréas le père de Mylase, deux villes de Garie. D'ailleurs presque tous ces personnages ont passé à Rome au moins une partie de leur vie : toutefois Lesboclès a toujours vécu à Mitylène ; Hybréas et Dioclès sont restés en Grèce, et Gatius Grispus, Glodius Turrinus, ainsi que Gavius Silon ne sont jamais sortis d'Espagne.
De même qu'ils appartiennent à différents pays, ces personnages se rangent dans plusieurs générations, trois au moins, à ce qu'il semble, car il est impossible de trop préciser. Il y a d'abord un petit nombre de rhéteurs ou de déclamateurs plus vieux que Sénèque, des Grecs surtout : Aeschines, Asinius Pollion, Dionysius Atticus, Gorgias, Hybréas, Marullus, Ménestratus, Nicétès et Passiénus. Plus nombreux sont ses contemporains : Albucius, Arellius Fuscus, Butéon, Gapiton, Gestius, Glodius Turrinus, Gorvus, Graton, Dionysius, Fabius Maximus, Gargonius, Hatérius, Hermagoras, Lesboclès, Pompeius Silon, Porcins Latron, Potamon, Rubellius Blandus, P. Vinicius et Volcacius Moschus. Enfin appartiennent aux générations postérieures Aemilius Lepidus , Alfius Flavus , Argentarius, Asilius Sabinus, Gassius Sévérus, Gatius Grispus, Domitius, Fulvius Sparsus, Gallion, Menton, Papirius Fabianus, Quintilius Varus, Romanius Hispo, Vibius Gallus et Vibius Rufus. Naturellement on trouve, dans ces noms, uniquement ceux des déclamateurs dont nous pouvons déterminer les dates avec une approximation et une certitude suffisantes.
Si nous nous plaçons au point de vue de l'école nous distinguerons d'abord les maîtres et les élèves. Ceux dont nous savons qu'ils dirigeaient des écoles sont Gorgias à Athènes, Lesboclès et Potamon à Mitylène. Dionysius Atticus à Pergame, Aeschines et Plution en Grèce, Yolcacius Moschus à Marseille, Latron, Albucius Silus, Arellius Fuscus, Cestius Plus, Gorvus, Marullus, Fulvius Sparsus, Butéon, Gargonius, Rubellius Blandus, Hermagoras et Nicétès à Rome : on notera que la plupart des rhéteurs latins que je viens de citer sont les contemporains de Sénèque. Parmi les professeurs qui enseignent à Rome, deux seulement emploient toujours la langue grecque, Hermagoras et Nicétès : mais Fuscus déclame tantôt en grec et tantôt en latin (S. 4» 5), et il ne devait pas être le seul (IX 3, i3). Naturellement tous ces maîtres ne sont pas d'égale valeur : la plupart nous sont donnés comme intelligents et habiles ; mais quelques-uns ne sont que de second ordre (Fulvius Sparsus, Gorgias, Marullus, Rubellius Blandus, Volcacius Moschus), et l'on se demande comment un Butéon, un Gorvus ou un Gargonius trouvaient des élèves. Il est vrai que ceux-ci non plus ne possèdent pas tous un égal talent ou un goût très pur. Sans qu'il soit possible ou que j'aie la prétention d'établir un classement, il y a un abîme entre des déclamateurs comme Ovide , Labiénus , Fabianus , Gallion , Vallius Syriacus ou Yibius Rufus, et des personnages dépourvus, non pas d'imagination, mais de jugement, tels que les Aemilianus, les Apaturius, les Dorion, les Licinius Népos, les Murrédius, les Sénéca ou les Sénianus.
D'autre part, ces déclamateurs, maîtres ou disciples, rentrent, en ce qui touche l'éloquence même, dans différentes catégories. Un certain nombre sont des Asiatiques (Asiani) ; ils répondent assez bien à l'idée que Quintilien nous donne d'eux (i2, lo, i6), abondants, volontiers redondants, amis de l'éclat, manquant de goût et de mesure (i) ; dans ce groupe se placent beaucoup de déclamateurs originaires de Grèce ou d'Asie-Mineure, Adaeus, Arellius Fuscus, Artémon, Graton, Grandaûs, Hybréas le père et Nicétès, sans parler d'un certain
(i) Cf. Rohde die Asianische Rhetorik u. d. zweite Sophistik. Rhein. Muséum, i886, p. i-6 sqq
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nombre d'autres, comme Glycon, Gestius et Damas, chez lesquels nous retrouvons les mêmes tendances. Aucun orateur ne nous est désigné nommément comme « Attique » : il y en avait pourtant, puisque Sénèque nous apprend que Graton était constamment en guerre ouverte avec eux (X 5, 21).
Mais à cette distinction, déjà ancienne, puisqu'elle date du 3^^ siècle avant notre ère, était venue s'en ajouter une autre, beaucoup plus récente. Les déclamateurs se divisent non seulement en Asiatiques et Attiques, mais en partisans d'Apollodore {Apollodoreï) ou de Théodore (Theodorei). Apollodore était né à Pergame (Strabon i3, 626 ; Quintilien 3, i, 17 ; Suétone Aug. 89) vers io4 ou io5 avant notre ère : en effet, saint Jérôme place son àxfxTj en 63/64 avant J.-G. ; en outre, au moment où Apollodore, en 45, partit pour Apollonie avec son élève Octave, il était déjà assez âgé (Suét. ib. jam grandem natu); d'autre part, il mourut à 82 ans (Lucien Macroh. 23) et il eut le temps de voir son élève empereur (Lucien ib. Strabon i3, 626) : il est mort sans doute vers 23 ou 22 avant notre ère. Il vint à Rome au moins vers 55 av. J.-C., car saint Jérôme nous apprend qu'il eut pour élève M. Calidius, qui fut préteur en 67 et mourut en 47 (Gicéron Brutus 79, 274 sqq.) : il y acquit sans doute une réputation qui détermina Gésar à le choisir comme précepteur pour Octave. On ne sait s'il revint d'ApoUonie à Rome avec son élève : on le suppose, car Strabon (Z. c.) nous apprend qu'Auguste le combla de faveurs et l'entoura du plus profond respect : dans tous les cas il est probable qu'il ne déclamait plus, car Sénèque n'aurait pas manqué de l'entendre. On connaît de lui un traité adressé à G. Matins (Quintilien 3, i, 18; cf. Strabon c). Parmi ses disciples, outre Auguste, Galidius et Matins, nous devons ranger G. Valgius Rufus, qui exposa sa doctrine (Quintilien 3, I, 18; 5, 17; 5, 10, 4)? Nicétès (i), Dionysius Atticus (II 5, II), son compatriote, Volcacius Moschus {ib. i4), Bruttédius Niger (II i, 36) et un Espagnol, Glodius Turrinus le père (X Préf. i5) : Blass {pp. cit. p. i56) y ajoute Gécilius de Kaléaktè.
(1) Cf. infra, p. 182.
LES DÉGLAMATEURS
L'adversaire et rival d'Apollodore , Théodore, naquit à Gadara, en Syrie, vers 70 av. J.-C, car Saint Jérôme place son àxfXT] en 33 av. J.-G. ; ses parents étaient esclaves (Suidas s. V. 0£o8.) ; il émigra de bonne heure à Rhodes ; c'est sans doute pour cette raison qu'il aimait mieux être appelé « de Iihodes » (Quintilien 3, i, 17). Il vint à Rome, où il lut le précepteur de Tibère (i) (Suétone Tib. 57). Nous savons, par Suidas (l. c), qu'il y soutint, sur la rhétorique, une discussion publique avec Antipater et Potamon, vraisemblablement en 45 ou en 26 av. J.-C, années où Potamon se rendit à Rome, à la tête d'une ambassade : étant donné son âge, il est plus probable que ce fut en 26. Il accompagna Tibère à Rhodes de l'an 6 avant J.-G. à l'an 4 de notre ère et ce fut peut-être son conseil qui détermina le choix de Tibère pour cette île. Il mourut vraisemblablement à Rhodes, car Sénèque parle très peu de lui. Il avait écrit un grand nombre d'ouvrages (Quintilien, 3, i, 18), dont Suidas {l. c.) nous donne les titres. Parmi ses disciples, nous pouvons ranger Tibère (S. 3, 7) Hermagoras (II i, 36), Vallius Syriacus (2) et, vraisemblablement, Sénèque lui-même (II i, 34-36) : dans tous les cas, il semble avoir joui d'une très grande réputation, et, à la fin du premier siècle, c*est son nom qui se présente sous la plume de Juvénal (7, 177) lorsqu'il veut citer le nom d'un traité de rhétorique.
En quoi consistait sa doctrine et en quoi elle différait de celle d'Apollodore, c'est ce qu'il est assez difficile de déterminer d'une façon précise. Toutefois, si on laisse de côté les détails, que Strabon avouait déjà ne plus saisir (i3, 626), on peut indiquer les grandes lignes des deux théories (3).
(1) Ce qui me fait admettre l'assertion de Suétone, au contraire de Baumm, par exemple, c'est que Sénèque nous avertit que Tibère était disciple de Théodore, lorsqu'il nous apprend que le prince n'aimait pas Nicétès (S.3,7): or Nicétès était le contemporain de Théodore (Saint-Jérôme) ; donc, si Tibère n'avait reçu les leçons de Théodore qu'à Rhodes, comme le croit Baumm, l'anecdote que raconte Sénèque se placerait à un moment où Nicétès avait soixante-cinq ans, alors qu'il y est question de ses débuts à Rome.
(2) Cf. infra, p. 196.
(3) Après avoir consulté les différents travaux parus sur la question, je me suis rattaOïé à la théorie exposée à la fois par Schanz(Liff. lat., l 2. § 337) et par Brzoska (article Apollodoros damslsillealencyclopedie Pauly-Wissowa).
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ApoUodore s'occupe uniquement de l'éloquence judiciaire (Quintilien 3, i, i), Théodore a plutôt en Tue l'éloquence politique {ib. 2, i5, 21). Ainsi s'explique que les préceptes posés par Apollodore soient beaucoup plus précis. D'après lui. tout discours doit comprendre quatre parties, ni plus, ni moins, un exorde, une narration, une argumentation, une péroraison, et toujours dans ce même ordre absolument immuable (cf. II I, 36). L' exorde sera long, pour mieux préparer l'esprit du juge ; la narration ne négligera pas les détails et remontera aussi haut qu'il est nécessaire ; les arguments, très nombreux, seront habilement divisés et subdivisés (Tacite Dial. 19). Le style sera sec et précis ; le ton circonspect et mesuré (X Pj'éf. i5). Pour les déclamations en particulier, le sujet sera nettement délimité (I 2, i4). Les Théodoréens, eux, n'admettaient pas ce qu'il y avait d'exagéré • dans ces règles étroites (II i, 36).
Tous ces renseignements généraux aideront, je l'espère, à lire avec plus de profit les notices sur les déclamateurs : j'ai suivi l'ordre alphabétique des gentilices, me bornant à distinguer, par l'emploi des italiques, les Grecs des Romains. Naturellement, on ne devra pas chercher ici des renseignements sur les déclamateurs qui ne figurent pas à ce titre dans Sénèque, ou sur des personnages qui se contentaient, comme Messala, d'assister aux déclamations (H 4» 8 ; 10) ; d'autre part, je n'étudie les déclamateui^s qu'en cette qualité ou autant que l'ouvrage de Sénèque les mentionne à un autre titre. J'ai tâché de ne donner que des renseignements sûrs; en particulier, j'ai été très réservé sur les questions d'imitation, au contraire de certains articles de la Realencj' dope die de Pauly-AYissoT\ a.
AdaeilS ('ASaToç), déclamateur grec de l'école asiatique (IX I, 12) ; Sénèque le cite assez rarement, mais parle toujours de lui avec éloges, comme d'un orateur assez connu non projecti nominis (IX i, 12), qui ne manque ni d'élégance (IX 2, 29), ni de force (X 4? 19)» iii de bon sens (X 5, 21), et dont Fuscus imitait les inspirations, en disant qu'il s'efforçait de lutter avec les meilleurs traits grecs (IX i, i3).
Aemilianus , déclamateur grec , mentionné et cité une seule fois (X 5, 26), comme appartenant à l'espèce de sots la plus agréable, celle qui met de la niaiserie dans l'aridité. C'est peut-être le même personnage que le rhéteur Aemilianus, fils d'Epithersis, qui vécut à l'époque de Tibère et que Plutarque mentionne dans son de defectu oraculorum 17.
M' Aemilius Lépidus, précepteur de Néron, fds de Germanicus (II 3, 28), consul en 11 après J.-C, mort en 33, déclamait, et avec succès, à ce qu'il semble, si l'on en juge par les éloges que Sénèque lui donne (II 3, 23 ; IX Préf. 5 çir egregius), et par le cas qu'on paraît avoir fait de son opinion; en effet, nous voyons Scaurus déclamer devant lui (X Préf. 3). Mais il nous reste de lui une seule couleur (II 3, 23). C'était un orateur aussi, car, en 20, il fut, au Sénat, un des défenseurs de Pison {Ann. 3, 11), puis il y présenta la défense de sa sœur Lépida {ib. 3, 22), et, en 21, de Clutorius Priscus (ib. 3, 5o). 11 était estimé de tous pour la noblesse de son caractère {Ann. i, i3; 4> ; 6, 27).
Pour les détails de sa biographie, v. Prosopo graphie I 29,
M. Aemilius Scaurus Mamercus, consul suffectus en 21 ap. J.-C, mourut en 33, le dernier de sa famille, accusé de lèse-majesté par Tuscus (S. 2, 22) : les détails relatifs à cette fin sont les seuls que Sénèque nous fournisse sur la vie
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de ce personnage, dont il nous parle d'ailleurs relativement peu, sans doute parce que ses enfants l'avaient entendu (X Fréf. 2) jusqu'à la fin de sa vie {ib. 3). Tous les témoignages s'accordent à reconnaître l'éloquence de Scaurus comme déclamateur et comme orateur (i) (1 2, 22 disertissimus ; Tacite Ann. 6, 29 insignis . . . orandis causis), mais nous apprennent également qu'il ne s'occupait pas assez soigneusement de préparer ses discours (X Préf. 2), et qu'il était même devenu incapable de les travailler (ib. 3) ; aussi étaient-ils fort inégaux et généralement mauvais, sauf par hasard (ib.). Cette négligence s'explique par sa paresse naturelle (ib. ignaçus ; desidia) ; évideipment aussi une bonne part de son temps était prise par ses débauches (Sénèque le Philosophe de Ben. ^, 3i : foedi inoj^es ; Tertullien de pallio 5 : impuritas) ; enfin il avait une grande confiance en lui-même (X Préf. 3 ita ut, quod difïicillimum erat, sibi displiceret) : il est donc vraisemblable qu'il n'élaguait pas assez les détails inutiles (Tacite Ann. 3, 3i oratorum ea aetate uberrimus)^ n'appliquant pas les sages principes qu'il savait si bien donner (IX 5, 17), ou encore qu'il ne réfléchissait pas suffisamment aux exemples qu'il introduisait et qui se tournaient contre lui (Tacite Ann. 3, 66).
Cependant Sénèque nous apprend (X Préf. 2) qu'il trouva toujours chez ses auditeurs une très grande indulgence. Elle s'explique d'abord par ses qualités éminentes, qui apparaissaient toujours (X Préf. 3), et qui auraient pu faire de lui, s'il avait voulu, un orateur de premier ordre (ib.) : élocution digne des anciens, grave et sans rien de vulgaire (ib.), esprit (I 2, 22) et bon sens piquant, dont nous trouvons des preuves dans les Controverses (II i, 39; IX 5, 17; X i, 9). Mais, pour rendre compte pleinement de cette bienveillance qu'il rencontra, il faut faire intervenir certains de ses défauts, comme son goût pour les altercations où il excellait et qu'il essayait de faire naître (X Préf. 2), et aussi des circonstances extérieures à son talent : sa taille et sa physionomie (ib.), son nom (insignis nobilitate, Tacite Ann. 6, 29), et, vraisembla-
(i) Comme orateur, ii semble avoir souvent fait de son éloquence un emploi peu reeommandable {Ann. 3, 66; 6, 9; 6, 29 çita probrosus).
blement, son élégance (Pétrone Sat, 77). Dans tous les cas, nous devons croire les anciens sur parole, car, de Scaurus, Tacite ne cite rien et Sénèque presque rien, une division (X I, 9) et une couleur (X 2, 19). 11 avait publié sept de ses discours, dont un sénatus-consulte ordonna la destruction (X Préf. 3), heureusement pour la réputation de Scaurus, nous dit Sénèque; on lui attribuait aussi une tragédie dCAtrée, dont les allusions, signalées à Tibère, amenèrent la mort de l'auteur (Dion 58, 24 ; Tacite Ann. 6, 29 ; Suétone Tih. 61). Enfin, à l'époque où écrit Sénèque, il restait de lui des libelli, bien plus faibles que ses discours (X Préf. 3) : je crois, avec Schanz (II 2, p. 279), qu'il s'agit là de pamphlets.
Pour les détails de la biographie, v. Prosographie I 36, 280.
Aeschines, rhéteur grec, cité et mentionné dans une seule controverse (I 8, 11 et 16) ; Sénèque, pour le distinguer de l'orateur et du philosophe socratique, qui ont porté le même nom, note soigneusement, aux deux endroits, que c'est un moderne (ex noçis declamatorihus). C'est peut-être le même personnage que l'Eschine de Milet, contemporain de Gicéron (Brutus 95, 325), dont nous parlent également Diogène Laerce (2, 64) et Strabon (14, 635) : tel est, du moins, l'avis de Kiessling (index de son édition de Sénèque), de Piderit (index de son édition du Brutus), et de M. Jules Martha (note au § 325, dans son édition du Brutus) ; seul, M. Blass est d'un avis contraire (op. cit. p. 64, n. 4)-
AgToitaSt de Marseille, rhéteur grec, cité et mentionné en un seul endroit (II 6, 12), comme parlant sans art, mais avec force, au contraire des Grecs : il avait donc, vraisemblablement, quitté sa patrie assez jeune.
Aiétius Pastor s'adonna chez Gestius à la déclamation étant déjà sénateur ; il réussit assez mal, à ce qu'il semble
C. Albucius Silus, un des déclamateurs placés par Sénèque dans le premier quadrige, qui comprend, avec lui, Latron, Fuscus et Gallion (X Préf. i3). Ge que nous savons
Univ. de Lille. Tr. et Mém. Dr.-Lettres.